‹ La Hongrie politique et socialeChapitre 87 sur 133 · VII. — l'aristocratie, etc · texte numérisé non relu

VII. — l'aristocratie, etc

baron Paul Sennyey, judex curiœ regiœ, appelé le baron noir .h cause de ses idées ultra-conservatrices, on pourrait même dire ultramontaines, et aristocrate pur sang aussi bien dans sa mise irréprochable et dans ses alluresaue dans ses principes. Signalons ensuite le baron de Croatie, comte Charles Khuen Hédervary ; Ladislas Szôgyényi-Marich, tavernicorum regalium magister ; le comte Géza Szapâry, ancien gouverneur de Fiume, curiœ regiœ magister; le comte Emmanuel Pèchy, inagister cubiculorwm : le comte Nicolas Bânffy, magister pincernarum, et les deux gardes de la couronne, baron Nicolas Vaï, vice-président, orateur éminent, ancien commissaire de la Transylvanie ! et S. E. Joseph Szlavv d'Okànv.

1 Malgré son âge avancé, le baron Vaï garde encore une partie du feu de sa jeunesse qui fut très brillante. Son maintien est plein de nobless3, son regard doux et pénétrant, son visage mâle et des plus expressifs. On raconte que, jusqu'à sa soixante-deuxième année il savait encore intéresser et cbarmer la beauté. A ce propos, quelqu'un lui demandait un jour comment il avait pu se conserver si bien dans sa vieillesse. « J'ai été sobre, » répondit-il. A l'âge de vingt-quatre ans il était sous préfet de Zemplin et dans ce temps-là Louis — Kossutli était son notaire. En 1848, Kossutb étant gouverneur de la Hongrie nommait à son tour le baron —Vaï commissaire en Transylvanie. Après la révolution.

^le baron fut mis en prison, et, lorsqu'il en sortit, il se retira dans ses terres. Ce fut alors qu'il écrivit son

-livre si remarquable sur les vignes de Tokaï. En 1861, il

Nous aurions maintenant à dresser une liste beaucoup plus longue si nous voulions signaler ici tous les autres membres du Sénat qui, soit par le lustre de leurs familles, soit par leurs mérites personnels, donnaient un considérable prestige à l'ancien Sénat. ! Ce qui manquait cependant à toutes ces forces

fut nommé chancelier de la couronne, charge dont il se démit après quelque temps. Dans la Chambre haute il appuya constamment le parti Deâk, puis, après la fusion des deux partis, le gouvernement de M. Tisza. Le baron Vaï a aussi de très grands mérites aux yeux des protL-stants comme défenseur de l'église réformée. L'un de ses fils, Nicolas Yaï junior s'est acquis, comme sculpteur, une grande renommée.

1 Au nombre des familles les plus illustres qui avaient jusqu'ici leurs représentants au Sénat, on signale, parmi les princes, les Odescalchi et les Batthyâny-Strattinann ; parmi les comtes, les Andràssy, les Apponyi, les Bâni'l'y, les Batthyâny, les Bethlen, les Csâky-Pallavicino, les Degenfeld-Schombourg, les Draskovics, les Erdodï, les Esztsrhâzy, les Fe^fcetich, les ForgÂch, les Gyulaï, les Kârolyi, les Keglevieh, les Kinsky, les Khuen-Hedervâry, les Komis, les Kuun, les Lonyaï, les Nâdasdy, les Nemes, les Nyâry, les Pâlffy, les Pallavicini, les Pejacsevich, les Pongrâcz, les Rhédey, les Serényi, les SomsTch, les Szirmaï7~~les Sztâraï, les Teleki, les Vaï, les Wass, les Wenckheiin, les Zaï, les Zichy ; parmi les barons, les Apor, les Balassa, les Bornemisza. les Jôsika, les Mednyânszky, les Orczy, les Perényi, les Pronaï, les Radâk, les Révaï, les Sennyey, les Szentkereszty, les Vécsey et les Wesselényi. Dans l'ancien Sénat il v avait 13 Batthyâny, 14 comtes Bethlen, 11 comtes Pâlfiy, 22 comtes Eszterhâzy, 14 comtes Festetics, 9 comtes FoVgâch, 8 comtes Kârolyi, 13 comtes et barons

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était l'accord, l'entente, la discipline, l'énergie commune. Il auraii donc fallu avant tout inviter le Sénat à se réorganiser avec ses propres éléments sur une base plus pratique el plus moderne. Il aurait fallu surtout savoir compter sur le dévouement de ces magnats qui, plusieurs fois, avaient déjà renoncé à une partie de leurs privilèges. Il aurait été prudent d'entendre préalablement l'avis non pas des plus riches, mais des plus éclairés parmi les membres de l'ancien Sénat, car les réformes qu'on accomplit soi-même sur soi-même, étani les plus difficiles, sont aussi les plus efficaces. Il n'y a pas de doute qu'en se réformant, le Sénat aurait éliminé, par la loi de

