IX
Cependant en 1554 un nouveau schisme fait son entrée en Hongrie. Martin Kalmântzy, Fodor, Perek et Louis de Szeged prêchent le dogme de Calvin, font de nombreux prosélytes, et, maîtres de la Transylvanie, en chassent l'évêque catholique, Paul Bornemisza.
Tout d'abord les calvinistes cherchent à s'entendre avec les luthériens. Us les convoquent à plusieurs conférences pubUques, où l'on discute avec une extrême vivacité, sans pouvoir aboutir à rien.
Alors les réformés helvétiques convoquent un synode particuUer à Enyed, en 1564, et s'organisent en une Eghse spéciale. Un grand nombre de Hongrois, encore catholiques ou déjà luthériens, se font calvinistes, et bientôt le luthérianisme n'est plus pratiqué que par la minorité des Magyare. Les Saxons transylvains, les Slovaques et les colons germains de la Hongrie restent fidèles à la confession d'Augsbourg. La reUgion franco-suisse du docteur de Noyon s'assimile de plus en plus à la nationahté magyare pure, et ne tarde pas à prendre le nom de reUgion hongroise : « Magyar hit (1). »
Si la Réformation obtint tant de succès en Hongrie, on peut affirmer qu'elle le dut beaucoup plus à la poUtique qu'à la religion. La haine de l'alisorption germanique, que tentait déjà la maison hiibsbourgeoise, nouvellement maltresse de la couronne de saint Etienne, poussa les Magyars à faire opposition à leurs souverains en abjurant le culte calhoUque, que ceux-ci professaient et défendaient.
(1) BeÎDsy, Fragmenta ad hist. Eccies, Hungaricœ, FasUii.
Dès qu'apparut le calvinisme , qui venait de France et de Suisse, ils s'en emparèrent de préférence au luthérianisme, qui venait d'Allemagne. C'était affirmer encore qu'ils ne voulaient à aucun prix être germanisés (1).
Les empereurs, quoique habiles, ne s'aperçurent évidemment pas dès l'abord de l'immense portée du mouvement. En effet, ils luttèrent contre lui avec tant de mollesse et d'incertitude qu'il semblerait qu'ils ne cherchèrent point à l'empêcher de se produire. Peut-être leur dupUcité ne voulait-elle que gagner du temps. Pouvaient-ils savoir par avance, s'ils ne rencontreraient point parmi les protestants des patriotes moins hardis et plus aisés à tromper que parmi les cathoUques? Pourtant, s'il se dispensa de dresser la potence et d'allumer le bûcher, comme l'ordonnaient les lois féroces du moyen âge, Ferdinand introduisit en Hongrie un remède antischismatique bien autrement puissant que le feu lui-même : la Société de Jésus. Mais MaximiUen, qui ne possédait qu'mie piété fragile, ne protégea guère les nouveaux apôtres, et ne se mêla qu'incidemment de la persécution des protestants.
Grâce à cette hésitation, à cette nonchalance du pouvoir impérial, la Hongrie avait pu se débarrasser de la théocratie romaine et de l'intolérance des âges précédents. Certes, l'honneur d'affirmer et de proclamer que les croyances sont libres ne devait pas échoir à un parent de Charles-Quint. Cet honneur appartient en propre aux Ordres réunis des trois nations transylvaines : magyare, sicule et saxonne.
L'année même de la mort de Luther, avant la convention de Passau et la paix d'Augsbourg, un quart de siècle avant la Saint-Barthélémy, cinquante-trois ans avant l'édit de Nantes, près d'un siècle avant la guerre de Trente Ans, le
(1) Ce fait a déjà été remarqué par M. Emile Marguerin, dans rezcellent article qu'il publia le 15 novembre 1848, dans la Liberté de penser, alors que la France entière se trompait sur la Hongrie et sur le sens de sa révolutiOD.
