‹ La Hongrie politique et socialeChapitre 93 sur 133 · VII. — l'aristocratie, ETC · texte numérisé non relu

VII. — l'aristocratie, ETC

nous nous féliciterions d'apprendre qu'un jour où l'autre chez les Andrâssy, chez les Szapâry, chez les Zichy, chez les Karolyi, ou chez quelque autre grande famille magyare s'est organisé le premier salon hongrois.

On dit que les nobles transylvains sont plus aimables que. les nobles hongrois. Cela est possible ; mais, pour le moment, ils ne sont aimables qu'entre eux. Puisqu'ils ont cet avantage sur les Hongrois, qu'ils en profitent pour faire le premier pas vers une conciliation dont on bénéficierait également des deux côtés. La gentry pourrait servir admirablement de lien entre l'aristocratie et la bourgeoisie. La gentry est nombreuse et a certaines fiertés qui la mettent presque au-dessus de l'aristocratie. Celle-ci existe par une espèce de compromis féodal qui implique un certain degré de servilité. L'ancien noble qui, de tout temps a été le maître sur sa terre et participait jusqu'à un certain point de la royauté, ne devait soumission à personne. Autrefois il créait et déposait ses rois qu'il ne recevait ni d'en haut ni du dehors. Les conditions sociales étant changées, la gentry dans notre siècle s'est souvent mêlée avec la bourgeoisie et ce mélange ne lui a été que profitable. En même temps nous pensons qu'il ne lui serait pas inutile de conserver des rapports avec l'aristocratie, et cela même pour ne pas se laisser aller, avec ses habitudes campagnardes, à un sans-gêne excessif. La gentry

a été dans le passé la base de l'aristocratie et elle sera dans l'avenir son appui le plus sûr. Mais, puisqu'on lui reconnaît cette mission, elle doit d'autant moins faire fi de ses traditions nobiliaires. Ses parchemins sont un bien dont elle doit être jalouse et qu'elle doit faire respecter.

En Hongrie, les gens titrés, c'est-â-dire les magnats, ont peut-être exagéré le respect qu'on devait à leur dignité ; mais cette haute opinion de leur grade social a bien des fois contribué aies préserver des actions basses ou simplement indélicates. Le mot noblesse oblige n'a pas été inventé pour un seul peuple ni pour une seule génération; il convient également à toutes les aristocraties. Si quelques magnats hongrois ont négligé d'obéir au précepte, le plus grand nombre d'entre eux a préféré mourir plutôt que de souiller leur blason. Mais il est nécessaire que les nobles magyars, comme d'ailleurs l'aristocratie de tous les pays, se persuadent que les devoirs de la noblesse, tout en restant les mêmes par rapport à l'honneur de chacun d'eux, ont changé en ce qui concerne leurs relations avec le reste de la société. Celle-ci n'a plus besoin maintenant d'être protégée autant que dans le passé ; elle se protège et se défend elle-même, et les lois lui offrent des garanties sûres. Le noble n'a donc plus â jouer le rôle de patron ; mais il lui convient encore d'être un inspirateur. C'est affaire â lui de penser plus dignement et île sentir plus fièrement que les autres. S'il ne sera plus le maître

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