LA BORDURE ORIENTALE
La bordure orientale est la région la moins pourvue de forces hydrauliques. Ce n'est pas que les hauteurs de chutes soient insuffisantes, les cotes avoisinant ou dépassant 1000 mètres étant fréquentes. Ce n'est pas non plus que les pluies soient rares : elles atteignent près de 1 m. 50 dans le Vivarais et dépassent encore 1 mètre dans le Beaujolais. Mais le domaine d'alimentation est très étroit, resserré entre la longue plaine du
Rhâne et de la Saône et le fossé de la Loire. 11 n'y a place que pour de petites rivières aux eaux peu abondantes et aux débits inégaux. Il faut ajouter que la demande de force motrice est largement satisfaite par le charbon que l'on trouve sur place et par les usines hydroélectriques des Alpes. Contre cette double concurrence, les petites usines, seules possibles dans la région, ne peuvent lutter. Tout au plus sont-elles capables de répondre à quelques besoins locaux et à des industries rurales. Une seule mérite d'être signalée, celle de Mordanne (3600 HP), actionnée par un petit aflluent du Rhône, le Doux, descendu du Vivarais. Encore marche-t-elle en parallèle avec les établissements que la Société rfes Forces motrices du Vercors, dont elle est la propriété, exploite au delà du Rhône.
Ce n'est qu'aux deux extrémités de ce long talus que les aptitudes s'améliorent. Au Nord, le Morvan a de fortes pentes très inclinées au-dessus des plaines de la Bourgogne et du Nivernais. Il reçoit, des vents du Nord-Ouest, jusqu'à 2 mètres de pluies et de neiges. Les eaux rapides de ses rivières ont été, de tout temps, utilisées pour le flottage des bois, pour la mouture ou d'autres travaux agricoles. Aussi les projets sont-ils nombreux. Trois usines, d'un total de 20 000 HP, sont acloellement projetées sur la Cure que régularise le grand réservoir des Settons, et sur l'un de ses tributaires, le Chalaux. Elles sont destinées à fonctionnement des lignes de chemin de U local et à distribuer la lumière et la force da départements de l'Yonne et de la Nièvre.
Au sud, l'Ardèche et le Chassezac, les deu l'Hérault, l'Orb ont leurs têtes d'eaux situées altitudes. Ils ont des pentes rapides et des d dants. Leurs crues se placent dans la sa (décembre et janvier) qui ramène les grai
océaniques, et surtout en automne (octobre et novembre) , époque où, de la Méditerranée, viennent des vents chauds et humides. Entre ces deux montées des eaux, les étiages sont très prolongés (mai à septembre) et très bas. Mais il est facile de corriger ce fléchissement par l'emploi d'usines thermiques alimentées avec les charbons de la région (Alais, Bessèges) et par le courant venu des Alpes ou des Pyrénées. Déjà deux établissements fonctionnent dans ces conditions. Sur la Vis, affluent de THérault, l'usine de Madières (5000 HP), propriété de la Compagnie du Sud-Electrique, envoie son courant rejoindre, à Nîmes, l'énergie venue de Ventavon, sur la Durance. Sur l'Orb, une autre usine, celle de Truscas (1500 HP) appartient à la Société biterroise de force et lumière qui reçoit un supplément d'énergie de la Société des Forces motrices de lAgout. Un avenir particulièrement brillant semble réservé au groupe de l'Ardèche et du Chassezac, descendus de la Lozère où la chute annuelle de pluie et de neige dépasse 2 m. 10 sur les pentes de l'Aigoual.