‹ La honte de l'EuropeChapitre 12 sur 18 · LA ROUMANIE · texte numérisé non relu

LA ROUMANIE

S5 août 1876.

Ce nVst qu'en 1857 qne la Moldavie et la Valachie ont cessé d*étre des » possessions immédiates n ûe la. Torqoie et sont devenues des principautés tributaires.

La convention qui les a placées sous la suzeraineté du Sultan et le protectorat des cinq grandes puissances signataires du traité de mars 1856, est du 19 août 1858. L*élection du prince de Couza, élu simultanément par chacune des deux principautés vassales, a subrepticement réuni la Moldavie et la Valachie en un seul État, dirigé par un seul gouvernement.

Ce fait accompli, le gouvernement turc Ta subi.

De 1871 à 1876, la moyenne des recettes de la Roumanie s*est élevée à 94 millions, et les dépenses à 98 millions, déficit de 4 millions plus apparent que réel , puisque toutes les dépenses &ites par la Roumanie depuis 1864 ont été des dépenses productives, consacrées presque exclusivement à la construction d*un réseau de chemins de fer appartenant à rÉtat, et qui a déjà une étendue de 1,200 kilomètres.

La Roumanie a réduit, depuis dix ans, sa dette de près de 88 millions.

Cette dette, s*élevant à 532 millions, lui impose une charge d'intérêt de 11 0/0. Mais, dans dix ans, toute la dette roumaine, sauf l'emprunt de 1875, sera éteinte, et elle sera en possession d'un vaste réseau de chemins de fer qui constituera un actif liquide complètement payé.

En eût-il été ainsi, je le demande, si la Moldavie et la Va-

lachie fussent restées a possessions immédiates » de la Tarqaie et si elles n'eussent pas acquis, moyennant tribut, le droit de se gouverner et de s^adnoiinistrer elles-mêmes?

Conclusion : — L'Albanie, la Crète, la Croatie, la Bosnie, THerzégovine, la Roumélie, la Thessalie ont raison d'aspirer et de prétendre au même sort que la Moldavie, la Valachie et la Serbie.

Elles ont le même intérêt, elles ont le même droit (1).

Non-seulement la Turquie est sans droit, mais encore elle est sans intérêt pour s'y opposer.

(I) Le loolévement de la Crète ayaot rëveillé la qnettioa d'Orient, le comte de Stackelberg, «nbaiiadeur de Rnitie à Vienne , écrivait le 28 novembre 1S66 au prince GortechakofT la lettre qui fuit :

• Un journal de Vienne ayant dit que le meilleur moyen de conjurer un danger qui pouvait à nouveau ébranler l'Europe ferait de concéder aux chrétiens de l'Empire ottoman une autonomie qui ne serait limitée que par un lien de vasialîté vis-i-vil de la Porte, je demandai au baron de Beuit ce qu'il peniait de cette opinion. Loin de la répudier, il me déclara qu'il était prêt à inaugurer dam ce ■eus la politique à luivre dans les affaires d'Orient. Vous savei, ajouta-t-il, que nous voulons vivre en bonne intelligence avec tous nos voisins. Je désire qu'il en soit de même k l'égard des chrétiens d'Orient, qui sont liés par la communauté d'origine 4 quelques-uns des peuples de notre monarchie, le suis donc disposé k favoriser parmi eux le développement de leur autonomie et l'établissement d'un stlf-govemment limité par un lien de vassalité. Ce serait d'ailleurs là le moyen le plus sAr de consolider la paix entre le Sultan et les raïas . et l'Autriche a tout intérêt 4 contribuer 4 ce résultat, en éloignant ainsi les chances d'une conflagration qu'elle ne saurait désirer.