25 avril 1 545, la diète de Torda permettait les religions établies et décrétait Tégalité de tous ceiu qui jouissaient des droits politiques y qu^ils fussent protestants, sociniens ou catholiques (1). Quand les Transylvains se choisirent pour vaJYode Etienne Bàthori de Somlyô, en 1571, ils lui imposèrent comme condition de jurer le libre exercice des religions luthérienne, calviniste, catholique et unitaire. Six ans plus tard ils parachevèrent leiu* œuvre en proscrivant les jésuites, ces t)dieux ennemis de toute liberté.
Jusqu'ici, nous Favouerons sans peine, le protestantisme s'est assez paisiblement répandu en Hongrie. Il y a bien eu des persécutions particuUères. Elles ont été sans nul doute violentes çà et là, et cruelles. Mais, pour les encourager et les soutenir, il ne s'est produit aucune proscription pubUque, sauf les premières sanctions des diètes, tombées au reste en désuétude dès l'origine.
Cependant Rodolphe II a ceint la couronne impériale.Enfermé dans son château de Prague, il ne s'occupe que d'astrologie et d'alchimie. L'orthodoxie lui passe ces pratiques maudites pourvu que de temps en temps il se laisse approcher par ses plus vaiÛants soutenem^, les jésuites. Ceux-ci donc le circonvenant, Rodolphe suit leurs pieux avis toutes les fois qu'il daigne se reposer de ses travaux en s'occupant un peu de ses Etats. C'est ainsi qu'en 1604, aux vingt et un articles du décret de la diète hongroise il ajoute de son propre chef un vingt-deuxième titre, en vertu duquel il promet l'exécution de tout ce que contient la loi, « en tant qu'aucune de ses prescriptions ne pourra tourner au préjudice de l'Eglise cathohque; (2) » et, par cela même, il renouvelle toutes les constitutions des saints rois, ses prédécesseurs, contre les hérétiques. C'était, ce semble, un singuher
(1) VoycE l'introdocUon da très-remtrqoabU litre de M. le général CseU : BêfnTs fwidxug, Htmborg IKK), p. 1-45.
(2) Rttdolphi Décret, xv, arU xur.
abus d'autorité. Ne serait-ce donc point une falsification d'acte public? Et qu'importe ! les disciples de Loyola et les Habsbourgs en ont commis bien d'autres !
Les réformés hongrois considérèrent l'addition despotique de Rodolphe comme une déclaration de guerre. lisse préparèrent à la défense. Ceux du nord commencèrent par refuser l'impôt au fisc royal. Les impériaux, pour les contraindre à payer, mirent en ayant la force pubUque. Cela ne fit que surexciter le mécontentement. Les nobles prirent les armes, et bientôt ils einrent un chef, Botskai. Nous u'a\ons point à raconter cette révolution, qui ne put être vaincue que par de fallacieux serments. Disons seulement que, pour la première fois dans la Hongrie proprement dite, la diète des révoltés, réimie àSzérents, — 1605, — proclama le libre exercice des cultes nationaux, luthérien et calviniste, « les intérêts du clergé cathohque étant sauvegardés. »
La Pacification de Vienne , qui termina la guerre botskaienne le 23 juin 1606, ne fit que consacrer ce principe (1). Le Décret de Tolérance dut être renouvelé par Mathias II avant son couronnement, — 1608, — et les Ordres obUgèrent même le nouveau roi, non-inaugiœé, à admettre que désormais le Palatin serait choisi sur quatre candidats impériaux, dont deux professeraient le catholicisme, et deux le protestantisme, soit la confession d'Augsbourg, soit le rite genevois (2).
En 1618, à l'inauguration de Ferdinand, la sixième des dix-sept conditions que les Ordres lui font jurer, permet à tous, magnats, nobles, « bourgeois, soldats et paysans, » le libre exercice de la reUgion qu'ils ont choisie (3).
(1) In Codicejurishung,, PscificatioVienuensis.
(2j Mathiae Décret, onte coroncdionem, art. i et m.
(3) Ferdinandi Décret, 1622. Les xvii conditions à l'art. II.
Au commeucemeut du dix-septième siècle, les protestants formaient la majorité en Hongrie. Ils composaient presque les deux tiers de la nation. Ne vous étonnez donc point de ce qu'ils purent arracher aux empereurs. Mais là s'arrête leur triomphe, au moment même où il semblait assuré pour jamais.
