VIII. — LA QUESTION SÉMITIQUE
tions suivantes: chaque Juif devait prouver que sa conduite jusqu'à ce jour avait été irréprochable et qu'il exerçait un métier ou une profession honorables. Par cette sage précaution, la ville de Szegedin commença par exiger une élimination, ou pour mieux dire une sélection qui fut entièrement à son profit. Ces premiers fondateurs de la communauté Israélite dans la capitale de î'Alfôld offraient donc déjà des garanties, par le seul fait qu'il avaient été1 jugés dignes d'être admis dans la ville. Pendant les premiers cent ans qu'ils y passèrent, leur conduite fut exemplaire. Ils firent, comme de juste, leurs affaires, et un certain nombre d'entre eux s'enrichit; mais l'origine de leur richesse était légitime et n'eut aucun besoin de se cacher. D'ailleurs le noble emploi qu'ils firent souvent de cette richesse les signala bientôt à la reconnaissance publique. Aussi la population de Szegedin a-t-elle vu avec la plus grande sympathie la communauté israélite fêter dans le couvrant de cette année le premier centenaire de son établissement dans la ville. Et lorsque M. Kallaï, comte suprême de la ville, vint au milieu des fêtes et des réjouissances israélites présenter au nom du roi une médaille d'or à Mm8 Pollak, à cette noble femme qui depuis cinquante ans ne cesse de faire le bien, sous les formes les plus différentes et sans distinction de confessions, la population tout entière s'associa à ce témoignage et l'applaudit de grand cœur. Nous aurons encore lieu de revenir sur les mérites-
de la famille Pollak, lorsque nous essayerons de rendre compte du mouvement industriel de la Hongrie. En attendant, l'exemple que nous venons de citer doit suffire à prouver que les Juifs peuvent devenir un élément précieux là où les Magyars plus nombreux ont pu contribuer à les ennoblir. A Budapest où les Juifs deviennent envahissants, il y a danger qu'avant de se magyariser eux-mêmes, ils ne diminuent tant soit peu la nature des Magyars. Dans les foules, il est presque inévitable de rencontrer des instincts vulgaires, à moins qu'un esprit de race supérieure, de nobles traditions, des mœurs pures et une longue éducation historique n'aient élevé le sentiment national. Dans le moment actuel, nous voyons avec une sorte d'inquiétude l'invasion israélite croître de jour en jour dans la capitale de la. Hongrie. Admettre ou ne pas admettre le grand rabbin au Sénat ne tire pas à conséquence, tandis que l'admission de nouveaux éléments juifs dans une grande ville, dans la capitale même qui en est saturée, peut être fatale. Si l'on entre dans un magasin de Budapest, il est rare que le marchand ne soit pas un Israélite. Il flaire le Chrétien et, très souvent, il le trompe. Si l'acheteur se récrie, loin de lui faire des excuses, il parle encore plus haut et prend un ton désagréable, parfois même insolent. Désormais, il se sent maître dans la ville; la place lui appartient; il faut s'exécuter ou déguerpir. Ces procédés arrogants témoignent de l'assurance que le