‹ La houille blancheChapitre 16 sur 55 · Débit moyen annuel ou module · texte numérisé non relu

Débit moyen annuel ou module

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Aussi la région des grands massifs eal-elle par exceiteace le domaine de la houille blanche alpestre, celle où les usines sont & la fois nombreuses et puissantes. Les premières installations y remontent à 1891 ou 1892. Avec ses 400000 HP, elle est aujourd'hui la plus complètement utilisée de la région alpestre.

En Tarentaise, l'énergie hydraulique actuellement domestiquée atteint tout près de 100000 HP. Sur l'Isère supérieure, les usines les plus puissantes sont celles de Viclaire (40000 HP), dont l'énergie est destinée à l'aggloméi-atioQ lyonnaise, et de la Pomblière (13 500 HP) qui consacre le plus gros contingent de ses forces à r électrochimie. Le Doron de Bozel actionne quatre établissements d'une puissance totale de 40 000 HP, dont la plus grosse partie est utilisée dans la vallée à des fabrications chimiques et dont le reste est dirigé sur Lyon. La basse Tarentaise n'a que de médiocres chutes, mais elle possède, à Notre-Dame de Briançon, une grande fabrique de produits chimiques [carbures, produits azotés) qui concentre l'énergie produite par les usines du Doron.

Dans la vallée de l'Arc, la facilité des transports, assurée par la ligne de Paris à Modane et à Turin, a permis de pousser plus loin l'équipement des forces hydrauliques et de les utiliser entièrement sur place. Les grosses usines, toutes de haute chute et de grande puissance, s'échelonnent, en moyenne Maurienne, à Avrieux , Modane , la Praz , Prémont , la Saussaz , Calypso, Saint-Jean de Maurienne, Pontamafr»" nmii' ne citer que les principales. Un peu à l'écart, vache, sur un affluent de la rive gauche. Ce: s'adonnent à la production des carbures, de alliages et surtout de l'aluminium. En basse Ma une dizaine d'usines fabriquent la pâte de 1 explosifs, les ferro-alliagee, les carbures, l'o

zinc. De nouveaux travaux sont en cours. On s'attaque maintenant aux torrents affluents, et, dans la vallée maîtresse, à l'Arc lui-même, pour des usines de basse chute. Le total actuellement atteint est de 160 000 HP. C'est le groupe le plus puissant des Alpes françaises.

La Romanche, avec ses affluents, fournit un total qui n'est guère moins important. La raideur des pentes, les facilités d'installation, la proximité de Grenoble expliquent le magnifique essor industriel de ce domaine.

La Romanche possède à la fois la plus haute chute de France (le Bâton 1040 mètres, au pied de la Belledonne), une des plus puissantes usines des Alpes (Rioupéroux 30 000 HP) et la plus forte densité hydroélectrique de notre pays. Suivant M. Blanchard, elle atteignait, dès 1917, 4744 HP par kilomètre de vallée, contre 2508 pour l'Arc et 1944 pour le Doron et l'Isère. C'est dire que les usines se succèdent presque sans interruption. Quatre dépassent 10 000 HP : Livet (21 000 HP), les Roberts (11500 HP), Rioupéroux (30 000 HP), Gavet (12 000 HP). Les affluents de la Romanche sont très inégalement exploités. L'Eau d'Olle, alimentée par la Belledonne et les Grandes Rousses, actionne deux gros établissements, le Rivier d'Allemont et le Verney d'Allemont, donnant ensemble plus de 30 000 HP, et un troisième, plus récent, la Fonderie d'Allemont. Le Vénéon, descendu des grands glaciers de l'Oisans, est à peu près entièrement inutilisé, de même que le cours supérieur de la Romanche. Mais de grands projets y sont à l'étude.

L'énergie actuellement aménagée est employée sur place à l'électrométallurgie (Livet, Rioupéroux) et à ï'électrochimie (les Roberts, Séchilienne). Un contingent considérable est transporté vers l'agglomération industrielle de Grenoble et au-delà. Ce sont les usines de l'Eau-d'Olle et de la Romanche qui alimentent la

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grande ligne de transport de force Dauphiné-Centre et desservent les établissements métallurgiques de Saint- Etienne, Firminy et Saint-Ghamond.

La dépression centrale. — - La grande dépression qui parcourt, dans le sens de leur longueur, les Alpes françaises, du col de Balme au col Bayard et au delà, vers la Durance moyenne, offre le long de son parcours une certaine variété de structure et d'aspect. Très évasée à la hauteur de Sallanclies, sur l'Arve, elle se relève et se rétrécit en Terme de délilé sur les rives de l'Arly; s'élargit de nouveau pour former le long de l'Isère la Combe de Savoie et la belle plaine du Graisivaudan inclinée vers Grenoble; se relève et se rétrécit encore au delà de Grenoble dans la vallée du Drac. Mais tout le long de ce parcours, elle ne cesse d'être dominée par les puissants massifs anciens, qui, d'un seul jet, se dressent à l'Est, jusqu'à 2000, 2500 et 3000 mètres audessus d'elle. Les eaux issues de ces massifs tombent, pour ainsi dire, d'une seule chute dans le fond de la dépression. C'est l'Arve, venue du Mont-Blanc; c'est le Doron, issu des Alpes de Beaufort; le Bréda d'Allevard, en Belledonne ; la Séveraisse, en Valgaudemar, A leur débouché, les usines, faciles à aménager, trouvent des voies ferrées et une main-d'oeuvre abondante. Cette région privilégiée a été le berceau de la houille blanche. C'est à Lancey que Berges, dès 1869, construisit sa première usine. C'est entre Vizille et Grenoble que, dès 1883, Marcel Deprez réalisa son port de force à distance.

