‹ La Hongrie politique et socialeChapitre 115 sur 133 · IX. — LE CLERGE · texte numérisé non relu

IX. — LE CLERGE

Il y en aurail davantage si monseigneur Ipolyi était moins généreux. Les toiles de l'ancienne école italienne appartenant ;ï sa collection ont déjà passé à la Galerie Nationale, ou le portrait de monseigneur Ipolyi a déjà mérité de trouver place. Dans ses voyages et dans ses recherches l'évèque de Neu-Sohl a l'ait plusieurs trouvailles dignes de remarque. Aussi, tous ceux qui s'intéressent aux émaux trouveront dans ses ouvrages des notices précieuses. C'est encore à lui que l'on doit la découverte d'un peintre hongrois éminent qui vint étudier en Italie â la fin du XVme siicle et qui laissa des toiles à la cour de Ferrare. C'est à lui enfin que l'on est spécialement redevable du rachat d'une partie des livres de Mathias Corvin emportés par les Turcs et qui se trouvaient récemment encore à Constantinople. Tout ce que monseigneur Ipolyi entreprend porte la marque du patriotisme le plus éclairé, a

Nous avons entendu dire que, si M. Tréfort n'avait pu, dans sa qualité de ministre, accepter la présidence de l'Académie des sciences pour remplacer le défunt et regretté comte de Lonyaï, le candidat le plus illustre et qui aurait certainement, avec M. François Pulszky, compté le plus de voix, aurait été monseigneur Ipolyi, déjà président de la section philosophique et historique. L'Académie des sciences hongroise, qui n'est point facile dans ses choix, compte dans son sein plusieurs membres du clergé. Nous citerons, entre autres, les cardinaux Simor et Haynald,

et les évoques Jean Danielik et Hyacinthe Ronaï. Les chanoines et les abbés sont en plus grand nombre. Le plus connu parmi ces derniers, l'âme secrète de l'Académie des sciences, c'est le secrétaire général, monseigneur Guillaume Fraknoï, abbé de Szegszàrd et historien d'un rare mérite. C'est lui qui veille à l'ordre, qui dirige, qui anime le tout du feu de son esprit délié et remuant. Installé dans le bâtiment même de l'Académie où il occupe un logement princier, il donne le premier lundi de chaque mois, avec la prodigalité d'un grand prélat romain et à ses propres frais, un banquet somptueux à un choix d'académiciens. L'élément féminin ne manque point à ces réunions d'élite et y apporte son charme et ses attraits. Monseigneur Fraknoï est homme du monde comme le cardinal Haynald. Son regard est à la fois pénétrant et mobile. Son maintien, tout aimable qu'il soit, est celui d'un diplomate. Il connaît fort bien les hommes, leurs penchants, leurs faiblesses, et l'histoire qu'il a étudiée â fond lui a appris l'art de les manier. D'un jour â l'autre, nous nous attendons à apprendre que monseigneur Fraknoï est devenu évoque. Il est déjà très avancé dans cette carrière, et pas trop éloigné du but de ses aspirations. A l'heure présente, n'ayant que quarante-deux ans, on le trouve peut-être encore trop jeune: mais, si l'on tient compte de tous ses travaux littéraires, île l'autorité acquise et de l'esprit politique qui guide toutes les actions de sa vie, on n'aura pas de peine à se per-

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