‹ La Hongrie politique et socialeChapitre 78 sur 133 · VI. — LE PARLEMENT ET L'ELOQUENCE · texte numérisé non relu

VI. — LE PARLEMENT ET L'ELOQUENCE

l'Histoire politique de la révolution de Hongrie, livre éloquent qui est devenu classique. En 1859, il s i pendit en Italie comme secrétaire du comité national hongrois, dont le comte Ladislas Teleki et le général Klapka faisaient partie sons la présidence de Kossuth. Il travailla ensuite pendant quelques années au sein du comité national hongrois établi â Turin et visita la Suisse et l'Angleterre. En 1800, i! rejoignit à Florence l'ancien dictateur qui préparait une expédition en Hongrie de concert avec le Gouvernement italien. Après quelques semaines de séjour dans la capitale provisoire de l'Italie, Irànyi partit pour Berlin, comme représentant de Kossuth, qui cherchait partout, des sympathies à la cause hongroise. Une ibis la paix conclue, il retourna â Paris et y demeura jusqu'à la fin de 1808. Ayant été nommé député â la diète de Hongrie par la ville de Pécs (Fûnf-Kirchen), il put rentrer dans sa patrie, sans signer la dé -laraiion de soumission que le décret d'amnistie exigeait des proscrits. Depuis cette époque il siège dans la Chambre des députés à l'extrême gauche, d'abord comme vice-président, enfin comme président de ce groupe qui compte maintenant à peu prés une cinquantaine de membres. La corruption et quantité d'illégalités aidant, il échoua â Pécs aux élections de 1872, mais fut aussitôt élu à Békés, ville qu'il représente depuis sans interruption. En 1874, une scission s'étant produite dans l'extrême gauche, dont une partie adopta un

autre programme en changeant même de nom, Daniel Irànyi resta fidèle aux anciens principes et à la vieille désignation. Enfin, en 1834, l'extrême gauche s'étant de nouveau ralliée au programme primitif et ayant ajouté au nom de parti de V indépendance celui qu'Irànyi et ses amis avaient fidèlement conservé, c'est-à-dire parti de 48, le leader accepta la présidence qui lui fut offerte à l'unanimité. C'est ainsi qu'aujourd'hui toute l'extrême gauche professe l'unionjpersonnelle avec l'Autriche et les principes libéraux et démocratiques de 1848, sous le nom de parti de l'indépendance et de 48.

Les circonstances étant changées, le nom de démocrate a cessé d'être synonyme de révolutionnaire et de violent, en Hongrie comme ailleurs. Aussi M. Irànyi, M. Helfy et quelques autres membres de l'extrême gauche hongroise avouent-ils de bonne grâce qu'en France ou en Italie ils passeraient, peutêtre, pour des réactionnaires. M. Irànyi nous témoignait sa surprise qu'on lui eut envoyé de Paris une description des funérailles de Jules Wallés, se montrant tant soit peu contrarié de ce que l'on ait pu supposer en France que le chef de l'extrême gauche hongroise pouvait avoir des sympathies pour les socialistes. Et M. Helfy, cet excellent patriote, n'a-t-il pas à la Chambre même et avec sa vivacité habituelle rompu une lance en faveur de l'aristocratie magyare?

M. Irànyi ne partage pourtant pas cette bienveillance; il est beaucoup plus sévère pour les magnats;

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