‹ La Hongrie politique et socialeChapitre 96 sur 133 · VII. — l'aristocratie, ETC · texte numérisé non relu

VII. — l'aristocratie, ETC

peut cependant mourir de faim au milieu de ses sacs de blé qu'il ne sait pas vendre. Les magnats n'ont plus à brandir leur vieille épée pour défendre leur sol dont la possession leur est maintenant garantie par cet État même qui les charge d'impôts. Le sol est encore leur plus grande force et, en quelque sorte, leur privilège indestructible. Mais il faut qu'ils tirent de cette minière inépuisable tout ce qu'elle peut donner. La considération dont ils pourront jouir et leur influence dans la société seront proportionnelles à la production de cette partie de richesse nationale que le sort et les mérites de leurs ancêtres leur ont confiée.

La question sémitique.

Le nombre des Israélites qui se trouvent actuellement en Hongrie serait, d'après les uns de 600,000 et d'après les autres de 800,000. Il y a même des écrivains qui affirment que ce nombre dépasse un -£/ c *^*~ million. Ces différences sont faites pour étonner. Il semblerait â première vue que la statistique devrait donner un seul chiffre réel et le prendre comme base de ses calculs. Mais dans le cas présent la statistique n'est pas en faute, car il est difficile et même impossible de déterminer avec précision ce oju e sjL4uif, ce qui aétéjuif et ne l'est plus, ce qui est encore demi-juif, et ce qui n'est que demichrétien. Il y a des familles Israélites christianisées; il y en a d'autres où le père est juif et le fils est chrétien. Il y a en outre un certain nombre de Juifs déguisés et magyarisés — les meilleurs peut-être, — qui cachent avec soin leur origine. La statistique

peut donc se tromper souvent dans le dénombrement exact des Juifs comme dans celui des Magyars.

Quoi qu'il en soit, il n'y a pas de pays en Europe où les Juifs se trouvent, proportionnellement aux Chrétiens, en aussi grand nombre comme en Hongrie. Même en admettant le chiffre inférieur, les Israélites se trouveraient toujours dans la proportion de 1 à 8. Dans la ville de Budapest, cette proportion s'accentue d'une manière inquiétante pour la société magyare, attendu que dans la capitale de la Hongrie il y a, dit-on, un Juif pour trois Chrétiens. La chose est d'autant plus grave que la statistique nous apprend aussi comme quoi la mortalité est moindre parmi les Israélites que parmi les Chrétiens. En effet, les statistiques des années 1880-81 ' nous donnent les chiffres suivants sur la mortalité des enfants d'un âge inférieur à cinq ans :

Morts

Sur 24,000 enfants catholiques . . . 4,597

» 1,800 » luthériens ... 279

» 1,818 » calvinistes ... 300

» 7,937 » israélites .... 587

D'après ces chiffres, il serait prouvé que chez les Catholiques les enfants meurent à peu près dans la proportion de 2 sur 10 et chez les Israélites dans celle de 1 sur 10. Un autre tableau nous montre

1 Kôrôsi, Die Sterblichkeit der Stadt Budapest in den JaJiren 1876-1881. Berlin, 1885.

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