‹ La houille blancheChapitre 22 sur 55 · ALPES DU SUD · texte numérisé non relu

ALPES DU SUD

massif archéen du Mercantour, de ce massif lui-même, s'écoulent vers la mer des torrents bien alimentés par des pluies et des neiges d'un et même deux mètres. Le voisinage de la Méditerranée, en abaissant le niveau de base, leur impose de très fortes déclivités. De 2500 et 3000 mètres, les eaux de la Tinée, du Var, de la Vésubie, atteignent la mer en une soixantaine de kilomètres. D'aussi précieuses aptitudes ne pouvaient manquer d'être utilisées par la région du littoral où s'accumulent tant de richesses et tant de luxueuse activité. Dès à présent, trois usines sont établies sur l'Argens, la Siagne et le l.oup, d'un total de 20 000 HP. Sur le Var, il n'y a encore que deux établissements en aval du confluent de la Tince (8000 HP). Mais on vient d'équiper sur la Tinée un millier de chevaux à Balma- Negra et, dans le domaine de la Vésubie, 4000 à Saint- Jean-la-Rivière. D'autre part la Roya en donne 10 000 à Fontan, sans compter les forces italiennes, beaucoup plus importantes. Enfin, ta Tinée, le mieux doué de tous ces cours d'eau, sera prochainement aménagée par la même Energie électrique du littoral méditerranéen qui exploite la plus grande partie des forces de la Durance. Régularisée par deux lacs de haute montagne. Yens et Rabuons, elle fournira 150 000 HP qui viendront tripler les 50 000 déjà équipés dans l'extrême Sud-Est.

Les usines de l'Argens, de la Siagne, du Loup, du Var et de la Roya travaillent toutes pour le littoral. Elles éclaifent les villes, actionnent les ascenseurs des grands hôtels de la Corniche, font circuler les tramways, distribuent la force motrice auxdi verses industries.

Les Alpes du Sud fournissent, en résumé, 50 000 HP pour la haute Durance, 150 000 pour la moyenne Durance, 50 000 pour les rivières du littoral, soit 250 000 HP en tout.

On peut évaluer à près de onze cent mille chevaux le total des forces actuellement aménagées dans l'ensemble des Alpes françaises, non compris les usines du Rhône. Plus d'un tiers de ce total a été équipé en deux ans de guerre, de juillet 1916 à l'été de 1918. Depuis l'armistice, l'effort s*est ralenti comme il fallait s'y attendre. On s'est contenté d'achever les usines commencées. Mais ce n'est qu'une interruption momentanée, limitée aux travaux eux-mêmes, non aux études préparatoires. De nombreux projets sont aujourd'hui élaborés et mis au point. Nous avons exposé en leur place les plus importants. Le total des forces qu'ils donneront n'est pas éloigné de 600 000 HP. On peut donc envisager que dans un avenir assez proche, les Alpes françaises produiront 1 600 000 à 1 800 000 HP, sans compter les 800 000 HP du Rhône. Aucun pays du monde, les Grands Lacs américains exceptés, ne possède, pour une surface équivalente, un pareil ensemble de forces hydrauliques industriellement aménagées.

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