‹ La Hongrie moderne de 1849 à 1901; étude historiqueChapitre 70 sur 168 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

SOUS forme de renie versée annuellement, et il proposa conséquemment un paragraphe supplémentaire (67) afin que cette question eût la même solution que celle de la quote-part et du traité douanier. Coloman Ghyczy ne s'opposait j)as à l'idée d'accepter une certaine fraction de la dette de la Monarchie, car il savait qu'en s'en désintéressant, la Hongrie se ferait partout des ennemis. Mais il fit des objections de nature à rendre odieuse cette acceptation au pays. Les réflexions de M. Coloman de Tisza n'étaient pas moins difficultueuses et visaient principalement la manière de gérer les dettes communes.

Dans la réplique de Deàk, il faut surtout signaler le passage qui témoigne de son absolue confiance dans la conclusion du compromis. Partant de là, il trouva qu'il serait fâcheux de recourir une fois de plus à la décision suprême de la couronne. Il espère finalement que les intérêts vitaux étant en jeu, les Parlements feront tout leur possible pour se mettre sur les traces des solutions les plus avantageuses. Il défendit aussi les explications présentées par M. Jules Kautz, l'économiste distingué, que beaucoup de membres de la Commission n'avaient pas bien comprises. Son discours conquit la majorité en faveur de la proposition de Melchior Lonyay, dont en réalité il était l'auteur lui-même (voir la conférence du 27 janvier) .

Dans la séance du 4 février, on discuta, sous la présidence de Charles de Zeyk, la fin du travail des Quinze.

La communauté des intérêts commerciaux de l'Autriche et de la Hongrie ne découlant pas non plus de la Pragmatique sanction, il faudra que l'on conclue périodiquement entre ces deux pays des traités douaniers et commerciaux. Ce seront leurs ministères responsables qui les prépareront et les soumettront à leurs Parlements respectifs, dont les décisions obtiendront la sanction du souverain. On conclura ces traités au moment où l'on fixera la quote-part. Le paragraphe 65 — respectivement 63 — s'occupe des impôts indirects; ils doivent être naturellement identiques dans les deux pays, pour ne pas faire du tort à l'un ou à l'autre. Après avoir attribué les revenus des douanes au budget des affaires communes, qui en sera d'autant allégé, le projet n oublie pas les lignes de chemins de

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fer non plus, ni les questions monétaires (paragraphes 67 et 68, — respectivement 65 et 66).

Ce fut encore Melchior Lényay qui présenta sous son nom les modifications susdites de Deâk. Le « vieux seigneur » les expliqua d'abord brièvement; mais comme Goloman Ghyczy, soutenu par le baron Frédéric Podmaniczky, considérait les dispositions proposées comme autant de parcelles de l'indépendance hongroise abandonnées à l'Autriche, il se sentit gravement blessé et il riposta avec une profonde tristesse. Puisque le projet réservait toujours aux Parlements autrichiens et hongrois le droit de décider en dernier ressort, et puisque le paragraphe 68 déclare hautement qu'au cas où les transactions n'aboutiraient pas, la Hongrie rentrerait dans tous ses droits autonomes, son bon sens se refusait à comprendre les appréhensions de l'opposition.

Cependant Samuel de Bonis ne désarma pas encore et soutint obstinément que, sans accuser la bonne foi de ses auteurs, le compromis était la suppression de l'indépendance de la Hongrie, tandis que M. Coloman de Tisza s'attaqua aux dispositions concernant les impôts indirects.

Sûr du succès final, Deâk ne releva pas ces flèches émoussées de ses contradicteurs et eut au contraire assez de force de caractère pour expliquer tranquillement le mécanisme des dispositions du projet. Alors on adopta la proposition de Melchior Lônyay (les paragraphes 64, 65, 67 et 69). Sur la proposition de Paul de Somssich et d'Antoine Csengery , on intercala le paragraphe 68, sauvegardant le droit de libre disposition de la Hongrie, au cas où les accords indiqués dans les paragraphes 58 à 67 ne se réaliseraient pas.

Ayant exprimé son acceptation par assis et levé, la Commission arriva ce même 4 février au terme de son mandat. Il y eut cependant deux incidents encore : M. Coloman de Tisza se réserva le droit de faire entendre l'opinion de l'opposition en temps et lieu; le député saxon Frédéric Bomches fit une déclaration dans laquelle, au nom de la nation saxonne, il exprima sa joie la plus profonde au sujet de l'heureuse tournure que prirent les discussions et affirma que les Saxons considéreront

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