‹ La Hongrie politique et socialeChapitre 104 sur 133 · VIII. — LA QUESTION SÉMITIQUE. 2S · texte numérisé non relu

VIII. — LA QUESTION SÉMITIQUE. 2S

à d'autres Juifs de pénétrer de l'étranger en Hongrie et aux Juifs de la province do s'établir dans la capitale? Pourquoi ne donnerait-on pas aux Juifs non christianisés une constitution politique spéciale, comme il en existait au moyen-âge pour les colonies étrangères, mais avec les modifications suggérées par l'esprit plus libéral et plus tolérant da notre époque? La prétendue magyarisation des Juifs ne suffit/ pas pour nous tranquilliser. Si MM. Eotvos, Andràss] et Tisza ont espéré augmenter le chiffre des Magyars avec l'aide des Juifs, nous aimons à croire que le danger très grave que l'on court par la magyarisation des Juifs n'aura pas échappé à leur pénétration. Nous supposons avec eux que, d'ici à vingt ans, les cinq millions de Magyars actuels seront devenus dix millions de soi-disant .Hongrois, les Juifs aidant.Mf Mais le problème de la nationalité magyare sera-t-il pour cela résolu à leur satisfaction ? Ne craignent-ils pas qu'au bout de vingt ans, sur dix millions de prétendus Magyars, on ne trouve plus en Hongrie qu'un seul million du Magyars véritables et que les „''* > autres ne soient que des Juifs magyarisés ou bien des Magyars judaïsés? Caveant consules ne qutd respubltca delrimenti captât, ^y-^

Le Clergé

Il n'y a peut-être pas de pays comme la Hongrie où, sur un espace relativement restreint, tant de confessions religieuses différentes se trouvent réii' nies et vivent en paix à coté l'une de l'autre. C'est bien là un pays de parfaite tolérance religieuse. Près de la moitié de la population de la Hongrie et de la Transylvanie est catholique romaine ou grecque; suivent, par ordre numérique, les Grecs orientaux non unis, — généralement Daco-romains et Serbes; puis les Calvinistes réformés; les Luthériens; les Israélites; les Unitariens; les membres d'autres confessions chrétiennes et quelques centaines d'individus appartenant â des confessions non chrétiennes. Le plus grand nombre de Catholiques se trouve en Hongrie, dans le Banat, en Croatie, en Esclavonie et â Fiume; le plus fort contingent de Grecs orientaux non unis se rencontre dans la Transylvanie et

dans le Banat; les Calvinistes et les Luthériens sont presque également repartis en Hongrie et en Transylvanie; les Unitariens résident en Transylvanie; la majorité des Israélites est accumulée en Hongrie.

Chaque église hongroise jouit d'une certaine autonomie, non pas seulement pour les rapports d'église à église et de chacune de ces églises vis-à-vis de l'Etat qui doit les protéger également, mais même visà-vis du pouvoir hiérarchique central et supérieur, lorsqu'il s'en trouve un quelque part. A cet égard, on a raison de donner le titre de pape hongrois au prince cardinal primat, archevêque de Gran.

C'est toutefois l'église catholique qui jouit du prestige le plus grand, soit pour le nombre de ses fidèles, soit par le fait que le roi de Hongrie doit être catholique, soit enfin parce que nombre d'évèques et d'archevêques fort riches dépensent princièrement des sommes énormes pour les églises, les écoles et les institutions de bienfaisance de leur diocèse. Cette suprématie et ce crédit trouvent encore un puissant appui et une nouvelle raison d'être dans la culture vraiment supérieure et la distinction de ces prélats qui donnent le plus grand éclat au clergé catholique hongrois et ont dans la société une influence bien au-dessus de celle des autorités ecclésiastiques des autres confessions.

Nous ne parlons ici que de l'église catholique romaine de la Hongrie. L'église catholique romaine de la Croatie et de l'Esclavonie vit d'une sorte d'existence

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