IX. — LE CLERGÉ
Israélite de Buda] ,,-t. la seule qui existe dans la monarchie austro-hongroise. M. Lederer qui l'a organisée et la dirige en y enseignant la pédagogie, peut maintenant se réjouir des résultats obtenus. L'école est fréquentée chaque année par un nombre d'élèves variant de Too à 800; les maîtres et les professeurs provenant de ce séminaire sont maintenant répandus en Hongrie, en Autriche, en Serbie et en Turquie. L'un des disciples de M. Lederer a fondé â son tour une institution pour les entants idiots; un autre dirige â Budapest l'école des sourds-muets. En 1866, par l'initiative de M. Lederer on fonda l'association des instituteurs israélites.
Ici quelqu'un nous demandera peut-être comment il se fait que nous parlions des écoles à propos du clergé. La réponse est prête. L'école confessionnelle remplace en grande partie l'église et en remplit les fonctions; les professeurs de ces écoles sont le plus souvent des apôtres. Nons avons eu lieu de le constater tout particulièrement parmi les Calvinistes de Debreczin et parmi les Unitariens de Kolozsvàr.
Nous avons eu l'honneur d'approcher à Budapest leminent écrivain Charles Szàsz évêque ou surintendant de l'église réformée. Mais, dans la capitale, où la majorité de la population est composée de Catholiques et d'Israélites, le rôle de cet évêque protestant nous a paru assez effacé. Même dans les deux discours fort pathétiques qu'il prononça près du cercueil de la veuve du poète Aràny nous sen-
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tions beaucoup plus la voix émue de l'ami, et la recherche de l'expression élégante de l'académicien, que la parole inspirée, calme et souveraine du ministre de l'autel. Son habitation nous parlait aussi d'un poète lyrique, du traducteur de Dante, de l'artiste accompli; mais, si nous n'avions pas su d'avance que nous entrions dans la demeure d'un évèque, rien n'aurait pu nous le laisser deviner.
Nos impressions furent autres â Debreczin, où tout ce que nous admirions, tout ce qu'on nous signalait devait être ramené â la gloire de l'église réformée, considérée comme la patronne naturelle de toutes les institutions civiles de la ville.
D'après le recensement officiel de l'année 1881, la ville de Debreczin comptait, sur 51,122 habitants, 39,428 calvinistes, 7,047 catholiques, 3,089 israélites. Ceci pourtant ne justifierait pas encore le nom de Genève hongroise donné â cette ville, si au sein et autour du collège réformé il n'y avait un souffle perpétuel de propagande évangélique.
Ce collège existe depuis bientôt trois siècles et dans trois ans il célébrera son troisième centenaire. Fondé jadis par la ville, il est encore l'orgueil des habitants et de la municipalité de Debreczin. Issu de la réformation, cet esprit l'a toujours dominé et le domine encore. Il n'est pas riche, ne disposant que d'un revenu annuel de 63,000 florins et v/ devant subvenir avec cet argent aux huit classes d'un lycée admirablement bien organisé, à une