‹ La Hongrie politique et socialeChapitre 112 sur 133 · IX. — LE CLERGÉ · texte numérisé non relu

IX. — LE CLERGÉ

cueille des livres. Dés qu'il commença â gagner son pain, il commença aussi à l'aire dos épargnes, et consacra le fruit de ses économies à l'achat des meilleurs compagnons de sa vie d'érudit et de saint. Son érudition historique et artistique est très grande. Ses sermons latins que nous avons feuilletés dans sa bibliothèque nous ont paru écrits avec une rare éloquence ; mais ce qui les distingue surtout c'est le feu de charité chrétienne qui les anime. Il es! é\ ident que le cardinal Simor aime le peuple ; la cause sociale est pour lui une cause chrétienne. Il a lu les œuvres de tous les socialistes de notre temps et en a fait son profit, uniquement, cela s'entend, pour inspirer aux hommes qui gouvernent les peuples, un plus grand amour de la justice. Le cardinal primat est aussi un grand patriote, et c'était pour nous un sujet d'admiration de voir le soin avec lequel se trouvent réunis, dans une section de sa bibliothèque, tous les papiers, documents, journaux et livres se rattachant à la révolution hongroise de 1848.

Jean Simor a en outre une âme d'artiste. Nous avon déjà cité le nom d'un peintre qu'il a eucouragé à ses débuts. Mais M. Patzka n'a pas été le seul. La galerie des tableaux du primat est plutôt une suite d'œuvres de bienfaisance qu'une collection de chefsd'œuvre.

• Ce qui, en revanche, nous a paru un véritable chef-d'œuvre, c'est la collection de livres illustrés de toute espèce, annexée à la galerie des tableaux.

Un artiste désirant s'instruire sur l'histoire de l'art trouverait dans la bibliothèque artistique du cardinal primat de Hongrie tons les éléments pour l'étude complète et générale de cette histoire, ainsi que pour des études spéciales sur les différentes écoles de peinture. Il faut donc souhaiter que les artistes hongrois se rendent souvent à Grau et sachent profiter de cette riche littérature artistique dont les trésors ont été rassemblés par la munificence prévoyante du primat. Ce goût artistique du cardinal se révèle encore dans les soins attentifs et intelligents qu'il prodigue à l'embellissement de sa résidence, de son église et de tout ce qui peut décorer la ville sainte de Gran, Semblable à un pape italien de la renaissance, cet illustre et grave prélat semble vouloir éterniser la gloire de la religion par l'art et en accroître ainsi le prestige. Gran, sa Rome, lui doit déjà beaucoup et les Monumenta Ecolesiœ Strigoniensis, que le chanoine Ferdinand Knauz, un homme de bien doublé d'un savant, publie aux frais du primat, ' attesteront que le cardinal Simor a contribué en grande partie à relever le caractère monumental de la ville. Nous avons appris avant

1 Deux volumes ont déjà paru. L'exemplaire que Son Éminence daigna nous offrir porte cette inscription : In memoriam visifationis die 6 martii facta in œdibus residentiœ archiépiscopalis Strigonii, Joannes cardinalis Simor.

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