Le catholicisme, remis de sa première défaite, ose considérer le péril en face et lutter contre lui. Il emploie toutes les armes, les bonnes et les mauvaises.
D'abord, il se réforme lui-même. Il impose l'opulence de ses évéques pour augmenter le bien-être, accroître la puissance d'action de ses curés. Ceux-ci s'étaient autrefois rendus méprisables et odieux par leur ignorance et par leurs vices : il les choisira désormais avec des précautions infinies, car il les veut probes, au moins en apparence; il les veut surtout instruits, de taille à se mesurer avec l'ennemi, et dévoués jusqu'au fanatisme (1).
Le catliolicisme a deux puissants auxiliaires : la société de Jésus et la cour de Vienne. A la société, il ouvre des écoles et des sémmaires dotés par l'épiscopat; il lui confie la prédication dans les paroisses, l'organisation des fêtes, des processions, des confréries et des missions; il l'installe soUdement au cœur du pays, par l'argent et par l'idée, en corps et en àme ; il la charge non-seulement de persuader et de tromper les fidèles à l'église, mais aussi de pénétrer jusque par delà le seuil sacré de la famille, pour y semer la foi, la piété et la discorde. Quant à la cour, il sait bien comment se l'attacher, comment être sûr
(1) Voy. les nombreux synodes réunis à Tyrnau dans la première moitié du dix-septième siècle, dans Péterfi, Conciiia Hungar., t. H, à partir des pages 192, â04.
de son appui moral, matériel, au besoin. Pour elle, il écoute et voit. Pour elle encore, il divise, il détourne IJopinion qui se remue; il enseigne le droit di\jn, — le fétichisme de la monarchie ; — il tonne à plaisir contre la liberté, — la révolte maudite. Jusqu^où n'ira-t-il point pour sauver son Dieu, son influence, que l'impiété ruine?
« FaCIÂM HuNGAAIAM CÀPTIVAM, POSTEA MEMDICAM, DEOfDE CÀTHOLIGAM. »
a Je ferai la Hongrie esclave, je la ferai mendiante, et ensuite je la ferai catholique. »
Yoilà ce que disait, à ses heures de franchise, d'oubli plutôt, le grand chanceher du royaume, le cardinal primat Colonitz (1).
Et ce n'est pas tout encore. Le catholicisme, déjà jésuite, déjà autrichien, pour accélérer la conquête des âmes, doit aussi se faire magyar ou feindre de l'être. Scrutez les (( moyens » du fameux archevêque d'Esztergom, Pàzmén, le plus ardent apôtre du papisme, dans la Hongrie, du dix-septième siècle. Ils valent les illustres « moyens » du duc de Yalentinois. Ils sont plus forts.
Pazman a été élevé protestant; il sait donc ce que l'on pense dans le protestantisme, il connaît le fort et le faible des sectateurs de Luther et de Calvin. Parjure aux croyances de sa famille, plus qu'aucun cathoUque de race, il est acharné dans sa haine, fougueux dans sa propagande. Il s'est acquis une érudition colossale; il a reçu de la nature une éloquence entraînante. En quelle langue prêchera-tril? Eu latin? Trop peu le comprendraient. En allemand? Les empereurs veulent imposer l'idiome germanique à la nation hongroise. Il prêchera en magyar! Ohl non, il ne mentait point lorsque, près de la tombe, il se glorifiait d'avoir ramené quarante miUe hérétiques dans le giron de
(1) Histoire des révolutions de Hongrie, U I« p* 424.
M LES ROffGROIS
l'orthodoxie. Prêcher aux Magyars en leurlangue, n^étaitce point alors faire acte d'opposition? N'était-ce point parler au peuple de cette chère patrie, que les souverains allemands prétendaient anéantir?
Tant de pieuses machinations devaient produire des résultats immenses. Elles ne furent pas vaines, en effet, car le protestantisme perdit de nombreux adhérents et surtout parmi les magnats. Néanmoins, il demeura toujours asseï puissant parmi la petite noblesse et le peuple pour sauver la liberté religieuse, menacée par le fanatisme ecclésiastique.
