IL — LA HONGRIE ET L'ITALIE
où l'on sauvegardait également le respect que les Hongrois désiraient conserver envers leur souverain et celui des droits du peuple italien. Mais sur ces entrefaites la capitulation de Milan ayant eu lieu devant Radetzky, Metternich triomphant déclara que la pragmatique-sanction avait été violée par les Hongrois et déchaîna Jellacic sur la Hongrie.
Quelques mois après, commençait l'exode des patriotes hongrois, échappés aux balles russes et autrichienne-;, à la prison et à la potence. Ils arrivèrent à Turin, à Paris, à Londres, à Munich, à Constantinople, grands dans leur misère, sacrés dans leur douleur, sublimes dans leur fierté. Presque toute la gloire de la Hongrie était passée â l'étranger. * Là, ces patriotes appprenaient de nouvelles lan- / gués et d'autres mœurs, étudiaient les institutions étrangères et se préparaient par un travail sérieux à la revanche.
Un des exilés, ML Ignace Helfy, un patriote ardent,/^v~jL un orateur et écrivain distingué, conçut alors le plan d'une alliance entre les Italiens et les Hongrois. Et, pendant qu'une légion de beaux cavaliers magyars — Etienne Tùrr, Tiikori, Frigyesy, le comte Sandor Teleki, le baron Biaise Orbân étaient de ce nombre, —
1 II suffit de nommer les Kossuth, les Klapka, les Teleki, les Szemere, les Eôtvôs, les Tréfort, les Andrâssy, les Pulszky, les Irânyi, pour que l'on comprenne toute la portée de cette affirmation.
descendait en Sicile pour prendre part à l'épopée garibaldienne, il fondait et rédigeait tout seul à Milan un nouveau journal également sympathique aux deux nations, intitulé : L'Alleanza. Rentré en Hongrie avec le rétablissement des libertés constitutionnelles, M. Helfy continua de pérorer dans la presse hongroise en laveur de celle qu'il considère comme sa seconde patrie.
Surpris d'entendre parler notre langue avec un accent étranger à peine perceptible, nous lui en fîmes la remarque : « C'est en Italie, nous répliqua-t-il, que je suis devenu homme; j'étais presque enfant lorsque j'ai quitté mon pays : j'y suis rentré presque vieux, et ma femme est Italienne. ' Pourquoi ne
i jim Helfy est une Lombarde, ainsi que Mme Than, la femme de l'illustre peintre hongrois. La sœur de l'ancien garde des sceaux, l'éminent jurisconsulte napolitain H. Pessina , a épousé l'historien hongrois Léopold Ovâry. D'autres Hongrois marquants ont également contracté des mariages en Italie. Nous citerons encore ici M. de Gosztony, un Magyar de la meilleure trempe, dont la mère était une comtesse Triangi de Trente ; l'origine italienne perce encore dans les vives sympathies pour l'Italie et dans le langage poétique et passionné de l'une de ses sœurs, Mme la chanoinesse P. de Gosztony. Quelques Italiens ont, à leur tour, contracté des mariages en Hongrie: nous citerons, entre autres, le comte Guy de Valpérga, le comte Tolomei de Sienne qui a épousé une comtesse Pàlify, le prince Etuspoli dont la femme est une comtesse Eszterhâzy et le prince Borghese qui a épousé une comtesse Apponyi. . v\. -.