« Je ne pouvais qu'exprimer ma satisfaction des vues exposées par le ministre, attendu qu'e^ eoneordaient avec notre politique traditionnelle, consittant à développer graduellement le* autonomies. Pour le cabinet de Vienne , cela me semblait un complet revirement de système, et je ne dissimulai pas que je me plaisais 4 y voir la possibilité d'une entente de l'Autriche et de la Russie pour contribuer 4 résoudre pacifiquement un problème que les puissances limitrophes ont un intérêt spécial 4 voir se dénouer sans secousse. Bl. de Beust m'assura qu'il désirait sin-% cèrement un tel accord, ajoutant qu'il serait important d'éviter des agitations intempestives qui ne pourraient que le compromettre. >

Le prince GortschakofT lui répondait :

« M. de Beust inaugure une ère nouvelle dans la politique de l'Autriche, une ère 4 vues larges et élevées. C'est le premier homme d'Etat de ce pays et de notre époque qui fait courageusement l'essai de quitter le terrain des rivalités mesquines dans cette question importante. Nous ne pouvons qu'y applaudir. Je me suis borné jusqu'ici 4 transmettre par télégraphe et en termes énéraux notre adhésion complète 4 la pensée dont s'inspire aujourd'hui M. le ministre des af foires étrangères d'Autriche. »

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^M «^$;^iém4S i^iécl^ ^ TEurope <e composait de 2,000 son- Un mi^ f clU m «e compoiie plus , militairement et diplo-

Ces États sont :

Allemagne ;

Belgique ;

Danemark ;

Espagne;

France ;

Grande-Bretagne ;

Grèce ;

Italie ;

Pays-Bas ;

Portugal ;

Russie;

Suède ;

Suisse ;

Turquie d'Europe.

L'erreur de l'Europe , erreur à laquelle la Turquie d'Europe doit son salut, c'est la conviction que la Russie a pour idée fixe de s'emparer de Constantinople, afin de pouvoir à son gré ouvrir ou fermer le détroit des Dardanelles.

Cette erreur est si invétérée, qu'elle a résisté aux déclarations les plus formelles, et notamment à celles-ci , que j*ai déjà citées, mais que je puis reproduire sans crainte de redite , car il est rare que le lecteur distrait n'ait pas oublié le lendemain matin ce qu'il a lu le soir dans un journal, même dans un livre :

En 1830, sous le règne, non de l'empereur Alexandre II, le pacifique , mais de l'empereur Xicolas , l'autocrate impitoyable , le comte de Xesselrode , ministre des affaires étrangères , écrivait au grand-duc Constantin :

S4int-Pëlersboiirs, 12 février IS90.

Le but de nos relations, avec la Turquie est celui que nous nous sommes proposé par le traité d*Andrinople lui-même et par le

9ê QCEâTIOXS DE L'ASSÉB iSTf.

fcfibliiifwif t de la paix arct le €na4 Saganv. // «e Ummi ^à nm mrwûes de mmrcker mr GmsimmiimofU et de r e me e ne r tEwtpire imre» Aaone pnssaace mt s*j scvni opposéa, aoeon éamfiBr nomé^iat ne noas avait aifirrr, si bobs avions porté la dernier eoap à la ■MMarcUe oO o aiaM C ea Eavope. Ifaif. dam Pofêmem de TEwÊferemr, eeUewummMxkie ■ébcitc a s^eustei Qim soa îA fmoTÊCium me la Kssn ei à m'exéemier détorwmU qmt $es désirs cmtemmit wuemx à ues iniérêis fotiiiqmes ei commerciaux que toute cambinaisom wmeeUe qui mms amrmtfnrcés, soit à raor Énom» sof wniAacES par des amquites, soit à substituer à FEmrpire ottoman des Etats qui n'èuruiemt pas tardé à riraiiser aeee nous de puissance, de civUisation, d'industrie et de richesse ; c*est sar ce prineipe de Sa Majesté Impériale qae se règlent aojoard'hoi nos rapports arec le Diras.

Le 31 mai 1853, le même comte de \esselrode s^exprimait en ees termes dans la dépêche portant cette date :

Il x*t A'Piis us MOT v^ nui d%xs la ft&tMxnoa on socs est

hTïWUaSkE. HE WkCLMSÏÏM^ SOIT es BÉGLnœXT PLCS AVASTAGEinL DB XOTBE fWKÏlkMZ ASUTiQt'E, SOIT LE DIOIT DB KOMIXATIOX OC DE lÉVOCATtOK DES PATBIABCHESy SOIT, ESriE, TOUT AmS FEOTECTOEAT EEUGIEGX TEEDAIT A DÉPASSÉE CEU'I QUE SOUS EXEBÇOSS TEADITIOSVELLElfCXT DE FAIT ET DE DBOIT EE TuBQriE , EM VEETO DE KOS TIAIT^ ASTÉBIEDES.

