‹ La Hongrie politique et socialeChapitre 103 sur 133 · VIII. — LA QUESTION SEMITIQUE · texte numérisé non relu

VIII. — LA QUESTION SEMITIQUE

marchand juif a de son impunité. Lors même que l'on vous fourrerait dans la main, mettons par mégarde, de la fausse monnaie, de ce qu'on appelle en Hongrie monnaie du Nouveau Pesé — ce qui dans ^ certains magasins peut fort bien arriver, — il fautêtre résolu de réagir et de dénoncer la fraude à la police; sans cela, on court le risque de passer soimême pour un filou. En tout cas, ce n'est certes pas dans les magasins de la capitale qu'on peut acquérir une idée de la courtoisie magyare, surtout pour un étranger qui ne saurait distinguer un marchand juif d'un marchand hongrois. Et si l'on pense que ce changement de scène s'est produit à Budapest dans l'espace de dix-huit ans, on a raison d'être soucieux pour l'avenir de la ville. <>n ne sera pas trop étonné non plus si nombre de Magyars préfèrent se blottir dans la triste solitude de leurs villes éloignées plutôt que d'assister en témoins impuissants à la dégénération et à l'extinction progressive du peuple magyar dans la capitale du royaume.

Après ce que nous venons de dire, on sera peutêtre tenté de croire que nos sympathies sont acquises aux seize députés antisémites qui ont pour but essentiel de leur vie politique la guerre aux Juifs. Mais déjà nous avons déclaré que par principe nous n'avons aucune antipathie personnelle contre les enfants d'Israël, pris individuellement. Nous craignons seulement que la masse juive ne devienne une avalanche; et nous pousserions le même cri

d'alarme si une horde turque, tartare ou chinoise s'installait à Budapest et mettait en péril la nationalité magyare. Un danger existe réellement, et, â cause de ce danger, la question des Juifs nous a semblé des plus graves pendant notre séjour à Budapest, non point parce qu'il y avait des antisémites au parlement, mais parce qu'à chaque pas nous rencontrions un Juif. Cet encombrement d'une race non magyare dans la capitale du royaume magyar est un fait qui s'impose et donne à réfléchir. Le programme des députés antisémites est, dans les intentions, patriotique ; mais si nous ne nous trompons point, la haine de race qui les inspire et l'excès même -de leur persécution, au lieu de rallier â ce programme l'opinion publique, la tournent en faveur des Israélites qui se posent en outragés et en victimes. Sans les antisémites de parti pris, nous croyons qu'à l'heure présente il se serait fait dans tous les rangs du parlement un accord pour voter des lois capables de mettre un frein à cet accroissement progressif des Juifs en Hongrie et sourtout à Budapest. L'hospitalité est chose sacrée; mais, lorsque l'hôte qui arrive menace de dévorer l'hôte qui reçoit, l'hospitalité ne peut plus s'exercer comme d'habitude. Pourquoi hésiterait-on à donner l'ordre que cette multitude d'étrangers entrés on Hongrie depuis 1807 se dispersât un peu partout dans le pays sans venir s'imposer dans la capitale du royaume comme en pays de conquête? Pourquoi n'empécherait-on pas

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