IV. — LE GOUVERNEMENT ET LA PRESSE. l&l
accaparer par cette boutade «l'un goût douteux '. Nous n'en savons rien. Mais l'effet de la déclaration da M. Tisza a été déplorable et nous pensons que les ressentiments qu'elle a laissés dans le cœur de chaque vrai Magyar oui dû être bien profonds.1
On compte actuellement, dans la seule ville de Budapest, 227 publications périodiques. Quant à la province, voici le relevé fourni par les dernières statistiques: Arad, 4 journaux: Aràny-Marôth, 3; Balassa-Gyarmat, 3; Debreczin, 9; Esztergom, 4; Fiume, 3; Kalocsa, 2; Kaposvâr, 5; Kecskemet, 4; Kolozsvàr, 15 : Komarom, 5 ; Miskolcz, 4 : Nagy- Kanizsa, 4; Nagy-Vârad, 1: Nyiregyhàzàn, 4; Nyitia, 4 : Pécs, 4 ; Poszony, 5 ; Szabadka, 4 ; Szatmàr-
1 II paraît d'ailleurs que M. Tisza a obtenu un effet contraire à celui qu'il se proposait, si l'on doit en juger par un article de la Jûdisehe Pester Zeiturir/, puisque non seulement les Juifs ne lui savent aucun gré de son excès de zèle, mais ils le soupçonnent même de vouloir envenimer, par ces boutades, la haine des antisémites. La gazette juive de Pest compare M. Tisza à un berger qui, après avoir excité contre un passant un cbieu sauvage de bergerie, le rappelle jjour recevoir les remerciements du passant qu'il vient de sauver. « Si un jour, est-il dit, M. Tisza n'avait pas déchaîné l'antisémitisme, il n'aurait maintenant aucun besoin de sauver les Juifs. Coloman Tisza ne donne pas du repos à la question des Juifs en Hongrie ; sans aucune nécessité, il traîne les Juifs devant le parlement, pour se donner le plaisir, après les avoir fait rosser par les antisémites, do soulager leurs plaies avec le baume de ses déclarations. »
Nemeti, 4 ; Szegedin, 4 ; Szegzard, 2 ; Székes-Fehervàr, 7 ; Szolnok, 5 ; Szombathely, 5 ; Temesvâr, 5 ; Ungvàr, 5 ; Veszprem, 7.
Les autres petites villes de la Hongrie possèdent presque toutes leur journal local. A Bukliarest on publie deux journaux hongrois; deux autres paraissent l'un à Vienne et l'autre à New- York.
Nous ne parlerons ici que des journaux politiques quotidiens les plus influents de la capitale et de la province.
Le journal officiel, Budapest! Kôzlôny (Organe de Budapest) n'est important que par la personne de son directeur, M. François Salaraon, ' historien distingué, membre de l'Académie des sciences et professeur à l'Université, qui est à la tête de cette publication depuis 1867. Il a aussi fourni de nombreuses traductions et des articles remarquables au Pesti Naplô au Budapest/ Hirlap et à la Reçue de- Budapest (Budapesti Szemle).
Le journal officieux privilégié de M. Tisza est le Nemzet (la Nation) feuille de grand format qui tire de quatre à cinq mille exemplaires en double édition du soir et du matin. Ce journal existant seulement depuis trois ans est né de la fusion de doux autres journaux: le lion (la Patrie) dirigé par le député Maurice Jokaï, le célèbre romancier, et \Ellenor (le Contrôleur) dirigé par Louis Cserndtony, député
1 Né à Dé va en Transylvanie le 4 septembre 1825.