Les troupes recerront Tordre de passer les frontières de Fempire, non pas ponr faire la guerre, mais pour avoir des gabakties VATéBlELLES jnsqu*au moment où, ramené à des sentiments plus équitables, le gouvernement ottoman donnera à la Russie des SUEETés MOEALES qu'elle a demandées en vain depuis deux ans par $e% représentants à Constantinople , et, en dernier lien, par son ambassadeur.

Plus tard, sir Hamilton Seymour rapporte textaellement , ainsi qu1l suit, au ministre des affaires étrangères de S. M. la reine d*Angleterre cette déclaration à lui faite par Tempereur A^icolas :

Je ne me fait pas au sujet de CanUantinopk les mêmes Mu-

nom que Catherine il ; au contraire, je regarde timmense étendue de la Russie comme son seul v^iitable dakqcb. Je voudrais voir la Turquie assez forte pour se faire respecter des antres puissances. Mais si elle est destinée à périr, il faut que la Russie et TAtigleterre s*entendent pour mettre quelque chose de mieux à sa place. Je propose donc que Ton fasse des principautés danubiennes, de la Serbie et de la Bulgarie, un État indépendant, placé sous la protection de la Russie, eije déclare que la Russie n'anAitionne aucune domination sur les territoires turcs.

L'Angleterre peut prendre TÉgypte et la Crète, mais je ne puis pas permettre qu'elle s'établisse à Constantinople , et je le dis expressément. Par contre, je suis prêta promettre que de mon côié JE NB PBBKDBSi jAUAis CoNSTAKTiKOPLE, si la convcution quc je propose aboutit entre la Russie et TAnglelerrc. Si la Turquie venait à se dissoudre rapidement avant la conclusion de celle convention, et s'il devenait nécessaire tt occuper Constantinople, je ne puis naturellement pas prendre l'engagement de ne pas le faire.

Déclaration franchement réitérée en ces termes le lendemain :

Ainsi, c'est i prendre ou à laisser. Je ne puis pas permettre qu'une puissance maritime aussi forte que l'Angleterre occupe le Bosphore, par lequel le Dnieper et le Don débouchent dans la Méditerranée. Bien que la mer Noire soit entre le Don, le Dnieper et le Bosphore , l'occupation de ce détroit tuerait le commerce de la Russie et fermerait à sa flotte le chemin de la Méditerranée. Si un empereur russe en venait un jour à conquérir Constantinople ou était Jorcé de l'occuper d'une manière permanente et à lefor^ tifier de Jaçon à le rendre imprenable, alobs commbncebait le DÉCLIN DE LA RussiE. Si je n'y transportais pas ma résidence, mon fils le ferait, ou peut-être seulement mon petit-fils ; mais cela arriverait tôt ou tard, car le Bosphore est plus chaud, plus agréable et plus beau que Pétersbourg ou Moscou , et si une fois le czar réside à Constantinople, la Russie cesse d'être la Russie. Aucun Russe ne peut souhaiter ce résultat. Il en est peu, du reste, qui le croient possible.

Il n'est pas un Russe qui ne désire une croisade chrétienne pour délivrer la mosquée de Sainte-Sophie ; je ne le désire pas moins qu'un autre, mais, personne ne désirera voir le Kremlin transporté anxSept-Tours.

En septembre 1866, la Gazette de Moscou , rédigée par MM. Katkoff et Léontieff, renouvelait cette déclaration dont elle avait varié cent fois les termes :

La Russie n'a aucun avantage à étendre ses frontières. Si elle n'a pas décliné les conquêtes et les annexions, si elle a jugé nécessaire d'occuper une forte position stratégique sur la Vistule, elle a été guidée en cela seulement par le sentiment de la nécessité de compenser d'une façon quelconque le manque d'issue libre sur une mer ouverte.

Se garantir u^^e issue libre dans la her Méditerranée, voila son BESOIN essentiel, mais après cela elle n'a pas la moindre nécessité d'étendre ses frontières.

Se garantir une issue libre dans la mer Méditerranée ! Voilà le vrai, et la caution de la sincérité de cette déclaration est dans la vérité même des choses , vérité sérieusement incontestable.

