VII. — l'aristocratie, ETC
Au lieu d'une réforme organique de l'ancienne Chambre des magnais on a voulu créer un nouveau Sénat, <'ii conservant une seule partie, la moitié environ des anciens éléments, mais non pas les meilleurs, â côté desquels on a placé des éléments étérogènes. L'ensemble pourrait bien faire l'effet du monstre d'Horace et montrer quelque chose d'analogue à une belle tête de femme avec mie queue de on. Il y aura encore un restant de la vieille aristocratie, mais la partie remuante du futur Sénat sera nécessairement composée d'éléments nouveaux. Très probablement, une partie des magnats qui ont conservé leur siège au Sénat, non pas â cause de leur grande noblesse ou de leurs grands mérites, mais grâce â leur fortune et à l'impôt qu'ils doivent payer â l'Etat, s'abstiendront d'intervenir aux futures réunions par la raison même qui leur a valu de conserver leur place. On peut donc affirmer que le Gouvernement n'a pas réformé l'ancienne Chambre des magnats, mais qu'il l'a seulement diminu le. N'y avait-il rien de plus utile et de plus pressant â accomplir en Hongrie? Était-ce là le meilleur moyen d'encourager les magnats â entrer dans une voie plus libérale? N'était-ce pas revenir, de quelque façon, â la politique violente, arbitraire, révolutionnaire de 1848? Nous n'ignorons point que M. Tisza, par des promesses adroites, par une infinité de compromis a su induire la majorité des magnats à accepter un projet •de loi qui devait anéantir tout leur prestige aux
yeux du public. Ceci prouverait malheureusement qu'il y a aussi quelque chose de pourri en Hongrie, comme jadis en Danemark. Mais la minorité des magnats qui n'a pas consenti à cette diminutio capitis a protesté énergiquement, et cette protestation pèsera dans l'histoire au moins autant que la dialectique de M. Tisza qui a gagné sa bataille en sacrifiant en partie l'honneur de son pays. L'illustre ministre-président aura maintenant deux bureaux et deux suffrages â ses ordres au lieu d'un seul; mais de même qu'il ne pourra jamais dire que la démocratie vote en sa faveur à la Chambre des députés, il ne pourra pas se vanter non plus d'obtenir le suffrage de l'aristocratie au Sénat; dans l'une comme dans l'autre Chambre, la majorité sera maintenant constituée par un élément essentiellement bourgeois et bureaucratique. M. Tisza gagnera d'avance toutes ses causes et n'aura plus à s'embarrasser pour tâcher de parer les coups de l'opposition, et, en tout cas, il ne s'en inquiétera pas. Car l'opposition pourra continuer à combattre contre les moulins à vent tant qu'elle veut; les moulins â vent continueront . â moudre tranquillement leur blé, sans se soucier des chevaliers qui errent dans la plaine.
Les publicistes qui servent la cause du (loverncment ont d'ailleurs soin de faire l'histoire de l'aristocratie hongroise âleur guise et in usum Delplùnû Au lieu de convenir loyalement que la noblesse magyare est d'origine très ancienne et qu'elle date pour