‹ La Hongrie politique et socialeChapitre 98 sur 133 · VIII. — LA g! KKTIn\ SEMITIQUE. 2G · texte numérisé non relu

VIII. — LA g! KKTIn\ SEMITIQUE. 2G

se tirait le mieux d'affaire, après avoir levé et agité les trois premiers doigts de la main droite d'une façon particulière pour avertir le maître qu'on était prêi à répondre. Chez les élèves des autres confessions nous avons toujours observe pins de timidité et de réserve. Peut-être aussi ces derniers étaient-ils moins bien préparés. Le Juif ne fréquente certes pas l'école parce que la mode ou la convenance l'exige, mais parce qu'il y trouve son iiii'Vèi. il le sait dès l'enfance; aussi aux écoles publiques étudiet-il généralement avec plus.d'ardeur et plus d'obstination que ses camarades chrétiens. Qu'on prenne donc garde.

Si l'on ne veut pas que les Juifs deviennent une majorité gênante dans la société de Budapest, il faut trouver le moyen d'empêcher qu'ils soient la majorité dans les écoles. Le grand, le véritable danger pour les Chrétiens est là; mais le remède est proche et facile à suivre. Il ne s'agit naturellement pas d'interdire l'école publique aux Juifs, mais d'envoyer aux écoles un plus grand nombre d'enfants chrétiens et de les encourager a vaincre dans cette noble gageure les enfants d'Israël. Ce que nous avons remarqué dans les écoles de Budapest, nous a porte à faire plus d'une réflexion. Nous pensions avec tristesse combien était vide de sens la campagne que les antisémites combattaient à la Chambre des députés et à la Chambre haute pour exclure le grand rabbin du nouveau Sénat, lorsqu'un danger bien

plus grave menaçait dans la capitale même de la Hongrie la constitution de la société magyare, et lorsque M. Tisza se moquait souverainement des uns et des autres en faisant comprendre que, ne pouvant faire entrer les Juifs au Sénat par l'ancienne porte du privilège, il allait les faire passer par la fenêtre ou par le trou de la nomination ministérielle. Dans le premier semestre de l'année 187 1-75, à l'Université de Budapest, sur 2,466 étudiants, on comptait 1,331 catholiques romains, 55 catholiques grecs, 88 grecs orientaux, 326 calvinistes, 196 luthériens, 4 unitariens, 523 israélites. Les Israélites représentaient donc, il y a dix ans de cela, à peu près la cinquième partie des étudiants qui fréquentent l'université de la métropole hongroise. Dans le premier semestre de l'année scolaire 1882-83, à la même université, sur 3,272 étudiants, on comptait 1,370 catholiques romains, 70 catholiques grecs, 105 grecs orientaux, 426 calvinistes, 348 luthériens, 12 unitariens, 937 israélites ! Dans le premier semestre de l'année 1883-81, on comptait 3,363 étudiants, et dans ce nombre 1,312 catholiques romains, 71 catholiques grecs, 94 grecs orientaux, 480 calvinistes, 339 luthériens, 7 unitariens, 1,066 israélites. Cette progression de chiffres pour les derniers est éloquente. Elle nous prouve que près d'un tiers des étudiants de l'Université de Budapest est représenté par les Israélites et que, cette proportion augmentant toujours, il y a toutes le^ probabilités de voir

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