Aujourd'hui, ce domaine est en pleine groupes principaux y apparaissent nette mier est installé à l'endroit où l'Arve s Bonnant débouchent dans le bassin de S; usines sur l'Arve, trois autres sur le B( un total installé de 55 000 HP. Cette é

ployée à assurer le fonctionnement de la célèbre usine d'explosifs de Ghedde et la traction des convois sur la ligne de Ghamonix. Le surplus est transporté à Ugines.

Par delà le seuil de Mégève, se creuse le sillon de l'Arly. Là se trouve un des groupes les plus puissants des Alpes françaises, celui d'Ugines* La Société métallurgique pour l'utilisation des procédés Paul Girod y fabrique au four électrique des aciers de toutes catégories : aciers spéciaux^ alliages de tungstène, de vanadium, d'aluminium, de manganèse, ferro-siliciums, silicomanganèse, etc. Les établissements d'Ugines utilisent l'énergie issue de l'Arly, du Doron de Beaufort, du Dorinet ainsi que les excédents venus de l'Arve et du Donnant, soit un total d'environ 60000 HP.

Du confluent de l'Arly au confluent du Drac, la dépression est occupée par l'Isère. Aucune usine n'utilise encore ses eaux. Toute l'énergie aménagée procède de ses tributaires. Et si l'on excepte le petit établissement de Ghapareillan, au pied de la Grande- G hartreuse, toutes les forces se groupent sur la rive gauche, où l'abondance des eaux, la raideur des pentes, la solidité des granits ont assuré des facilités exceptionnelles et abaissé plus qu'ailleurs les prix de revient (û^. 5). Là, les torrents descendus des Sept-Laux et de la Belledonne, Bréda d'Allevard, torrent de Laval, ruisseaux de Lancey, Doménon, etc., sont entièrement utilisés. Le Bréda d'Allevard, sur 34 kilomètres de cours, anime vingt-deux usines dont huit sont supérieures à 1000 HP. L'une d'entre elles, la plus voisine des sources, celle du Font-de-France, utilise une chute de 1000 mètres de hauteur nette. Elle est, après la chute du Bâton et avant celle d'Orlu dans les Pyrénées, la plus haute de notre pays. Avec les torrents voisins, c'est un total d'environ 65 000 HP pour cette partie du Graisivaudan. Ce contingent de forces est presque entièrement utilisé

sur place dans des établissements construits pour la plupart au pied même des grands massifs, à Allevard, à Lancey, à Grenoble même. Il donne la vie aux industries les plus variées, scieries, papeteries, forges, cons-

tructions mécaniques, électrochimie et électrométal-

Le long du Drac, la situation' est moins favorable. A l'exception de la Romanche qui se rattache à un tout autre domaine et que nous connaissons déjà, les torrents tributaires sont moins abondants. Le plus souvent, c'est te Drac lui-même qu'il a fallu aménager, à une époque toute récente et dans des conditions souvent difficiles. Des usines échelonnées le long du torrent, la plus importante est l'établissement électroniétallurgiquede Ponsonnas, au confluent de la Bonne ( 1 1 OOOHP) . Elles fflurnissent environ WOOO HP utilisés presque entièrement en dehors de la vallée pour la traction,

C*.VAiLLf:s. — Houille blanche. !^

pour Téclairage, pour les besoins des industries de Grenoble. L'usine du Pont-de-Glaix portera ce total à plus de 60 000 HP. Encore cet établissement, construit en aval du confluent de la Romanche, dont il utilise également les eaux, se rattache-t-il plutôt au groupe des hautes vallées transversales.

La région subalpine. — Comparée aux régions dont nous venons de décrire les installations, la zone extérieure des Alpes (Préalpes et chaînes subalpines) semble assez médiocrement douée. Sauf à son extrémité nordest, aux frontières de la Suisse, elle se tient toute entière au-dessous de 3000 mètres, et le plus souvent au-dessous de 2500 mètres. Les hauteurs de chute s'affaissent, et les glaciers disparaissent entièrement. Enfin les vallées, courtes et peu accessibles, presque dépourvues de voies ferrées, n'attirent guère les industries en quête de grandes forces faciles à aménager et à exploiter. La région semble, au premier abord, désavantagée. •

En réalité, la région subalpine diffère beaucoup moins des autres parties des Alpes par l'importance de ses forces que par le retard qu'elle a mis à les exploiter, et par la fonction qu'elles doivent remplir un jour. Elle bénéficie des plus sérieuses aptitudes. D'abord, recevant des pluies et des neiges très abondantes, ses débits dépassent partout 40 litres par kilomètre carré de bassin versant (83 litres pour le torrent de Malève (Chablais) et 64 litres pour la Bourne). D'autre part, ces rivières présentent des particularités de régime qui les rendent très précieuses. Les neiges, plus tôt fondues, cessent de bonne heure de soutenir les débits d'été. En revanche les débits d'automne et d'hiver sont beaucoup plus considérables que dans la région montagneuse. Ce ne sont plus des torrents du type alpin, mais des rivières mixtes, qui annoncent déjà le régime des plaines.

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