En 1 620, à Beszterczebànya, où les patriotes révoltés tiennent une diète et proclament roi des Hongrois leur chef, Gabriel de Bethlen, on décrète de nouveau l'égalité des droits politiques et sociaux des catholiques, des luthériens et des calvinistes; on aboht les bénéfices et l'on assigne des pensions aux évéques, dont le nombre est réduit à quatre; on chasse les jésuites et l'on proscrit PÂzmin, comme trattre à k patrie. La paix de Nicolsbourg— 1622, — celles devienne — 1624 — et dePosony — 1627, — qui terminent les trois prises d'armes bethléniennes, confirment la Pacification de Vienne, et le Décret de Tolérance de 1608. A la diète de Soprony, convoquée pour l'approbation du premier de ces traités— 1622, — un luthérien, Stanislas Thurzo, avait été élu Palatin par les Etats (1). Donc le protestantisme est encore victorieux.
Ce même Bethlen, l'un des plus heureux défenseurs de la nationalité magyare, a donné le vi*ai sens de la noble cause pour laquelle il tira l'épée. Sentant approcher le moment de mourir, il rassembla autour de lui les plus puissants des Transylvains ; et, avec force, avec insistance, il leur reconunanda, avant toutes choses, de respecter in-
(1) Ferdinandi H Décret, 4623.
violablement les croyances des citoyens et de n'aAnettre entre eux aucune inégalité pour cause de religion. Et, bien plus» quelques années auparavant, il avait mani-* festé son extrême justice même envers les jésuites. Lui, qui d'abord les avait violemment cbassés, il les rappela et leur permit de fonder trois collèges en Transylvanie (1).
Bel exemple donné aux catholiques, et que ceux-ci, par malheur, ne surent point comprendre et admirer! Bientôt, en effet, les spoliations et les vengeances recommencèrent contre les protestants, plus vives et plus générales, et avec elles les guerres intérieures et les désastres.
Hàtons-nous de dire que le catholicisme lui-même, ne put pas longtemps demeurer intolérant et tyrannique. Dans les diètes, les nobles cathoUques défendirent résolument les décrets libéraux précédemment rendus. Toutes les révoltes nationales, celles de Georges !•* Ràkôtzi et de Tôkoli, par exemple, et spécialement la dernière, la plus célèbre, la glorieuse révolution de François II Râkôtzi, inscrivirent sur leurs drapeaux la liberté de conscience et contraignirent l'Autriche à la subir.
A ce propos, n'oubUons point de remarquer combien, en Hongrie, le libéralisme reUgieux a été favorable au libéralisme poUtique. Ceci est incontestable : si les croyances de chacim n'eussent point été sans cesse attaquées, il eût été beaucoup plus difficile de grouper des masses compactes sous l'étendard national, la résistance aux empiétements impériaux eût été incontestsJ9lement moins soUde et moins durable. La Réforme donna à la Hongrie, en proie au Turc de Bude et à l'Allemand de Vienne , la ténacité indispensable à la conservation de ses institutions, de son autonomie, de son indépendance politique et sociale.
Remarquons aussi que du seizième au dix-huitième
(1) Pa]ma, Ndvtia, Ferdinand! II regn. g <•
m LES HONGROIS
siècle la question avance toujours en s^élargissant. DV bord en partie religieuse, peu à peu elle devient de plus en plus politique. Elle Test absolument à Tépoque de Rakôtzi. François II professe le catiiolicisme : il est pieux et fervent (1). Ses principaux lieutenants, les Forgâch, les Kârolyi, les Bercsényi, ne le sont guère moins. Mais ils croient tous avec raison que pour que chacun puisse jouir légitimement de ses croyances, il importe de respecter les croyances d'autrui.
