‹ La Hongrie politique et socialeChapitre 120 sur 133 · IX. — LE CLERGÉ · texte numérisé non relu

IX. — LE CLERGÉ

école normale, ;'t une académie de droit et à une académie de théologie où enseignent des professeurs d'un grand mérite et d'où sortent les pasteurs.1 Un petit effort de l'État pour venir en aide à la ville de Debreczin transformerait aisément son grand collège protestant en une université. L'instruction est solide. Professeurs et étudiants sont animés par un zèle admirable; la foi réchauffe l'étude ; le même enthousiasme enflamme les maîtres et les ('lèves. Le collége a d'ailleurs des traditions glorieuses qu'on désire perpétuer. Les plus distingués parmi les étudiants ont sans cesse mérité de remplacer leurs anciens maîtres et la chaîne n'a jamais été interrompue. Ora et ïdbora est leur devise: et ils prient et ils travaillent avec la même ardeur. Nous avons été entière-

1 Les deux Académies comptent maintenant 16 chaires : Dogmatique (prof. S. Toth); Exégèse grecque (J. Menyhart); Exégèse hébraïque (E. Bethlendi); Histoire ecclésiastique (François Balogh) ; Morale (L. Csiki) ; Philosophie (Fr. Thot); Littérature hongroise et histoire (C. Gyérei) ; Littérature latine et grecque (S. Lengyel); Pédagogie (E. Osterlamm) ; Sciences naturelles et hygiène (J. Torok) ; Economie nationale et droit financier (P. Buzâs) ; Droit privé hongrois (St. Karsa) ; Statistique (S. Kassaï); Droit romain et canonique (A. Kovâcs); Droit pénal (A. Kôrôsi); Droit commun des Hongrois (Ferd. Liska). Il y a, en outre, des maîtres pour les langues allemande, française et anglaise. On nous fit même espérer que l'on ajouterait encore l'enseignement de la langue italienne.

ment édifié par celte ferveur à la fois religieuse, scientifique et patriotique. Le vénérable évoque Valentin Révesz, auteur d'un livre de prières touchantes et orateur sacré des plus éloquents, surveille avec amour la grande institution scolaire de Debreczin et s'en occupe autant que de son église. Il comprend que les professeurs du collège réformé ont charge d'àmes, et il les' regarde comme ses collaborateurs les plus proches. La parole de l'évèque est rare et aussi grave que douce. Où elle tombe, elle fait du bien. Aussi est-il entouré du respect et de la reconnaissance de toute la ville.

Ce que le collège réformé de Debreczin est en grand pour la Hongrie orientale, le collège réformé Kuun de Szàszvàros l'est on petit pour le comitat de Ilunyad en Transylvanie. Ce dernier collège date aussi de la réformation ; mais il n'était d'abord qu'une école élémentaire. Plus tard il fut subventionné par les princes transylvains George Râkoczi et Michel Apafy, de manière qu'il devint possible d'y ajouter deux professeurs chargés d'enseigner le latin et les éléments des sciences. De nos jours enfin, le collège prit un grand développement, grâce au concours d'un magnat transylvain, un patriote éminent, le comte Gothard Kuun qui consacra une somme d'environ 100,000 florins pour mettre le collège réformé de Szàszvàros en état de remplir, sous la direction de M. Dosa aidé de professeurs d'élite, sa triple mission scientifique, patriotique et religieuse. Nous avons

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