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ALPES DU NORD

Enfin elles ont un avantage qui surpasse tous les autres. C'est qu'elles sont d'une régularisation facile. Elles le doivent aux sources abondantes des calcaires, comme la Bourne. Elles le doivent surtout aux lacs de bordure : le lac d'Annecy, le lac du Bourget, le lac d'Aiguebelette, qui serviront, le jour où ils seront aménagés, de bassins de retenue.

Tout concourt à donner aux rivières de la région subalpine un caractère particulier et une fonction bien définie. Les usines qu'elles actionnent sont tout naturellement qualifiées pour fournir aux usines des régions hautes les forces qui leur manquent pendant ta saison froide. Elles sont déjà exportatrices de courant pour la plupart. Elles seront de plus en plus les régulatrices de l'énergie hydroélectrique alpestre.

Dans le Chablais, la Dranse d'Abondance actionne deux usines, Bonnevaux (3000 HP) et Ghevenoz (1500 HP). Le Ciffre en possède une, Saint-Jeoire (11500 HP), mais l'Arve, dont il est tributaire, est à peu près inutilisée. Dans le Genevois et les Bauges, le Fier, encaissé dans les célèbres gorges, donne 28 000 HP en trois usines dont la plus récente, celle du Val de Fier, est installée pour 20 000 HP. Un de ses aflluenls, le Thiou, émissaire du lac d'Annecy, fournit en deux usines un millier de chevaux. Mais l'aménagement du lac d'Annecy permettra d'accroître considérablement le total de ces forces.

Les courtes et rapides rivières descendues de la Grande- Chartreuse sont mieux utilisées.

dont la pente est rapide, actionne plusieurs blissements et une grande usine récemmen Saint-Bérou (13000 HP). Le Tier, qui h eaux du joli lac d'Aiguebelette, en donn doire, 8000. La Fure et la Morge i anciens établissements aujourd'hui rajei

(4000 HP). Le Vercors, aux calcaires perméables et aux grottes profondes, nourrit de ses eaux régulières le Furon et la Bourne dont les installations transformées fournissent aujourd'hui plus de 23 000 HP. C'est, au total, plus de 100000 HP installés dans la région des Préalpes et des chaînes subalpines. Une partie de cette énergie est employée sur place : Saint-Jeoire produit du carbure de calcium et des ferroalliages. La Fure et la Morge alimentent les industries de Voiron et de la région, et Saint-Béron se consacre à l'électrométallurgie. Mais ce sont là des exceptions. La plupart des usines envoient leur courant vers Bonneville ou Grenoble et beaucoup plus loin vers la plaine, vers Lyon et Valence ou, plus loin encore, vers le Massif Central. Les forces du Fier et celles du Guiers, notamment, sont presque totalement exportées.

Outre les rivières dont le cours tout entier se développe dans l'intérieur de la région, il y a celles qui la traversent. On parlera ailleurs du Rhône. L'Isère, moins riche, offre cependant de belles ressources. En aval de la cluse de "Voreppe par laquelle elle se dégage des Alpes, elle conserve encore des pentes inclinées et un lit profond qui facilitent l'installation de chutes. Ses eaux descendent rarement au-dessous de 100 mètres cubes et ont, en moyenne, 250 mètres cubes. Une puissante centrale, la Basse-Isère, vient d'être aménagée. Elle peut fournir 38000 HP dont la majeure partie est destinée aux industries de Saint-Etienne et de Saint-Chamond. L'Isère inférieure est appelée, avec le Rhône, à alimenter de courant les régions limitrophes j des Alpes. Ainsi se dessine la fonction de cette région subalpine. Venue tardivement à la houille blanche, elle développe aujourd'hui très activement ses belles aptitudes.

Si maintenant, nous récapitulons les résultats obtenus

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