‹ La Hongrie politique et socialeChapitre 13 sur 133 · II. — LA HONGRIE ET L'iTALTE · texte numérisé non relu

II. — LA HONGRIE ET L'iTALTE

Lodi. Il installa à Kolozsvàr le premier hôtel confortable et le premier service d'omnibus et de diligences ; il s'enrichit et il profita de ses richesses pour faire beaucoup de bien à la ville. Son fils continue à se faire aimer et respecter; et son petit-fils est l'un des deux représentants de la ville de Kolozsvàr à la Chambre des députés. *

L'italien que parlent les Biasini de Kolozsvàr n'a jamais peut-être été et n'est certes plus maintenant le toscan le plus pur ; mais quelques étincelles du soleil d'Italie brillent encore dans les yeux, et dans l'âme de ces Italiens expatriés depuis trois générations.

Nous n'avons pas été moins surpris à Vaïda- Hunyad, lorsque le major Benedicti nous fit si gracieusement les honneurs de sa maison, du château et de la ville. Ce cicérone accompli et des plus brillants conserve encore, ainsi que sa nièce, son type originaire, bien qu'il y ait près de deux cents ans que la famille s'est transférée de l'Italie méridionale en Hongrie ; 2 et si on les rencontrait dans une ville des Abruces ou des Pouilles, personne ne songerait à les prendre pour des Hongrois. Mais en Transylvanie ils sont des Magyars, et des meilleurs.

1 L'autre député est M. Désiré Siginoud, un grand industriel et un économiste distingué.

2 Serait-ce avec les colons du Banat? N'avons-nous pas lu qu'une partie d'entre eux arrivaient de Bari ?

Pendant notre séjour dans le royaume de Saint- Étienne nous suivions avec le plus vif intérêt cette transformation de l'Italien en Hongrois, et nous admirions surtout la grande aisance avec laquelle ces émigrants s'approprient et parlent une langue aussi difficile et aussi éloignée de la nôtre que la langue hongroise.

La fille de la comtesse Orsini, par exemple, la gracieuse margrave Pallavicini-Csâky, cette spirituelle jeune femme dont les Florentins ne cessent de regretter l'absence, peu de temps après son mariage et son séjour en Hongrie était citée au nombre des dames magyares qui parlent le hongrois le plus pur.

A Debreczin, parmi les membres du comité qui nous fit l'honneur d'un accueil inoubliable, se trouvait M. Charles Fumagalli, un noble milanais, un sympathique lombard de la plus belle eau, mais habitant depuis environ trente-cinq ans la Hongrie, où il possède une fortune considérable. * La force

1 L'Autriche en avait fait, d'abord, un soldat par force, puis un officier. Lorsque la guerre de l'indépendance éclata en Italie, M. Fumagalli quitta le service et rentra dans la vie privée, ne voulant pas combattre contre les Hongrois qu'il avait appris à aimer, et encore moins contre son propre pays. A Debreczin, depuis nombre d'années, il rend des services aussi nombreux qu'ignorés aux pauvres ouvriers italiens qui arrivent dans la ville sans aucune connaissance de la langue et du pays, et, le plus souvent, sans aucune ressource.

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