CONSTANTINOPLE VILLE LIBRE ET PORT FRANC
9 septembre 1816.
Le journal la Liberté nie premièrement qu'il soit possible de rayer les Turcs du rang des nations, et deuxièmement de s'emparer de Constantinople.
A ces deux objections je réponds :
Premièrement, il ne s'agit pas de rayer les Turcs du rang des nations; il ne s'agit de supprimer ni la Turquie d'Aï^ie
ni la Turquie d*Afrique , puisque Tesclavage subsiste encore en Afrique et en Asie, que Topération par laquelle on y fait des ennuques y parait chose toute simple et toute naturelle ; il s'agit uniquement de retrancher de l'Europe , comme indigne de continuer d'en faire partie, la Turquie d'Europe.
Deuxièmement, comment les Turcs, ayant été mis au ban des nations européennes, et n'ayant pu encore depuis dix mois éteindre Tétincelle de THerzégovine, s'y prendraient-ik pour défendre et garder Constantinople, si l'Albanie, toute la Bulgarie, Candie, la Roumanie, la Roumélie, la Thessalie faisaient , aux applaudissements de l'Europe , cause commune avec la Bosnie, l'Herzégovine , le Monténégro et la Serbie ?
Si les Turcs voulaient défendre et garder Constantinople, il faudrait qu'ils renonçassent à retenir sous leur joug ou leur suzeraineté la Thessalie , la Serbie , la Roumanie , la Roumélie, l'Herzégovine, Candie, la Bulgarie, la Bosnie et l'Albanie ; si , au contraire , ils persistaient à ne vouloir lâcher aucune de leurs proies, oh ! alors, ils les perdraient toutes, y compris Constantinople qu'il serait inutile de bombarder, car il suffirait de l'investir par terre. Sans doute, ils pourraient l'approvisionner par mer , mais n'ayant plus ni argent ni crédit, étant à l'état de banqueroute , comment feraient-ils pour s'alimenter et échapper à l'extrémité d'une capitulation ?
Si la Liberté peut en indiquer le moyen aux Turcs» ses amis, ce sera un vrai service qu'elle leur rendra.