IX. — LE CLERGÉ
constater qu'en Hongrie, malgré les différends qui peuvent naître de temps eu temps entre le ministre des cultes et le clergé catholique sur «les questions de détail, l'âme nationale est une seule dans les hommes du Gouvernement et dans les chefs de l'Église catholique.
La culture étant le moyen le plus légitime d'acquérir de l'influence, les écoles confessionnelles rivalisent entre elles du plus beau zèle soit pour attirer à elles le plus grand nombre d'élèves, soit pour augmenter l'autorité, le prestige et la force de leur enseignement. L'école normale israélite de Budapest, le collège réformé de Debreczin, le collège luthérien de Hermannstadt, le collège unitarien de Kolozsvâr ne sont pas seulement des foyers littéraires et scientifiques, mais de véritables centres de propagande religieuse et patriotique.
A la tète de l'école normale israélite de Budapest se trouve un pédagogiste d'un très grand mérite, le professeur Abraham Lederer né â Libochowitz en Bohême le 9 janvier 1827. 11 y a trois ans de cela, on célébra dans la capitale de la Hongrie, avec le concours des membres des différentes confessions, le vingt-cinquième anniversaire de son entrée dans la carrière officielle de l'Etat.
Aussi faut-il reconnaître que ses services, comme précepteur de la jeunesse et comme publiciste, * tout
1 Voici les titres de ses œuvres principales: Heimathkunde von Ungarn (1859); Erziehungslehre fur isr. Eltem,
en apportant des bénéfices considérables aux membres de la confession d3 Moïse, ont contribué puissamment à la magyarisation des Juifs dans le meilleur sens du mot. Dans ses écrits pédagogiques, l'auteur pose en principe douze catégories d3 principes d'où il fait dériver tontes le> règles de la science de l'éducation. Ses œuvres se fondent sur l'anthropologie, sur la morale et sur l'histoire de la civilisation. Ses vues sont de? plus élevées, et ses connaissances pratiques donnent à ses enseignements une valeur exceptionnelle. Le collège qu'il dirige est un véritable séminaire d'instituteurs israélites et dispose de fonds considérables, grâce au patriotisme dont les Juifs firent preuve pendant la révolution de 1848-49. La hyène de Brescia, le général Haynau chargé de la répression en Hongrie, imposa aux. Israélites, comme contribution de guerre, le payement de deux millions de florins pour les punir d'avoir été trop bons patriotes. La somme parut exorbitante à fempereur, qui ordonna d'affecter le second million, déjà (/ versé dans les caisses de l'État, au service de l'instruction des Israélites hongrois. Avec les revenus des ces fonds on érigea, en 1857, l'école normale
Lehrer und Schulfreunde (1865). Parmi ses essais parus dans les revues pédagogiques hongroises, on nous signale les suivants: La méthodologie de l'exemple; La méthodologie de Vhabitude ; La méthodologie de renseignement; La méthodologie de Vhyg'ùne ; La correction à la maison et à Vérole.