‹ La Hongrie politique et socialeChapitre 53 sur 133 · IV. — LE GOUVERNEMENT ET LA PRESSE · texte numérisé non relu

IV. — LE GOUVERNEMENT ET LA PRESSE

et remplacer. Mais la prospérité des finances est le produit de toutes les activités intelligentes, de tous le i efforts, de tous les sacrifices patriotiqu s du pays et l'on ne peut parvenir à de pareils résultats qu'en développant le sentiment du dévouement qui exige toujours une certaine dose de poésie et de noblesse. Si on laissait tarir ces deux sources de la chevalerie et de l'héroïsme, la nation hongroise, au lieu de monter et d'avancer devrait fatalement descendre et reculer. Gumi Deus averlat !

Nous venons de nommer les « comtes suprêmes. » C'est par eux que le ministre de l'intérieur gouverne les provinces ou départements qu'on appelle comîtats. Chaque comilat a un comte suprême ou préfet, appelé ober-gespàn en allemand et fo-ispàn en hongrois, et un sous-préfet ou vice-comes, dit vizegespàn eu allemand et alispàny en hongrois. Le comte suprême est un haut fonctionnaire qui avait jusqu'ici son siège à la Chambre des magnats. Après la réforme, une véritable réforme libérale à ce point de vue, ce droit bureaucratique fut aboli. Le comte suprême ne conserve plus sa place à la Chambre des magnats que si son grand nom, ou sa grande fortune, ou ses grands mérites lui en donnent le droit. Lorsqu'il réside dans son comitat, le comte suprême représente le pouvoir exécutif et surveille les intérêts du Gouvernement dans l'administration des villes et des tribunaux, dans le choix des employés et surtout dans les élections.

On prétend que sous l'administration d3 M. Tisza un certain nombre de comtes suprêmes se sont ruinés en dépensant, par excès de zèle, au delà de leurs moyens, pour représenter dignement le pouvoir central. D'autres ont perdu leur place pour n'avoir pas soigné avec assez de zèle les intérêts ministériels.

Le sous-préfet n'est qu'un employé, le premier employé du comitat : en l'absence du préfet, il le remplace 'et le représente, en présidant à l'administration et en veillant à l'exécution des ordres du Gouvernement. Il y a des capacités parmi les souspréfets, mais comme généralement ces fonctionnaires subalternes n'ont pas de fortune, il est rare qu'ils deviennent comtes suprêmes. S'ils n'ont pas un grand nom, ou de grandes richesses, ou de très grandes protections, leurs seuls talents ne suffisent guère à leur donner de l'avancement. Une fois nous demandions comment il se faisait qu'un sous-préfet d'une petite ville de province, homme posé, bien élevé, cultivé et intelligent dépendît d'un jeune homme sans expérience, investi de la dignité de comte suprême par le seul privilège du grand nom qu'il porte. « Ne vous formalisez pas, nous répondit-on, pour ce que le comte suprême vient faire ici, l'Age n'a pas d'importance. Il nous arrive une fois par mois, il se promène, fait des visites, en reçoit, s'enquiert de nos jeunes filles, qui dans cette ville ont la réputation d'une grande beauté, il s'efforce d'être aimable avec tout le monde et donne un dîner

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