‹ La Hongrie politique et socialeChapitre 130 sur 133 · X. — LA FEMME · texte numérisé non relu

X. — LA FEMME

une ville. Ce cas s'est présenté deux fois de suite à Fiume, où deux dames, la comtesse Géza Szapâry et la comtes-,' Hedvige Zichy-Wimpffen, les deux charmantes et intelligentes femmes des deux derniers illustres gouverneurs de Fiume, ont voulu, par la fondation de l' Orfanotrofîo Maria et de YAstto Clolilde, secondar l'œuvre puissante de leurs maris et se faire béiiir à leur tour par toute la population de la ville, en appelant à elles les orphelins et les petits délaissés, qui les vénèrent chacune comme des mères angéliques, comme des madones vivantes

Scese dal cielo a miracol rnostrare.

Bon nombre de jeunes filles et de femmes hongroises manient avec bonheur la plume. Nous citerons entre autres M"e Atala Kisfaludy de Kaposvàr, talent des plus gracieux et esprit charmant dont les contes sont plein de naturel et de vie. Malheureusement, depuis quelque temps, elle n'écrit plus. Nous citerons encore Mmo Zsiga Gyarmâthy (B. Hunyad), auteur de plusieurs contes et de quelques romans qui, dans les premiers surtout, excelle par les descriptions fidèles de la vie de campagne ; Mme Isabelle Fangh-Gyustô, M"0 Annie Nuellens; la comtesse Ottilia Wass, dont on cite des poésies charmantes. Mais nous devons particulièrement signaler ici les sœurs Janka et Stéphanie Wohl, Mrao Lenke de Beniczky-Bajza et M"0 Sophie de Torma.

Les sœurs Janka et Stéphanie \Vohl ont à Budapest une situation tout à fait exceptionnelle. Leur salon intime où l'on fait de la musique avec Liszt, et où l'on cause agréablement de politique, d'art, de littérature et de toute chose au monde avec la fine fleur du monde intellectuel, leur a valu un jour le compliment d'avoir su réunir autour d'elles une espèce d'Ecole d'Athènes. Honorées de l'amitié de Liszt et du grand poète Jean Arâny dès leur plus tendre enfance, elles ont fait leur chemin sous ces hautes et bienfaisantes protections. Quoique lancées dans le monde littéraire et n'ayant apparemment plus besoin de protecteurs, le maître leur est resté fidèle. Peut-être a-t-il senti que, si elles n'ont plus besoin d'être protégées contre l'obscurité de la naissance et les premières difficultés de la vie, puisque par leur talent, par leur amour du travail et par leur vaillance elles se sont frayé un chemin lumineux, il n'est pas inutile peut-être de continuer à les protéger contre l'envie que leurs succès légitimes n'ont pas manqué d'éveiller autour d'elles.

Janka, l'aînée, était d'abord destinée à devenir pianiste. Mais elle dut renoncer à cette carrière, à la suite d'une timidité insurmontable. Elle avait d'ailleurs publié un volume de poésies à l'âge de treize ans et ce volume avait eu l'honneur d'être lancé et présenté au public par un écrivain célèbre, M. Maurice Jokaï, un des idoles de la nation hongroise. Après ce premier succès de plume, elle se

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