La Hongrie est peut-être la première nation qui comprit Tunion et la solidarité de toutes les libertés. La Réforme fut princière en Allemagne, royale en Angleterre, aristocratique et bourgeoise en France ; en Hongrie , elle fut essentiellement populaire et nationale. Elle lança parmi les Magyars Vidée mère du vrai principe moderne : le gouvernement de tous par tous et au profit de tous. Les pasteurs et ministres, les instituteurs et inspecteiu^ protestants y furent de tout temps élus par le suffrage mûversel. Ce vote était si réellement général, qu^étaieut admis à le donner même les vagabonds et les mendiants.
Cette puissante influence des idées protestantes sur les idées politiques se fit sentir jusque dans la révolution contemporaine (2). En 1848 et 49, on remarqua ceci : parmi les prêtres catholiques on rencontra des partisans de l'Autriche; on n'en trouva point dans le clergé protestant. Deux ou trois ministres slaves luttèrent, il est vrai, contre
(1) Lisez les premières pages de ses Mémoires et tlnvocation à la vérité femelle qui les précède.
|3) Cette réTolulion , il importe de le dire , n'eut aucun caractère religieux, n y a fort longtemps que, grftce à la tolérance, les querelles de culte à culte sont éteintes en Hongrie. Parmi les dix millions cinq ceut mille habitants de la Hongrie proprement dite, cinq millions et demi sont catholiques, deux millions et demi protestants de diverses sectes, deux millions grecs unis et non unis; le reste, de religions Tariées : contre huit cent mille luthériens, il j a seize cent soixante-dix mille calvinistes. En Transylvanie, le rite grec est prépondérant par les Valaques et le lolhérianisme par les Saxons. Il y a encore an nord du Danube, un nombre assez considérable de zingares et de juifs.
le gouvernement magyar ; mais ce n^était qu'une afiEsôre de race.
Néanmoins, il ne faut pas croire pour cela que TEglise romaine tout entière ait été l'ennemie des idées nouvelles et de l'indépendance hongroise. Certes, il y eut très-peu de prélats dans le parti révolutionnaire, mais on y compta un bon nombre de clercs inférieurs. Et voici pourquoi. Une coutume féodale s'était conservée, et, grâce à elle, le bas clergé pouvait et devait demeurer patriote : les seigneur$ disposaient des cures, les évéques n'avaient qu'à confirmer les curés élus; d'où il suit que seuls, les prélats, dépendaient directement du pouvoir viennois (1). Si quelques-uns osèrent Ivd faire opposition, ils n'en sont que plus dignes de nos louanges, puisqu'ils foulèrent aux pieds leurs intérêts plutôt que de lutter contre la plus juste des causes.
Que dire de ce glorieux prélat, aumônier général des armées de la Hongrie indépendante, et qui, en un jour de bataille, revêtu de ses habits sacerdotaux, se mit à la tête d'un bataillon de Honvéds et chargea les Autrichiens, sa crosse à la main? Nous le connaissons, ce héros, et nous nous honorons d'être son ami. Errant sur la terre d'exil, humble et souffrant, il tait ses hautes actions. Nous croyons lui décerner la palme qu'U mérite en ne Uvrant point son nom au pubUc, en rapportant à la nation hongroise ce que fit un de ses meilleurs citoyens. Mais faisons vite remarquer que le vaillant évêque n'est plus rien, pas même catholique, et que, conmie nous, il veut être l'obscur fidèle de la reUgion de la liberté. .
La diète de 1790-1791, tout en rejetant les réformes despotiques de Joseph II, conserva son fameux a Edit de
(I) Nous devons cos précieux renseignements à an de nos amis, on hongrois , M. Irànyi, qui fut élu en 1818 membre de la glorieuse diète de Hongrie, et commanda Buda-Pest en qualité de commissaire du gouferiiemeDU
M LK9 HOnCEOIS
tolérance » et lui donna force de loi* La Révolution de 1848 fut nécesBairement d'un libéralisme absolu au point de vue religieux. Les assemblées d'alors proclamèrent une dernière fois, et à jamaiS| la liberté de conscience, et si complètement, que les juifs eui-mémes lui durent leur émancipation (1). Notez bien que les juifs ne sont pas en* core émancipés dans le pays qui passe aujourd'hui pour être le plus libre de l'Europe, en Angleterre.