‹ La Hongrie politique et socialeChapitre 101 sur 133 · VIII. — LA QUESTION SEMITIQUE · texte numérisé non relu

VIII. — LA QUESTION SEMITIQUE

■daïsme que le Christ est né, et quoique le Juif manque généralement d'idéal, il est certain que de grands idéalistes sont issus de la masse des communautés juives clans les pays les plus différents. On peut donc rencontrer et on rencontre à Budapest comme ailleurs des âmes de choix parmi les Israélites ; et la honte que certains Juifs ressentent de leur race, les efforts constants qu'ils font pour en sortir, le soin qu'ils prennent d'éviter le contact avec la masse et de cacher leur origine, l'ambition qu'ils montrent de s'ennoblir et de paraître de vrais Magyars, annoncent chez quelques-uns d'entre eux des tendances aussi honnêtes qu'élevées. Ce sont ces qualités vraiment aristocratiques qui permettent aux Chrétiens d'entretenir un commerce agréable avec ces Israélites transfuges et même d'admirer des vertus qui les séparent de leurs coreligionnaires et les placent au premier rang des hommes civilisés.

Mais, même sans tenir compte de ces nobles et pas trop rares exceptions, il est indéniable que la grande masse des Juifs offre aux Chrétiens plus d'un enseignement et plus d'un exemple à suivre dans l'énergie, l'amour du travail, la persévérance, l'esprit de suite, la soif du savoir et le sens pratique qui caractérisent cette race.

Nous prévoyons pourtant que, par l'excès de ce sens pratique, le terre à terre pourrait être la conséquence de la prédominance de l'élément juif sur l'élément chrétien dans la capitale de la Hongrie.

En constatant l'invasion de cette marée montante de Juifs, à moins qu'on ne souhaite l'extinction progressive du peuple magyar à Budapest, les apologistes eux-mêmes des Israélites doivent désirer que ces derniers soient dispersés ici et là, dans les villes et les villages hongrois et transylvains, afin qu'ils soient partout une minorité et ne changent nulle part la physionomie nationale du pays. Si les 100,000 Israélites restent plus longtemps accumulés à Budapest, avec leur force d'attraction, d'expansion et de conservation, dans une dixaine d'années ils pourront devenir environ 200,000, c'est-à-dire plus du double de la population actuelle de la ville, et dans vingt ans ils auront envahi les trois quarts de Budapest. Il ne s'agit donc point de chasser les Juifs de la Hongrie, mais d'empêcher qu'un jour ou l'autre ils n'étouffent les Magyars.

Dans les endroits où les Juifs sont en grande minorité par rapport aux Chrétiens, ils sont modestes et leur vie est fort respectable. On les laisse vivre, on leur rend justice, on les apprécie, on les reçoit, et s'ils ont des mérites on les traite avec déférence.

Nous avons nous-même constaté avec plaisir la considération dont jouissent les Israélites dans la ville de Szegedin. Il y a cent ans de cela il n'existait pas dans toute la ville une seule famille israélite. Une communauté de Juifs provenant de la Pologne demanda comme grâce le droit de s'établir à Szegedin. Ce privilège fut accordé aux deux condi-

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