Nyâry, 9 comtes Pallavicini, 12 comtes Pejacsevics, 17com- ' tes et barons Pongrâcz, 16 comtes Szétchenyi, 11 comtes ' Teleki, 15 comtes et barons Vaï, 30 comtes'Zichy, 8 comtes et barons Bânffy, 6 barons Bornemisza, 6 barons Duka, 5 barons Jôsika, 8 barons Kemény, 9 barons Podmaniczky, 7 barons Yécsey, G comtes et barons Wenckkeiin, 5 barons Wesselényi, et il nous semble presqueimpossible qu'an milieu de tous ces clans nobiliares, ne se trouve dans cbaque famille plus qu'un juste digne d'être sauvé du naufrage. Nous connaissons, par exemple, quatre Zichy illustres : le comte Ferdinand, chef du parti conservateur; le comte Auguste, membre de l'Académie des sciences et gouverneur de Fiume ; le comte Eugène, grand promoteur de l'industrie nationale ; le comte Géza, aimable poète et puissant pianiste. De l'ancien Sénat faisaient en outre partie des hommes tels que le comte Jules Andrâssy, les comtes Alexandre et George Apponyi, le comte Aurèle Dessewfy, le comte Denis noky, les deux comtes Kuun Gothard et Géza. lu < ite

la sélection naturelle, les membres devenus indignes ou inutiles et aurait comblé les vides en choisissant dans la noblesse non titrée et dans la bourgeoisie des hommes dignes de monter aux premiers rangs de l'échelle sociale, tels que d'illustres savants, de grands écrivains, des artistes célèbres, des citoyens désignés â leur choix par l'opinion publique. Par le choix des cinquante magnats déjà fait d'après le projet de loi approuvé par les magnats restés au Sénat grâce au privilège de la richesse, M. Tisza a dû se persuader lui-même que le choix des nouveaux membres confié entièrement aux magnats n'aurait été qu'intelligent et juste, et que la réor-

Emmanuel Péchy, le comte Gédéon Radaï, le comte Bêla SzBtchenyi, le comte Emeric Szétchenyi, le comte Antoine Szetchen, le comte Alexandre Teleki, le baron Charles Apor, le baron Emeric Augusz, le baron Léopold Edelsheim Gyulaï, le baron Laurent Eôtvos, le baron Lazare Hellenbacli, le baron Coloman Jôsika, le baron Louis Jôsika, le baron Ladislas Majthényi, le baron Denis Mednyânszky, le baron Eugène Nyâry, le baron Félix Orczy compositeur, le baron Emile Pongrâcz poète, le baron Lévin Rauch, le baron Bêla Radvânszky auteur d'un livre sur les costumes hongrois du moyenâge, le baron Nicolas Vaï junior, le baron Maurice Wodianer de Capriora. Nous sommes maintenant curieux de voir comment seront remplacés dans ce nombre ceux qui seront exclus par la seule considération que le revenu annuel de leurs terres est inférieur à G0,000 francs et qui n'auront pas eu l'avantage d'être choisis paj; leurs collègues restés au Sénat grâce à un revenu plus considérable. . '£,

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ganisation du Sénat faite par le Sénat lui-même ne pouvait être que sage et libérale.

Cette réforme aurait été lu seul remaniement pratique et honorable pour le Sénat. Lorsque nous avons appris que de deux, bancs opposés de la Chambre des députés, deux magnats, le comte Eugène Zichy député de la majorité et le baron Biaise Orbân député de l'extrême gauche se trouvaient à peu près d'accord pour proposer que les familles aristocratiques eussent â choisir elles-mêmes leurs représentants au Sénat, nous avons compris que la Chambre des pairs ne pouvait être constituée que par des pairs. Le député Maurice Jokaï a montré la crainte de voir surgir dans les familles aristocratiques hongroises les anciennes rivalités des Capuleti et des Montecchi si on leur confiait le soin d'élire leurs représentants au Sénat. Nous ne voyons pas ce danger. D'ailleurs nous pensons que le Sénat lui-même, tel qu'il était, aurait dû se constituer en tribunal, élire ses commissaires chargés de réduire d'un tiers ses membres actuels et de les remplacer par d'autres membres choisis dans la gentry, dans l'aristocratie ■de l'intelligence et dans la haute finance. Le jugement prononcé par ce tribunal suprême n'aurait offensé la susceptibilité d'aucune famille, et aurait éliminé les seuls éléments nuisibles. Le projet du Gouvernement a détruit en grande partie l'ancienne Chambre des magnats, pour créer une nouvelle Chambre qui, à la longue, deviendra nécessairement bureau-

cratique. En gardant au Sénat les seuls magnats qui payent 3,000 florins d'impôt, on a donné plus d'importance non pas au mérite ou à la véritable noblesse, mais à l'argent. Tel magnat qui paye 2,000 florins d'impôt sera un excellent législateur et n'aura pas de place au Sénat ; tandis que tel viveur absolument borné et peut-être criblé de dettes, mais payant ses 3,000 florins à l'État aura le privilège de faire partie de la Chambre haute. Une réforme sur wne base pareille nous semblait absurde, et pourtant, grâce à des concessions, cette absurdité vient d'être imposée à la Chambre des députés et subie par le Sénat. Les nouveaux membres nommés par le Gouvernement pour compléter le nombre des sénateurs sont maintenant censés apporter aux magnats les lumières qui leur manquent, et l'intention seule qui doit guider ces nominations est déjà une offense peur les magnats qui font partie de l'assemblée sénatoriale. N'aurait-il pas été plus digne de la noble institution que les magnats, après mûre réflexion et en consultant l'opinion publique, eussent choisi eux-mêmes leurs pairs parmi les capacités reconnues? Les juges de la noblesse ne peuvent être que des nobles ; et le Sénat n'a plus sa raison d'être, devient inutile, est de trop s'il ne se compose pas de nobles. Par ce mot il est bien entendu que nous ne voulons point désigner les personnes titrées, mais les individualités ayant des titres à la noblesse, ce qui est autre chose et quelque chose de plus important.

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