‹ La Hongrie politique et socialeChapitre 8 sur 133 · II. — LA HONGRIE ET L'ITALIE · texte numérisé non relu

II. — LA HONGRIE ET L'ITALIE

dialogues intitulés, en l'honneur de sa souveraine: Symposion Beatricis: De pudicitia conjugali.1

Mathias Corvin donna comme précepteur à sou (ils naturelJean, Fabius Ugoletti, celui-là même qui avait été charge par le roi de l'a in; copier à Florence les codes de la Laurenziana. 2

Le bibliothécaire du roi Mathias à Bude était Félix de Raguse, un érudit sous la direction duquel travaillaient trente copistes, miniaturistes et traducteurs. Cette seule administration coûtait au grand roi trente mille florins d'or par an.

L'un des confidents du roi Mathias Corvin était l'humaniste Martius Galeotti de Narni, jadis professeur à Bologne, arrêté et emprisonné par l'inquisition de Venise pour avoir soutenu que la foi n'est point nécessaire au salut de l'âme et que les bonnes

1 Bonfini était aussi l'auteur de cette inscription qu'on lisait dans le palais de Bude, embelli avec l'art italien par le roi Mathias :

Atria cum statuts, ductis ex aère, foresque Corvini referunt Princîpis ingenîum.

Maihiam, partos tôt post ex hoste trîumphos, Virtus, ces, marmor, scripta, perire vêtant.

* Le florentin Naldi surveillait dans la bibliothèque les quatre copistes qui travaillaient pour le roi Mathias. L'un des quatre était ce Philippe Valori, disciple de Marsile Ficino que le roi Mathias désira plus tard avoir à sa cour pour être instruit dans la philosophie platonicienne.

œuvres peuvent suffire. Délivré par la recommandation du pape Sixte IV, Galeotti passa en Hongrie et trouva à Bude l'accueil le plus bienveillant. Il paya l'hospitalité de Corvin par un livre curieux et intéressant, intitulé: De eg régie, sapienter et jocose diclis ac faciis Mathïœ ï régis Hungariœ.

La cour du grand roi était, en grande partie, composée de lettrés italiens, et, au dire de l'un de ses historiens, l'abbé Tuberone de Dalmatie, personne ne quittait le roi Mathias sans emporter avec lui quelque témoignage de sa libéralité. Les Italiens surtout étaient parmi les plus assidus; mais l'abbé Tuberone donne de cette assiduité une raison indigne du grand roi autant que de ses admirateurs. '

Avec toutes ses libéralités, Mathias Corvin devait se trouver et se trouva parfois à court d'argent. Il en eut surtout défaut au moment d'entreprendre ses campagnes contre les Turcs. Se souvenant alors que l'Italie n'était pas seulement belle et docte, mais qu'elle était riche, il s'empressa de donner à son ambassadeur auprès de la république de Venise ces instructions habiles: « Ne parlez pas à' argent, niais ^assistance. Ne concluez rien pour un temps

1 « Neminem ab se manquant dimisit, cui aut ves- « tem pretiosam, aut eqiios plialeratos, aut cœlatum ar- « gentum dono non dederit. Hoc insuper famse bnjus « principis multum conferebat, quod Italis, genti et « lingua promptse et suapte natura adulatrici ac quœstui « deditse, largiri solebat. » Lad. Tubbronis, Comm. I.

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