VII. — l'aristocratie, etc
premières dignités de l'Église, la carrière ecclésiastique semble offrir moins d'attrait à la noblesse magyare. D'un autre côté, avoir un grade aux honveds
n'est pas la mémo chose que faire sa carrière dans une armée régulière. Le système de la défense nationale organisé par la constitution des honveds est un fait trop moderne pour qu'il puisse être du goût des représentants de l'ancienne noblesse. Voilà donc la plus grande partie de l'aristocratie réduite à vaquer aux soins du propriétaire terrien. Mais ici encore le défaut d'instruction produit son effet et se fait sentir.
ka science agraire est une nouveauté que certains aristocrates magyars dédaignent. Aussi, ne faisant rien pour l'amélioration des terres, n'ayant pas adopté les nouveaux et plus rationnels systèmes de culture, ils sont contraints de constater que leurs terres surchargées d'impôts et d'hypothèques, rapportent de moins en moins. Au lieu de réagir et de chercher des remèdes à la débâcle, incapables de soutenir la concurrence du bourgeois qui s'avance sur leurs terres et les rogne de tout côté, ils laissant les choses aller à la dérive.
Les industries agricoles et le commerce n'étaient point nécessaires dans un temps où les revenus du seigneur ne devaient être partagés ni avec l'État ni avec les travailleurs et se trouvaient être toujours plus que suffisants ; mais maintenant que la vie est devenue beaucoup plus compliquée, maintenant que le luxe a augmenté, que la main d'œuvre doit être
convenablement rétribuée, que l'État réclame des propriétaires une large contribution, les seuls propriétaires qui se sauvent sont ceux qui, pénétrés des nécessités de la vie moderne et ayant conscience du danger, s'empressent de défendre et d'améliorer leur position menacée par un travail actif et intelligent. Les digues ne suffisent pas pour arrêter les inondations ; il faut aussi creuser des canaux. Si l'aristocratie ne faisait pas fi du combat, elle aurait tous les avantages pour vaincre. Son désintéressement a son beau côté ; cette insouciance peut trouver grâce à nos yeux au point de vue poétique et dramatique ; mais comme il nous semble impossible que l'aristocratie ne tienne pas â sa propre conservation, nous croyons le moment venu de jeter le cri d'alarme, car il y a péril en la demeure.
La fortune de nombre de magnats hongrois est maintenant plus qu'entamée, elle est menacée. L'industrie seule peut empêcher un désastre. Mais, pour éviter de se lancer dans les entreprises dangereuses, il faut que l'aristocratie entre â son tour dans la vie pratique et en apprenne les secrets. Le dilettantisme dans la spéculation est toujours ruineux. Le noble magyar agit en sage lorsqu'il se cramponne à sa terre, et qu'il répète pour son compte le proverbe hongrois : « Celui qui reste assis sur la terre ne tombe pas. » ' Mais, s'il ne tombe pas, il
1 À Ici a fôldôn ni, nem esik le.