‹ La Hongrie politique et socialeChapitre 123 sur 133 · IX. — LE CLERGÉ · texte numérisé non relu

IX. — LE CLERGÉ

face toute la vérité. Alors ils pourront compter sûrement sur des légions de douteurs qui se rallieront â eux pour suivre leur étoile brillante et bienfaisante. Alors, â notre tour, nous donnerons de grand cœur notre nom obscur, non pas â leur ancienne secte qui s'est survécue, ni à leur église qui n'a réellement pas vécu un seul jour, mais â leur fécond laboratoire d'idées grandes et pures. Alors, sous l'inspiration d'un Dieu unique, mystérieux et tout-puissant, cette religion pourra peut-être souffler une vie nouvelle dans l'esprit blasé et dans le corps affaissé de cette humanité qui se traîne, vacillante, de la superstition ignoble au blasphème dégradant.

La Femme.

Toute l'Europe qui voyage rend unanimement hommage, à la beauté et aux charmes de la femme magyare^ GrandeVélancée, élégante, les épaules superbes, le sein de neige, les bras ronds et flexibles, le corps ondoyant, il y a en elle comme un mélange de fierté virile et de grâce féminine, qui étonne, captive et se fait jour dans la démarche, dans l'accent, dans le visage à la fois fier et doux.

Dans les salons hongrois nous avons noté deux espèces de beautés féminines; l'une qui nous rappelait la grâce mignonne de la parisienne; l'autre qui évoquait devant notre esprit ces grandes et terribles amazones de l'Asie dont la beauté faisait le bonheur et le tourment des héros de l'ancienne Grèce. Autrefois les femmes magyares ont peut-être été des walkyries imposantes et turbulentes; maintenant, attendries par la charité chrétienne et domptées par

l'amour, elles nous charment par leur grâce délicate du cœur. Un petit duvet qui se prolonge souvent au-dessous des tempes et borde légèrement leur visage des deux côtés donne du piquant à leur physionomie et une wae sorte d'expression mâle et guerrière. C'est bien là encore le type asiatique dans toute sa pureté, dont la coupe des yeux doux et profonds rappelle la douceur des yeux de la gazelle, si souvent chantés par les poètes de l'Orient, et dont les membres ont la souplesse et l'élégance du fauve. La voix et le regard enveloppant de ces femmes portent tour à tour des caresses et des menaces; et un grand nombre d'entre elles pourraient fort bien poser pour des Junons. Ainsi que les amazones de l'Asie et les walkyries germaniques elles sont chastes, mais, dès qu'elles donnent leur amour, elles enlacent voluptueusement comme des lianes. '

1 Dans son essai: TJngarisahe Frauentypen, où la femme hongroise n'est d'ailleurs point idéalisée, M. Ad. Agaï f /m, écrit ce qui suit: « Ihr Zatiber spriesst aus jener gôt- « tlichen Schamh aftigkeit, die in sich selber ihre Stùtze « findet, welche die gesellschaftige Norm und Gepfio- « genheit nicht zur Rechenschaft und nicht zu beirren « verrnag. "Wir bewundern eben diesa holde Anmuth in « den Schopfungen der griechischen Sculptur, im Apollo « von Belveddre nicht minder als in der Gôttin von Mild : « sie erscheint hier zu einem natûrlichen Mysterium ab- « g klart das uns trunken macht gleich wie die Liebe « oder der Hauch des Lenzes. » vist^' «v* 5

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