BB JEAN DE HU5TÀD, GOUVERNEUR
qui aVait vendu ses coreligionnaires, égorgé des vaincus, et qiii) lui-même, le représentant du peuple hongrois, l'avait osé charger de chaînes et offrir aux Turcs. 11 rassembla donc ijuelques troupes, et après avoir confisqué les biehâ dU Despote en Hongrie, se rua sur ses possessions serbes et les ravagea juscju'à ce que son fils Ladislas lui eût été rendu (1).
Certains barons et magnats, amis de Brankovich, s'interposèrent entre hii et Hunyadi. Ils parvinrent à apaiser la légitime colère du (iouxerUeur et préparèrent le rétablissement de la concorde.
Elle s'effectua à ces conditions :
Jean retirerait ses troupes, Georges recouvrerait ses biens; Hunyadi choisirait pour fiancée de son jeune fik Mathias la fille d'Ulric de Cilley, gendre du Despote, et, selon l'usage de l'époque, en attendant les noces promises, l'amènerait et ['élèverait en sa propre maison (2).
Cette paix, qui semblait à la fois ralUer Hunyadi à Brankovich et à Cilley, ne produisit qu'un résultat immédiat, plus apparent que réel. Le comte débauché et le prince félon ne dissimulèrent pas longtemps leur haine contre Hunyadi, le héros probe. Bientôt elle éclatera, basse, implacable, pour aboutir à une vengeance sanglante, à un assassinat juridique et clandestin.
(l) Thuroczi, P. IV, cap. xlvii. — Ranzani EpHome, ind. xxiii.
(:2) Lisez un diplôme du 7 août 1451, eu vertu duquel Ladislas de Gara. Palatin du royaume de Hongrie et juge des Cumans, notifie que le despote Georges a fiancé sa pctite-lillc à Mathias, deuxième ûls de Jean de HuoyaJ (Teleki, l. X, p. 233, dipl. c\\).
(3) Johann, de Zrenda, Epist, Hunyad, xxxix. — Pray, m, p. 75.