Dès qu'il en est ainsi , le nœud de la Turquie d'Europe se dénoue naturellement.

Il suffit :

P De laisser » les possessions immédiates », en Europe, du Sultan, conquérir ou acquérir le droit de s'administrer et de se gouverner elles-mêmes séparément ou collectivement;

2" De déclarer, dans ce dernier cas, Constantinople port franc et ville libre avec une garnison européenne fournie par chacune des six puissances garantes, signataires du traité du 30 mars 1856; ce qui aurait l'avantage de former un lien qui les relierait en faisceau ;

3* De dénationaliser le détroit des Dardanelles» de le neutraliser, de le désarmer.

A cette solution rationnelle , équitable , pacifique , déjà consacrée par la haute et publique approbation de Richard €obdeii , de John Bright et de lord Russell , que pourrait objecter, je ne dis pas le peuple anglais , je dis le gouvernement anglais , à moins d'encourir et de mériter Taccusation d'hypocrisie et de fourberie?

L*un des actes, sans contredit, qui Taie plus honoré, c'est la persistance qu'à dater de 1814 il a mise à réclamer Tabolition de la traite des noirs , abolition implicite de l'esclavage, devançant en ce point les Etats du Nord de TUnion américaine.

Les traités successifs qu'il a imposés aux autres nations : à la France en 1814, au Portugal en 1815 , à l'Espagne en 1817, aux Pays-Basen 1818, à la Suède en 1824, au Brésil en 1826, au Chili et à l'Uruguay en 1839, à la Bolivie et au Texas en 1840, au Nicaragua en 1841, dépassent le nombre 20.

De bonne foi , avoir, en 1853 , empêché le gouvernement russe de délivrer de la domination ottomane les huit millions de chrétiens qui sont ses sujets en Europe, n'est-ce pas avoir assumé sur soi la responsabilité morale du maintien d'un empire dont l'existence est la négation flagrante des principes fondamentaux de la société européenne , de la société chrétienne ?

Est-ce que ce n'est pas par le trafic, par la traite des femmes que se recrutent les harems , et notamment ceux du Sultan ?

Est-ce que les harems ne sont pas l'esclavage des femmes ?

Est-ce que les hommes préposés à leur garde ne sont pas la condamnation , au moins en Europe , du gouvernement que ne révolte pas leur castration, jqui la trouve toute simple

$ê QUESTIONS DE VA%%tE tS7<.

et irht^mdttrene , qoi ménir bd lénifie, poisqoe le grand eoDiii|oe est le second penonnage de Tempire, ayant le pas snr le gnatâ %mr qui, Ini, a le pas sur le lice-roi

jIossi longtemps qne ces odieu attentats à la personnalilé de rbomme et de la iiermme , aussi longtemps qne ces crimes cooferis par Timpunilé n^ont pas été dénoncés à Fatfention des goniemements dTnrope, portée ailleurs, leor conscience a pn n'en ressentir aucun trouble; mais ce qui a été possible et jusqu*à un certain point excusable dans le pasfé ne saurait plus Tétre désormais et subsister dans Tafenir.

Ije cri d'indignation que je tiens de jeter lardivement, je Tafoue à ma bonté, aura pour écbos la presse anglaise, et pour retentissement la conscience du peuple anglais , déjà revenu de son erreur à Tégard de la convoitise faussement prêtée par les gouvernements européens au gouvernement russe.

\on , non , il ne veut pas 9*emparer de Constantinople , ce qui , de ton aveu , serait pour lui & un véritable danger et le déclin de la Russie « ; non , non , il ne veut pas enlever au .Sultan les cleCi des Dardanelles , afin de se les approprier et de pouvoir fermer à son gré le détroit aux marines rivales de la sienne.

Ce qu'il veut , c'est ce que doivent vouloir tons les États d'Europe : c'est une issue libre dans la Méditerranée, c'est l'ouverture permanente des mers fermées , c'est l'abolition de la féodalité maritime, c'est l'égalité devant la mer de tous les peuples grands et petits, c'est enfin la mer libre comme Tair, et comme lui n'appartenant à aucun et appartenant à tous.

