‹ La Hongrie politique et socialeChapitre 42 sur 133 · IV. — LE GOUVERNEMENT ET LA PRESSE · texte numérisé non relu

IV. — LE GOUVERNEMENT ET LA PRESSE

pu le l'aire accepter. Comme président du cabine! impérial, comme chancelier de l'empire, comme ministre des affaires étrangères, le comte Andrâssy a continué ;ï l'aire du patriotisme. Le personnage était éminent par lui-même, mais son importance s'augmentait de ce que l'homme représentait un principe et une grande idée nationale. A Vienne on sentait dans l'activité du chancelier hongrois tous les efforts de la nouvelle Hongrie pour conquérir une place dans le concert européen.

L'histoire du gouvernement de M. Andrâssy est trop récente pour qu'on ait pu l'oublier. Le ministreprésident du Gouvernement hongrois avait certainement lui aussi de grandes sympathies pour la France qui, dans les années 1870-71, succombait sous le poids écrasant de l'Allemagne. On n'a pas vécu pendant quelques années de sa vie à Paris sans en emporter le sentiment que la France est la patrie de l'homme civilisé, qu'elle vous appartient un peu et que vous lui appartenez. Le cœur de M. Andrâssy devait donc être prêt â s'associer aux démonstrations chaleureuses des patriotes hongrois en faveur des patriotes français. Mais la raison politique ne permit pas au comte Andrâssy de sortir de la stricte neutralité qu'il avait proclamé nécessaire dès la déclaration de la guerre franco-prussienne.

Il fit aussi prévaloir sa politique â Vienne, où les rancunes de l'année 1866 n'étaient point encore assoupies et où la tentation d'intervenir dans le con-

Ait était grande. Il sauva ainsi l'Autriche de la fureur du vainqueur tout-puissant qui n'aurait point manqué de punir les nations hostiles â sa politique. La môme neutralité qui, malgré les plus vives sympathies pour la France, avait permis aux Italiens d'entrer à Rome, ayant été observée également par la Russie et par l'Autriche-Hongrie, les deux empires en retirèrent des avantages d'un autre genre, mais non moins importants pour leur avenir. La Russie commença alors à déchirer le traité de Paris et se prépara â une nouvelle descente en Turquie ; l'Autriche- Hongrie trouva en Allemagne un appui solide pour intervenir â son tour dans la question d'Orient et y exercer une influence essentielle. La neutralité de l'Autriche-Hongrie fut l'œuvre du ministre hongrois ainsi que la reconnaissance immédiate du nouvel empire dAllemagne de la part du Gouvernement hongrois. Cet empressement qui était un acte de sage politique méritait sa récompense. Le comte Andrâssy fut naturellement signalé pour le portefeuille des affaires étrangères et pour la présidence du cabinet impérial. Ce fut ainsi que les chanceliers des trois empires, prince de Bismarck, prince Gortchakoff et comte Andrâssy consolidèrent sur la base des intérêts communs des trois États cette triple alliance qui dure encore. Toul ce qui s'esl passé en Europe depuis 1871, dépend, plus ou moins, de cette alliance qui s'impose dans toutes les questions de la politique* européenne comme un fait capital, domi-

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