II. Dans toute l'étendue du royaume, les nobles ne relè
(1) Aujourd'hui il n'y a plus de noblesse hongroise. Les titres seuls subsistent. Tous les privilèges sont anéantis. Mais il reste une nation» et « la nation entière est une aristoci'atie de vaillance et de dignité. Il y a la cinq millions de chevaliers. Et pas un paysan ne s'estime moins que le premier palatin du royaume. » Ces paroles de M. J. Micbelet, la Réforme, pag. 48i, répondent victorieusement à ces journalistes ignorants, qui n'ont rien su dire en faveur de la Hongrie en 1848-49 , et qui , par leur incompréhensible dédain , ont fait les affairesde la contre-révolution européenne, en voulant se montrer plus démocrates que le peuple.
(2) Volumus etiam, quod nec nos, nec posteri nostri, aliquo tempore servicntes capiant, vel destruant, favore alicujus potentis, nisi primo citati fuerint, et ordine judiciario convicti. [Art, ii BuUœ Aurea;,] Conf. Décret. 1723, art. v.
Tent que du roi légalement inauguré. Ils ne sont jugés que par leurs juges ordinaires. A rintérieur, ils ne sont point passibles des conseils de guerre (1).
III. Nul ne sera troublé dans la jouissance de ses possessions légitimes (2).
IV. Le gentilhomme qui n'a point d'enfant mâle laisse le quart de son bien à sa fille , mais à sa guise dispose du reste. S'il n'a pas pu faire de testament, ses plus proches parents héritent. S'il ne possède ni descendants, ni ascendants, ni collatéraux, son bien revient naturellement à la couronne (3).
Y. Les nobles ne sont obUgés à aucun impôt. Le souverain lui-même, s'il n'a été invité par eux, ne doit pas se faire leur hôte, descendre dans leurs châteaux et maisons de campagne (4).
YI. Si le souverain viole les constitutions nationales et les prérogatives et libertés des Ordres, les nobles se trouvent déUés de la fidéUté qu'ils lui ont jurée : ils sont autorisés à le contredire et même à lui résister (5).
(1) Et post reYersionem (intra fines regni) jadiciam exercitus non recipiat. [Art. Tii, 9 I, Bullœ Aureœ.]
(2) Possessionibus etiam, quas quis jasto servitio obtinuerît, aliquo tempore non privelur. [Art. xvii Buliœ Aureœ,] — Confirm. S. Stepbani Décret, L. II» cap. V, VI, XXIV, XXXV ; Colomanni Décret. L. I, cap. xx, xxi. Ces derniers articles, qui restreignaient beaucoup le droit de succession des nobles et augmentaient celui du prince, se trouvent abolis par la Bulle d'or,
(3) Si quis scrviens sine filio decesserit, quartam partem possessionis filia obtineat : de residuo , sicut ipse voluerit, disponat. — § i. Et, si morte pneventus disponere non poterit, propinqui sui, qui eum magis contingunt, obtineant. — Su. Et si nuUam penitus gencrationem habuerit, rex obtinebit. [Art. IV Bullœ Aureœ.] — Tripartitum, P. I, tit. v, xvii, Lvn,Lxxxviii, etc.
(4) Item nullam collectam.... coUigi faciemus supra praedia servientinm* — Si. Nec in domos, nec villas descendemns, nisi vocati.... [Art. m Bullœ Aureœ.] Conf. Décret. 1723, art. vi.
(5) .... Quod si vero nos, vel aliquis decessorum nostrorum aliqao nnquam tempore huic dispositioni NosTRiE contrarie voldbrit, utERAiiHABBANT harum auctoritate, sine nota alicujus infidelitatis, tam episcopi quam alii jobagiones,acnobiles regni nostri universi et singuli,prœsentesetfuturi,po8terique9
RESISTCSDI ET COMTRADICBXDI ROBIS ET NOSTRIS SDCC ESSOR! BOS , IM PBRPBTUUH
FACOLTATEH..... [Art. xxxï Bullœ Aureœ.] — La Bulle cTorj et même cet
«I LA GOlfSTITUTION
Telles étaient les prérogatives cardinales dont jouissaient autrefois les nobles de Hongrie. En échange de ces droite, ils ne devaient qu^une seule chose, — * grand et saint devoir 1 — défendre la patrie* Ainsi que les soldate du duc étaient devenus nobles, par cela même qu^ils avaient conquis ; par cela même aussi qu'ils jouissaient de la conquête, les nobles du roi restaient toujours soldate.
Jusqu'aux derniers siècles, il n'y eut point de véritable armée permanente et soldée. Le premier essai, — un trait de génie, — en fut fait par Mathias Corvin ; mais ses escadrons de hussards et de grosse cavalerie, ses bataillons d'infanterie légère et de piétons armés de toutes pièces, avec son immortelle « légion noire, » se dispersèrent aussitôt après sa mort trop rapide, et l'on en revint à l'ancien système. La maison d'Autriche put seule définitivement créer des armées modernes sur le Danube; mais elle le fit, non point par esprit de progrès, bien au contraire, parce qu'elle avait peur de la milice féodale et qu'elle avait be*soin de prétoriens*