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L'UTILISATION DE L ÉNERGIE HYDROELECTRIQUE

On n'essayera pas de donner une répartition chiffrée de l'emploi du courant : t° parce que les centrales de distribution vendent leur courant à des réseaux, à des villes et à des particuliers, et qu'il est impossible de savoir à quels usages l'acheteur consacre l'énergie qu'il s'est ainsi procurée ; 2° parce que le courant électrique fourni par les usines de bouille blanche se confond dans beaucoup de réseaux avec celui qui provient des usines thermiques. On peut se faire cependant une idée très suffisante de l'utilisation de l'énergie hydroélectrique en disant que le courant produit reçoit une triple destination. Une partie est employée sur place; une autre est consacrée aux transports ; une troisième, qui forme aujourd'hui au moins la moitié du total, vient des centrales, est mise en distribution et vendue par les réseaux.

a) Utilisée sur place, la houille blan villes, assure la marche des tramways, vaux de la campagne. Elle dessert les i vivantes et leur donne une nouvelle act Massif Central, elle rend les plus grand métallurgie de Monlluçon, du Creusot, mond, d'AIbi; aux industries textiles de

de Castres et Mazamet, d'Aubusson. Elle est employée par les fabriques de Limoges. Dans les Pyrénées, elle produit des effets analogues. Les forges et les usines métallurgiques de l'Ariège ; les tissages de laine de Lavelanet, de Bagnères, d'Oloron ; les fabriques de meubles et les scieries, les papeteries sont presque universellement tributaires de la houille blanche. Dans les Alpes, les fabriques de ciment, les forges d'Allevard, la ganterie et les tissages de la région de Grenoble, après avoir provoqué les recherches qui ont abouti à la création de la houille blanche, l'ont tous adoptée. Parmi ces industries anciennes, la papeterie tient une place éminente. Grenoble, Lancey, Brignoud en sont les principaux centres. Grenoble possède aujourd'hui une école de papeterie.

Le Jura est, lui aussi, un pays de vieille activité industrielle. Aussi a-t-il très vite adopté le nouvel outillage. Les montagnards jurassiens, depuis longtemps rompus à la pratique de l'association, n'ont pas hésité à organiser des réseaux ruraux de distribution. Dans la région de Saint-Claude et d'Oyonnax, V Union Electrique, qui exploite l'usine du Saut-du-Mortier, sur l'Ain, a facilité la diffusion du courant à travers les montagnes voisines, dans les villages et les hameaux, installé à ses frais de petits moteurs. Autour de Saint-Claude, les diamantaires et les lapidaires ; à Oyonnax, les fabriques de celluloïd; un peu partout, les tourneries de buis, les scieries, l'horlogerie, etc.. ont retrouvé un renouveau d'activité. Ainsi la houille blanche a ranimé les anciens foyers d'activité sans les déplacer.

Mais elle en a aussi créé de nouveaux. Dans les Pyrénées, l'électrochimie a pris un repoarquable développement. Une partie des usines se sont installées dans les vallées, comme celle d'Auzat, sur le Vicdessos, qui produit le carbure de calcium, les chlorates et l'alumi-

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nium ; Marignac, qui donne du carbure de calcium, de la cyanamide, les produits de distillation des bois; Soulom, le nitrate de chaux; Viltelongue et Beyrède- Jumet, le silico-manganèse; Mercus et Sarrancolin, les abrasifs ; le Castelet, le carbure de calcium, etc. D'autres se sont fixées à quelque distance des chutes, au débouché de la vallée, où les communications sont plus faciles. Mancioux et Boussens produisent le chlore et la soude caustique, Lannemezan et Toulouse ont, pendant la guerre, fabriqué des explosifs. I.a métallurgie s'établit à Paraiers, à Tarbes, au Boucau. L'arsenal de Tarbes absorbe un important contingent d'énergie. Et l'industrie privée édifie, actuellement, dans son voisinage de vastes ateliers destinés à la construction du matériel électHque. Ils recevront, eux aussi, le courant des usines de la montagne.

Dans le Massif Central, les aciéries de Firminy aménagent deux puissantes usines sur la Cère, descendue du Cantal, et sur le Bès, venu de l'Aubrac, Et d'autres sont projetées. Mais c'est naturellement dans les Alpes que ces créations ont été les plus nombreuses et les plus puissantes. Les nouveaux foyers industriels se sont installés, pour la plupart, au cœur roi tagnes. Favorisés par l'ampleur des va développement d'un réseau serré de chemi des traditions d'activité industrielle très ; se sont rapidement multipliés. On peut au sans exagération que les Alpes françaises | Dauphiné et en Savoie, le foyer industrie et le plus concentré qui soit en une région du monde. En Suisse, en Italie, c'est au vallées ou dans les plaines que la plus fo courant est utilisée.

