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II. — LA HONGRIE ET L'ITALIE

Mathias Corvin, le futur roi de la renaissance hongroise.

D'après ses biographes, Jean Ilunyade aurait combattu dans sa jeunesse en Italie, sous les ordres <1 i Philippe Visconti, duc de Milan. Pendant ses croisades contre les Turcs, ses inspirateurs, ses conseillers intimes furent deux Italiens : d'abord le légat du pape, Julien Cesarini, ensuite son propre confesseur, Jean de Capistran. '

Mathias Corvin qui par son origine appartient j^eutètre. à la race daco-romaine, et semble, par son esprit comme par sa culture, un concito3"en de Laurent de Médicis son contemporain, méritait, par les nobles qualités de son âme, de régner non pas seulement sur la Hongrie, mais sur l'humanité entière.

1 Jean de Capistran naquit dans les Abruces, en 1385, d'une famillejiûble et riche. Il entra dans les ordres seulement à l'âge de trente ans, après une vie mondaine, où il eut lieu de faire briller de grands talents. Il s'adonna immédiatement à la prédication et éveilla par le feu de son éloquence de grands enthousiasmes non seulement en Italie, mais aussi en Allemagne, en Pologne et en Hongrie. H__prèclia une croisade P/' •< • contre les Hussites de la Bohême et une autre contre Mahomet II. S'étant enfermé avec Jean Hunyade à Belgrade, il contribua a délivrer cette ville assiégée par les Turcs. Mort en 1 loi \, il fut ca»miisé par l'Eglise en 1690 et sanctifié en 172J. On a de lui plusieurs traités écrits en latin sur des matières juridiques et ecclésiastiques. Dans le beau château de Vaïda-Hunyad, on nous a indiqué un petit trou rond, par lequel le confesseur de Jean, restant inaperçu, pouvait voir et entendre tout

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La puissance de sa famille, inaugurée avec son père, s'est éteinte avec lui ; mais sa gloire et sa popularité durent encore. On dirait que Mathias Cor vin vit encore en Hongrie. Tout ce qu'il y a d'ancien et d'illustre parmi les Hongrois semble se rattacher à son souvenir. Si tel palais et telle église sont encore debout, c'est que le roi Mathias les a fait bâtir ou rebâtir. Avec les dépouilles de sa bibliothèque, la plus belle et la plus riche de son temps, plusieurs bibliothèques de l'Europe se sont enrichies. '

C'est en Italie que le roi Mathias vint chercher sa compagne, la belle et docte Béatrix, fille du roi Ferdinand de Naples, véritable princesse de la renaissance italienne, connaissant par cœur ses poètes latins et citant avec prédilection les vers de Virgile. Le lecteur de la reine Béatrix était l'humaniste Antoine Bonflni, de la ville d'Ascoli, auteur d'une grande histoire de la Hongrie, en latin, et de trois

ce qui se passait dans la salle des assemblées et en informer secrètement le pape. Le château de Vaïda- Hunyad garde ce caractère demi-gothique, demi-renaissance lombarde de certains châteaux de la Haute-Italie, surtout de la Vénétie. Il est donc probable qu'il ait été bâti par des architectes et des maçons italiens. Nous avons encore rencontré à Vaïda-Hunyad deux maçons venus de la Vénétie.

1 Au sujet de cette bibliothèque, voici en quels termes s'exprimait Ange Politibn, en écrivant à Mathias Corviu lui-même : « Bibliothecam jam pridem comparas, « omnium sicut expectamus, non ornatissimam solum, « sed etiam copiosissimam. »

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