II. — LA HONGRIE ET L'ITALIE
geait les Italiens et ceux: de ses sujets qui avaient étudié en Italie. Avec ces derniers il parlait volontiers la langue italienne.
Nous ne nous attarderons point â parler du marchand vénitien Louis Gritti, fils naturel du doge de ce nom, qui fut pendant quelques années le régent et presque le tuteur du faible roi Jean Zàpolya, ni de ces violents Italiens, Basta, Belgioioso, Caraffa, Contarini qui ont laissé d'assez tristes souvenirs en Hongrie. Mais les noms glorieux du général Montecuccoli, du comte Marsigli, du prince Eugène de Savoie resteront à jamais gravés dans la mémoire du peuple hongrois.
Quoique Zrinyi, le rival de Raymond Montecuccoli ait reproché à ce dernier d'avoir fait, pendant ses campagnes, plus de mal â la Hongrie que l'ennemi lui-même, ce reproche n'a plus aucun sens après la campagne décisive de 1664, où les Turcs furent complètement battus moyennant la nouvelle, stratégie du général italien.
Le comte Louis-Ferdinand Marsigli de Bologne, général commandant l'artillerie sous les ordres du duc Charles de Lorraine, délivra la ville de Bude des Turcs. Parmi ses nombreux manuscrits conservés à Bologne, on distingue une foule de papiers intéressants qui concernent la Hongrie, la Transylvanie et les Turcs.
Le prince Eugène de Savoie n'était pas seulement un grand général, il était aussi un politique à vue
La Hongrie politique et socinle. 5
perçante. IL aimait/ les Magyars et les connaissait. Aussi, dès le commencement du siècle passé recommandait-il à l'Autriche de s'appuyer sur eux. « La Hongrie, écrivait-il en 1720, deviendra la base même de la monarchie autrichienne. » Voyant que le Gouvernement autrichien ne trouvait aucun moyen pour mettre fin à l'insurrection du prince Rakoczi qui menaçait de détacher la Hongrie de l'Autriche, il avisa lui-même le seul moyen propre à remuer le cœur des guerriers magyars et â les distraire de leur préoccupation politique, en les engageant à le suivre dans sa campagne contre les Turcs; campagne dont l'issue fut si radicalement funeste pour ces derniers, que la puissance ottomane ne s'en est plus relevée.
Eugène de„.Savoie ne se contenta point de vaincre les Turcs ; mais ayant constaté les ravages produits dans le Bajiai par une domination turque de cent soixante-quatre ans, il chargea le comte Mercy d'aviser aux moyens de lui rendre sou ancienne prospérité par la colonisation. — rt* ■
Le comte Mercy présenta donc un projet de trois colonies simultanées, qui fut approuvé: l'une, destinée à labourer la terre, devait être composée d'Aile^ mands; l'autre serait tirée de l'Espagiie et spécialement appliquée à la culture de la vigne; la troisième devait se composer d'Italigns chargés de créer l'industrie dans le pays.
I)es colons partirent donc de Mantoue, de Roveredo, de Gradisca, de Valanca, de Castelnuovo, de Bari et