Que l'empereur Alexandre II, déjà immortalisé par l'abolition du servage, dont il a osé prendre l'initiative et qu'il a su accomplir, saisisse l'occasion, qui se présente à lui.

d'arborer résolument le drapeau de la liberté des mers, et Terreur invétérée de l'Europe , à laquelle la Russie est en batte, n*ayant pas de fondement, ne tardera pas à s'effondrer.

Le ministère du comte de Beaconsfield , heureusement , n'a plus devant lui qu'une courte existence. Les prochaines élections générales rendront à l'école de Manchester le pouvoir que les dernières ont enlevé à M. Gladstone pour le donner à M. Disraeli.

Alors succédera à la vieille et petite politique du morcellement territorial et de la guerre la nouvelle et grande politique de l'expansion industrielle et commerciale , de l'union maritime et de la paix.

Pourquoi n'en serait-il pas prochainement ainsi? Est-ce que TEurope de la fin du dix-neuvième siècle ressemble à l'Europe du seizième siècle , même à l'Europe d'il y a cent ans?

1 leptembre 1876.

On ne saurait le proclamer trop haut et trop souvent. La Turquie, contmuant de camper en Europe, est la honte de l'Europe.

Après les atrocités commises par les Turcs, atrocités dont les récits authentiques remplissent les Journaux français, atrocités contre lesquelles protestent d'innombrables meetings britanniques, les six puissances garantes de l'exécution du hatti-chériff de février 1856 ne devaient pas hésiter !

L*Allemagne, TAngleterre, TAutriche, la France, Tlkalie devaient faire deux choses :

Premièrement, rappeler, les unes, leur ambassadeur ; les autres, leur ministre plénipotentiaire ;

Deuxièmement» envoyer des forces navales suffisante» pour protéger non pas seulement cbacone ses nationaux, mais, sans distinction de nationalités, tous les Européens qui seraient menacés par le fanatisme musulman.

Si l'Europe ne puise pas dans sa légitime indignation Ténergie nécessaire pour prendre cette détermination, qu'arrivera-t-il? Il arrivera que les excès et les abus que, de 1856 à 1876, le gouvernement turc a été impuissant à prévenir, impuissant à réprimer, se perpétueront jusqu'au jour où le soulèvement qui a échoué, parce qu'il était partiel, réussira, parce qu'il était partiel, réussira, parce qu'il sera général, et que, cette fois, il sera ouvertement soutenu par la Russie aux acclamations de l'Angleterre, aux acclamations de l'Europe.

Selon l'expression vulgaire, on n'aura donc fait que reculer pour mieux sauter, c'est-à-dire qu'on n'aura fait qu'ajouter aux flots de sang versé de nouveaux flots de sang, à des ruines sans nombre des ruines nouvelles, et à d'atroces soufirances des soufirances plus atroces encore.

La diplomatie européenne parvint-elle, & grand'peine, à obtenir du gouvernement turc, ivre de sa victoire, qu'il admette le statu quo ante hélium, quelle sera l'amélioration qui en résultera pour le sort des huit millions de chrétiens qui sont ses sujets en Europe ?

Aucune, car si une amélioration réelle eût été possible sous cette forme de gouvernement où les ministres les plus fermes n'osent rien dire au u Commandeur des croyants » qui soit de nature à lui plisser le front, cette amélioration eût eu lieu après l'expédition de Crimée, sous les vizirats successifs de Aali-Pacha et de Fuad-Pacha.

Ce qa*on va lire est extrait d*une lettre de lord John Russell qui, en 1860, était à cette époque ministre des aflaires étrangères :

An mois de septembre 1860, j*eus à me plaindre que les six millions de livres (CENT CINQUANTE MILLIONS DE FRANCS) attriboées au budget de la guerre étaient couPLéTEiiKNT DÉTOURNÉES de leur destination , que les soldats n*étaient pas payés, et que LA TOTALITÉ des SIX hiluons de livbes était appliquée AUX DÉPENSES PRIVÉES du ministre de la guerre.

Et dans cette même lettre, lord John Russell ajoute :

Voila ce qui s'est passé dans le oouvERVsifENT de la Turquie. Sir Henry Bulwer avait découvert des vices sans nombre dans l'administration des affaires turques, et je dus lui donner des instructions approuvant son ingérence, et insister pour obtenir des

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