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IV. — LE GOUVERNEMENT ET LA PRESSE

M. Théodore Pauler, le ministre de Injustice,1 ou dit seulement qu'il vieillit ainsi que l'école juridique à laquelle il apparti -ut; le baron Géza de Fejervâry aura toujours une action très limitée tant qu'il n'obtiendra pas des canons pour ses nonveds; le baron Bêla Orczy, ministre hongrois à la cour de Vienne et M. Coloman Bédékovic, l'excellent ministre de Croatie, Esclavonie et Dalmatie ont un rôle des plus effacés. L'activité des différents ministères ne se manifeste donc pas en proportions égales. Cependant, dans un pays qui surgit à la vie libre, chaque chef d'administration devrait témoigner d'une égale ardeur. Il serait nécessaire, par conséquence, d'introduire dans le cabinet des éléments nouveaux, plus jeunes et plus ardents. Pour le Gouvernement ce serait là le meilleur moyen d'avoir raison de l'opposition. Seulement ce remaniement inévitable du cabinet ne devrait pas se faire uniquement en vue de détacher de l'opposition quelques membres influents pour grossir le parti ministériel, mais dans le but d'utiliser toutes les forces du pays et de faire réellement, dix ans après, ce que M. Tisza se proposait d'accomplir, lorsqu'il prit en main la direction des affaires, le lendemain d'un appel à tous les partis. De la part du Gouvernement hongrois cet appel devrait se faire non pas le jour du danger, mais chaque année, chaque jour, à toute occasion favorable. Le patriotisme de M. Tisza étant indiscu-

1 M. Pauler est né le 'J avril 1816.

table, il trouverait toujours le moyen de faire vibrer le cœur de ses opposants, en les engageant à travailler avec lui pour la grandeur et la prospérité de la patrie.

M.Tisj,a est issu d'une famille d'ancienne noblesse ; il est, en outre, fort riche et, par conséquent, indépendant. Son éducation a été des plus soignées et les voyages ont contribué â enlever à son esprit une partie de cette aridité et de cette stérilité qui accusent le plus souvent un manque d'imagination. Intelligence sagace, mais manquant d'élévation, M. Tisza observe le coté pratique des choses et néglige le côté idéal. Il lui serait donc on ne peut plus utile d'avoir le concours d'intelligences plus larges et de cœurs plus chauds. L'opposition pourrait lui en fournir; et personne mieux que lui ne saurait découvrir ce qu'il lui faut. Son gouvernement ne manque ni d'énergie ni d*habileté ; il lui manque cette chaleur qui devrait le rendre sympathique. M. Tisza est trop bon patriote pour ne pas comprendre qu'il ne faut pas déconsidérer les adversaires appelés à rendre dans l'avenir des services au pays. Ses adeptes ne cessent de crier â chaque nouveau discours de l'opposition: « Il est évident que ces messieurs visent uniquement à renverser les ministres actuels pour se mettre à leur place. Si M. Tisza soutenait le contraire de ce qu'il propose, la gauche le combattrait quand même. Ce n'est pas une lutte de principes, mais une lutte personnelle. » En admettant

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