‹ La Hongrie politique et socialeChapitre 55 sur 133 · IV. — LE GOUVERNEMENT ET LA PRESSE. L · texte numérisé non relu

IV. — LE GOUVERNEMENT ET LA PRESSE. L

M. Tisza ne l'ignore point et ménage autant que faire se peut ces publicistes. Dans la séance de la Chambre des députés «lu 23 avril de l'année courante, il est. allé jusqu'à déclarer brutalement au baron Gabriel Andreânsky, député de l'opposition, que, d'après son opinion, les 000,000 Juifs de la Hongrie sont de meilleurs patriotes que les députés magyars de la gauche. Tant que M. Tisza parle des droits ga-

iement, à la face du monde, à menacer d'écrasement les différentes nationalités.

« Le public des villes, sous la pression des chauvins et de la presse hongroise de toute couleur, encouragé par les manifestations et possédant, chose inouïe en Europe, l'agrément du Gouvernement, n'hésite pas à former des réunions dans le but de magyariser les non magyars.

« Voilà de quels éléments se composent les jurys, que l'on ne saurait regarder comme les juges naturels de la presse roumaine, mais qu'il convient d'envisager plutôt comme sas bourreaux.

« De plus, la procédure des procès de presse contient des mesures exceptionnelles pour la Transylvanie qui est habitée en grande majorité par des Roumains, — mesures, qui n'existent point dans la procédure des procès de presse applicable à la Hongrie.

« Nous précisons : en Hongrie, pour ce qui regarde la question de savoir qui doit payer les frais du procès, il n'y a aucune différence entre le procureur et les particuliers : qui perd le procès est condamné aux frais du procès. Tout au conti-aire, en Transylvanie, l'Etat, même s'il perd un procès, n'en a point les frais à sa charge.

« Cette seule mesure da non-égalité, en donnant au

rantis aux Juifs par la loi de 1807 et qu'en force de cette loi il croit pouvoir nommer des membres juifs au Sénat reconstitué sur une nouvelle base, son assertion peut paraître libérale et juste. Mais on ne conçoit pas comment un ministre magyar, pour flatter une classe qu'il semble vouloir obliger et s'attacher particulièrement, ait pu s'oublier au point de blesser le sentiment de tout le peuple magyar par une préférence affichée aussi solennellement. A-t-il visé aux journaux de l'opposition, où se trouvent aussi des publicistes juifs en bon nombre? A-t-il cru pouvoir les

procureur le pouvoir discrétionnaire de poursuivre qui il veut, quand il le veut, sans rien risquer matériellement, est suffisante pour rendre illusoire la liberté de la presse roumaine, pour décourager et réunir ses représentants, qui sont contraints de soutenir à grands frais les procès les plus absurdes, sans que, même s'ils les gagnent, ils puissent obtenir un dédommagement.

« Avec una prasse périodique maltraitée, tyrannisée de cette manière, il est absolument impossible de défendre, nous ne dirons pas les intérêts politiques et nationaux d'un peuple qui se compta par millions, mais même ceux d'une corporation d'industriels ou de commerçants.

« Une presse qui gémit sous une loi draconienne et qui est obligée de fournir un cautionnement toujours en danger d'être perdu n'est plus une jiresse : ce n'est qu'une torture, qu'un châtiment impos '■ à ses malheureux entrepreneurs. C'est l'oppression, c'est l'étouffement de toute activité politique, c'est la nuit faite dans les esprits, pour le plus grand danger de la sûreté publique et do la sûreté de la patrie. »

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