‹ La Hongrie politique et socialeChapitre 67 sur 133 · V. — UN MINISTRE DE LA RENAISSANCE · texte numérisé non relu

V. — UN MINISTRE DE LA RENAISSANCE

idée des exigences de la pédagogie e1 de l'enseignement scientifique moderne. Mais les opposants n'ont qu'à entrer dans cette ville universitaire créée à Bude

par M. Tréfort et qui s'appelle l'école normale supérieure; ils n'ont qu'à visiter l'école polytechnique, les cliniques médicales: ils n'ont qu'à pénétrer dans l'atelier modèle de M. Benczur, ces toutes nouvelles créations de M. Tréfort â Pest, pour se persuader que le lieu où L'on enseigne n'est point indifférent a l'enseignement lui-même. L'extérieur de ces édifices qui accueillent les institutions scolaires est certainement imposant; les écoles modèles créées par le Gouvernement sont devenues d îs palais. .Mais lorsqu'on y entre, on se persuade qu'il ny a rien de superflu et que chaque salle répond â sa destination. Le luxe en est d'ailleurs absent. On n'y voit ni marbre, ni or, ni pierreries, ni meubles élégants, ni riches tapis : il n'y a que du confort bien entendu et hygiénique. Les constructions sont solides, car M. Tréfort a voulu édifier pour le présent et pour l'avenir. Aussi peut-on affirmer dès ce moment que ces pierres de taille et •ces briques aitront un jour une histoire glorieuse. La vie future de la nation hongroise est tout entière dans ces institutions. Chaque fois que nous pénétrions dans ces nouveaux édifices nous sentions battre notre cœur de reconnaissance pour réminent homme d'État qui dans sa ténacité â la poursuite d'un idéal supérieur a doté son pays de ces superbes demeures de la science. Ce sont la des édifices construits d'après

le bon goût, le bon sens, et un sentiment très profond de l'harmonie ; ce sont des demeures solides où l'on respire bien, où tout est organisé d'une manière rationnelle, où les maîtres et les élèves se trouvent rehaussés à leurs propres yeux par la considération que l'on attribue au savoir. Chaque institution a le matériel scientifique qui lui faut, une bibliothèque qui lui appartient, un petit musée et des laboratoires amplement fournis. Chaque professeur possède en outre, à côté de son laboratoire, sa petite bibliothèque spéciale. De la sorte on ne .perd pas son temps. Aucun luxe d'emploj'és et de gardiens; et l'organisation de l'institution scolaire est telle, que les professeurs eux-mêmes peuvent devenir les gardiens naturels des trésors scientifiques qui leur sont confiés, puisqu'ils passent toutes leurs heures dans leur laboratoire. Dans les autres pays, le professeur est souvent forcé de rentrer chez lui pour travailler : M. Tréfort a voul u mettre le professeur en condition de poursuivre ses études dans l'école même a laquelle il appartient. Partout où nous sommes entré, nous avons trouvé les professeurs satisfaits de leur installation. Et nous avons aussi constaté que non seulement toutes les salles remplissaient parfaitement le but auquel on les avait destinées, mais nous avons entendu certains professeurs témoigner aux fonctionnaires qui nous accompagnaient le désir d'avoir quelque autre salle devenue nécessaire en raison de l'accroissement des élèves qui travallaient dans les labo-

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