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LE RHONE

Le Rhône actionne actuellement trois usines de basse chute. Au confluent du Rhône et de la Valserine, c'est d'abord le vieil établissement de Bellegarde, la plus ancienne de toutes nos usines du Rhône. Elle fut construite en 1872, à une époque où l'on ignorait le transport de la force à distance. Depuis cette époque, elle a été électriflée et donne aujourd'hui 11000 HP. En face, et tout récemment, a été aménagée l'usine d'Eloïse, dépendance de Bellegarde (15 000 HP). Enfin, tout près ^e Lyon, a été inaugurée, en 1899, la belle installation sJhlfrP* Alimentée par un canal de dérivation accès- Vécut. ""^^^S^ti^^' e"e fournit 20 000 HP destinés à tirage et aux industries de l'agglomération lyon-

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naise. C'est un total de 45 000 HP, auxquels viendront bientôt s'ajouter les 4(1 000 de l'usine de Cliancy-Pougny, en construction sur le Rhône à la frontière suisse. Au maximum 67 000 HP, puisque le courant de Chancy- Pougny sera partagé avec la Suisse.

Or l'énergie disponible du fleuve peut être évaluée à 2 000 000 HP en eau moyenne. On n'en a donc prélevé qu'un faible continssent. Il était impossible qu'une aussi puissante source d'énergie, et aussi bien placée, restât longtemps inutilisée. Cependant les nombreux projets qui furent, au cours du xix' siècle, élaborés en vue de l'utilisation du Rhône, ne s'occupèrent que de la navigation et de l'irrigation des plaines riveraines. Aucun ne visait à l'aménagement dynamique du fleuve. Ce n'est qu'avec les dernières années du siècle, quand parut l'industrie de la houille blanche, qu'on songea à utiliser les énormes forces du Rhône.

En 1902, trois ingénieurs, MM. Blondel, Harlé et Mâhl, élaborèrent le projet qui porte leur nom et qui comportait la construction d'un barrage à Génissiat, quelques kilomètres au-dessous de Bellegarde, et d'une puissante usine capable de donner 200000 HP. Les auteurs du projet offraient de transporter les forces ainsi obtenues à Paris où elles seraient employées pour l'éclairage, les tramways et l'industrie. Ce projet fut bien accueilli parla Ville de Paris et finalement adopté par le Conseil municipal en 1918. Mais il provoqua de très vives protestations de la part des populations riveraines, désireuses de conserver pour leur usage l'immense énergie du fleuve, et préoccupées aussi de défendre les intérêts de la navigation et de l'agriculture. La Ville de Paris engagea alors, des négociations avec les représentants des départements riverains. Ces négociations se poursuivirent à Lyon et à Marseille en 1916, à Paris et à Grenoble en 1919. De son côté, le Ministère

des Travaux Publics élabora un avant-projet capable de satisfaire à tous les intérêts. C'est ce projet qui, approuvé par le Congrès de Grenoble, fut soumis aux Chambres. Il a été voté par la Chambre des Députés en 1919, par le Sénat en 1921.

La loi de 1921 sur l'aménagement du Rhône s'efforce de donner satisfaction à tous les intérêts en présence. Elle réalise cet accord : 1** en concédant la totalité des forces du Rhône à une société unique où sont représentés tous les intéressés; 2^ en aménageant le fleuve de telle façon qu'il puisse en même temps satisfaire aux besoins de la navigation, de l'agriculture et fournir de la force motrice.

\^ La société concessionnaire unique sera constituée par l'ensemble des collectivités ou établissements publics intéressés à l'aménagement du Rhône. C'est d'abord la Ville de Paris et le département de la Seine. Ils obtiennent une sorte de droit de préemption sur le tiers de l'énergie produite. Ce sont ensuite les grandes villes du Sud-Est, Lyon, Marseille, Saint-Etienne, Grenoble, Nîmes, ports fluviaux ou maritimes, centres agricoles ou industriels. Ce sont les départements riverains du fleuve et des lignes de transport de force ; la Compagnie du P.-L.-M., le Métropolitain de Paris, le Nord-Sud, les grandes industries du Sud-Est, groupées ou non. L'ensemble de ces collectivités associées formera la Compagnie nationale du Rhône. Elle sera dirigée par un Comité d'administration et un Comité de direction dans lesquels l'iitat sera représenté et dont il aura la présidence de droit. Les collectivités ainsi associées fourniront le capital-actions (l/lO du capital total). Le public fournira le reste (9/10), sous forme d'obligations. L'Etat ne versera pas un centime; mais il donnera sa garantie aux obligations. Au bout de 75 ans, il deviendra seul propriétaire.

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