II. — LA HONGRIE ET i/lTALIE
eut la maladresse d'accentuer ce point et d'y insister.
La Hongrie profita davantage de ses relations avec l'Italie, lorsqu'une grande partie de la noblesse magyare, les Laczfy, les Szeczj-, les Apor, l suivirent le roi Louis-le-Grand dans son voyage ù Naples, entrepris pour venger son frère, l'infortuné André. Pendant cette course â travers l'Italie, en causant avec le peuple, avec les lettrés et avec les artistes italiens, en visitant ces villes superbes, ces palais, ces églises, les nobles hongrois sentirent passer dans leur àme comme un souille de la renaissance italienne. Lorsqu'ils rentrèrent en Hongrie, une ardeur nouvelle s'empara d'eux ; le guerrier vaillant mais dur, le rude chevalier devint un gentilhomme poli, un véritable grand seigneur. Quelques-uns d'entre eux trouvèrent aussi, à leur retour de l'Italie, que leur maison était petite et qu'il fallait l'élargir, qu'elle était trop modeste et qu'il fallait l'embellir.
Ayant appris que plusieurs étudiants hongrois quittaient leur pays pour fréquenter les universités
1 II est probable qu'à cette même époque où furent introduites en Hongrie les vignes de Tokaï, d'autres vignes italiennes se soient acclimatées en Hongrie et en Transylvanie. N'oublions cependant pas que la colonie de Trajan était envoyée en Dacie dans un but agricole et que dans les vieilles armoiries de la Transylvanie la grappe de raisin se trouve déjà représentée comme symbole.
étrangères, et en premier lieu celles de Padoue et de Bologne, le roi Louis fonda en 1367 la première université hongroise à Pécs, ' et engagea pour y enseigner le droit le bolonais Galvano Bettini, auquel il assura un large traitement.
Parmi nombre d'autres familles venues d'Italie pendant la domination des Anjous, les documents contemporains mentionnent les Giletti, les Rubini, les Negroni et ces Drugeth de Homonna, provenant sans doute d'Italie, mais probablement d'origine française, et que Boccace cite dans ces trois vers :
Florida magnanimus regni quuru sceptra tenebat Carolus hungaricam quum moderatus humum, Drugetliios aluit binos tune nobile regnuni.
Cbarles de Durazzo, le successeur impatient de Louis-le-Grand, perdit, par son impatience môme, la couronne et la vie. Il entraîna même dans sa perte un grand nombre de familles italiennes qui l'entouraient, et qui furent exposées à la fureur du peuple magyar, justement indigné contre un prince assez audacieux pour se faire couronner sans avoir • été élu.
L'attention des Magyars dégoûtés de la domination de princes étrangers, se tourna alors, avec le sentiment d'une très vive admiration, vers son héros populaire, ce Jean Ilunyade, digne père du glorieux
1 Funf-kirchen en allemand, Quinque Ecchsîœ en latin.