Ces industries alpestres sont très varié fabrique des alternateurs et des turbines.

ruy a une usine de câbles sous-marins et de machines électriques. L*électrochiroie et l'électrométallurgie sont partout, tantôt produisant elles-mêmes le courant qu*elles consomment, tantôt installées auprès des centrales et leur achetant leurs excédents.^ Le chlore liquide se prépare, près de Grenoble, à Pont-de-Glaix ; les chlorates et les explosifs à Ghedde, en Savoie, à Saint- Michel, en Maurienne, à Livet-et-Gavet sur la Romanche; le carbure de calcium à Saint-Michel encore, à Livet, à Bozel, sur le Doron, à Ghedde, à Notre-Dame-de- Briançon et dans plusieurs autres établissements. L'acide nitrique, les nitrates de chaux, la cyanamide viennent de la Roche-de-Rame et de Notre-Dame-de- Briançon.

Les foyers d'industrie métallurgique tendent à se concentrer davantage. Le plus remarquable est certainement celui d'Ugines, sur l'Arly, au débouché du Doron de Beaufort, en Savoie. Le groupe d'usines qui le composent utilise une énergie totalisée de 50 000 à 60 000 HP et donne les aciers, les alliages de métaux rares, la plupart des produits métallurgiques. Les autres sont établis en Maurienne, dans l'Oisans (Livet) et le Graisivaudan (AUevard et Grenoble). Enfin l'aluminium est fabriqué au four électrique sur la Durance, à l'Argentière et, sur l'Arc, à la Praz, à Calypso, au Plan d'Arc.

L'industrie, introduite ou réinstallée dans les montagnes, est pour elles une source de richesse. Elle renoue le présent au passé en ressuscitant de vieilles traditions. Elle développe et multiplie les ressources, retient les montagnards en leur offrant chez eux du travail et des salaires. Elle attire les gens de la plaine et la maind'œuvre étrangère. Les usines pyrénéennes complètent leur personnel en faisant appel aux campagnes aragonaises et catalanes. Celles des Alpes reçoivent des Ita-

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liens, des Marocains, des Kabyles et des Levantins. La population, qui n'avait jamais cessé de diminuer depuis la disparition ou l'appauvrissement des anciens ateliers rnraux, tend à se stabiliser et, en plus d'un endroit, s'accroît rapidement. En quinze ans, Ugines a doublé le nombre de ses habitants. Dans les Pyrénées, Bagnères-de-Bigorre, Marignac et Saint-Béat, Oloron prennent déplus en plus figure de petites villes d'industrie. Et il en en est de même partout où paraît la houille blanche.

Ce n'est pas seulement la montagne qui gagne à ces heureuses innovations, c'est le pays tout entier. La houille blanche a donné aux industries chimiques et à la métallurgie de nouveaux moyens d'action et a permis des préparations nouvelles. La guerre, en élevant te prix du charbon, en nous privant de plusieurs de nos fournisseurs habituels, mais surtout en imposant la fabrication en masse et dans de très courts délais des explosifs, des aciers, des projectiles, a permis aux techniques nouvelles de révéler tout ce que l'on peut attendre d'elles. Une statistique récemment publiée évalue l'énergie utilisée en 1918 dans les Alpes seules à 303 000 HP pour la chimie et 255 000 HP pour la métallurgie, soit 558000 HP pour ces deux applications, tandis que les distributions de force et de lumière absorbaient 440000 HP. Encore faut-il remarquer qu'une grosse partie de l'énergie transpoi à Saint-Chamond, à Firminy, à Unieux, i.

lisée encore à des travaux métallurgiques à la fabrication des aciers. Aussi la p aciers électriques s'élève-1-elle d'année sant de 32 000 tonnes en 1913 à 47 722 ei

I. Sur ce total, la Savoie figure pour 3058 pour 4587 tonnes.

des ferros et des fontes, dans le même intervalle, a doublé. La progression est beaucoup plus considérable pour les fabrications chimiques.

b) Les transports, si Ton excepte les tramways des villes, qui s'alimentent le plus souvent aux réseaux généraux de distribution, n'absorbent encore qu'une faible partie de l'énergie totale produite dans notre pays par la houille blanche. Mais ils se placeront, dans un avenir prochain, au rang de ses meilleurs et de ses plus fidèles clients.

Les Alpes ne possèdent actuellement que des lignes d'intérêt local: le Fayet à Ghamonix-Martigny, Saint- Georges-de-Commiers à la Mure; les lignes de l'Estéron, du Haut-Var, de la Tinée et de la Vésubie, de la Mure à Gap. Dans le Jura, les réseaux à traction électrique sont encore plus rares. On ne peut guère citer que celui de la Valserine. Petits ou grands, tous les autres ont conservé la traction à vapeur. Il en est de même dans le Massif Central, à l'exception des environs de Limoges et de la Haute- Vienne.

Mais la traction électrique a tant d'avantages sur la traction à vapeur que l'idée s'est de bonne heure imposée d'étendre le nouveau mode de traction aux voies générales de circulation en montagne et même en plaine.

C'est la Compagnie des Chemins de fer du Midi qui, la première, entreprit l'électrification de son réseau. Les lignes qu'elle exploite se développent pour une grande partie au pied des chaînes pyrénéennes, dans l'intérieur des vallées, ou, pour les Transpyrénéens, au travers même du massif. Leur tracé comporte donc beaucoup de sections à profil très accidenté. Entre Tournay et Capvern, au point où elle franchit le plateau de Lannemezan, la ligne de Bayonne à Toulouse a des rampes d'accès de 32 millimètres à 33 millimètres

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par iliètre, supérieures aux rampes du Cenia et du Saint-Gothard. Sur les Transpyrénéens du Puymorens et du Somport, les pentes atteindront par endroits 42 millimètres par mètre. Et, d'une manière générale, toutes les lignes en montagne ont de fortes déclivii

Dès avant la guerre, la Compagnie avait commencé à électrifier quelques lignes. Ce fut d'abord la voie 1 mètre de Villefranche-de-Gonflent à Bourg-Madame, inaugurée en 1911. Elle est actuellement desservie par les usines de la Cassagne et de Fontpédrouse. Puis, l'électrification fut étendue à d'autres régions. Et dès lors, les voies électrifiées ou près de l'être formèrent deux groupes. A l'Est, les lignes de Perpignan à Bourg- Madame, de Foix à Ax-les-Thermes et l'Espagne, de Quillan à Montlouis, etc.. desservies par les usines de la Cassagne, de Fontpédrouse et de la haute Ariège. construites ou à construire. Au centre, la ligne de Pai à Tarbes, Capvern et Montréjeau et ses embranchi ments : Oloron et l'Espagne, Pierrefitte, Bagnères-di Bigorre, Arreau, Luchon, vers ta montagne ; Hagetmau, Aucti et Condom vers la Ctialosse et l'Armagnac. Pour ces lignes fut mise en marche la puissante usine de Soulom. Et c'est pour elles aussi que l'on achè très haute chute d'Eget, et que l'on a coma l'aménagement de la vallée d'Ossau. Depuis la guerre, la Compagnie a résolu d'électrifier la totalité de la ligne de Bayonne à Toulouse et celle de Bayonne à Bordeaux. EnGn, elle a demandé la concession c forces de l'Agout pour assurer la trf .ses lignes du Massif Central.

La Compagnie d'Orléans se pré ■l'exemple du Midi en électrifiant la part établie sur le Massif Central. Le plan prévoit surtout la transformation des ■entre Bordeaux et Lyon, h travers un

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fortes rampes sont nombreuses. Mais rélectrification sera étendue très an delà, dans Tintérieur d'une région comprise entre Montluçon, Guéret, Poitiers, Angouléme, Périgueux, Agen, Toulouse et, à TEst, les réseaux limitrophes du P.-L.-M. et du Midi. Pour assurer la traction des convois, FOrléans disposera des forces de la haute Dordogne, de Tusine d*Ëguzon en projet sur la Creuse et des centrales thermiques de la région parisienne (Gennevilliersî.

Enfin, la G'* P.-L.-M, à son tour, songe à électrifier ses lignes de montagne : dans les Alpes, Marseille à Grenoble et Montmélian ; Lyon à Genève ; Culoz à Modane et le Cenis (qui se soudera au réseau italien déjà transformé) ; Marseille à Vintimille ; dans le Massif Central, Nîmes à Langone.

c) Le plus fort contingent de Ténergie hydroélectrique est celui qui provient des centrales et qui est mis en distribution par les réseaux. Ces réseaux se groupent tout naturellement dans Tintérieur et sur les abords des trois grands massifs montagneux de notre pays : les Alpes, les Pyrénées et le Massif Central. D'un massif à l'autre, ils s'associent et se soutiennent pour assurer à la clientèle la plus grande permanence possible du courant électrique. Nous nous contenterons d'indiquer les plus importants de ces réseaux.

Les Alpes et le Jura dominent, sur plusieurs centaines de kilomètres, une plaine allongée qui est une grande voie de circulation internationale et l'une des régions les plus peuplées de notre pays. De Marseille, elle conduit directement à Lyon, à Paris, au Rhin, à la Manche et à la mer du Nord. Sur ses abords et à faible distance, se succèdent des groupes industriels très actifs : Saint-Etienne, Le Creusot. Pour les usines des Alpes, toute cette France orientale constitue un marché de premier ordre. Du Jura, la centrale de Cize-Bolo-

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zon, soutenue par les usines du Rhône, se prépare à envoyer son courant au Creusot. La zone de basse montagne, étendue k la limite de la plaine, du Léman à l'Isère, travaille pour les industries du bas Dauphîné et de Lyon. Sur la haute Isère, l'usine de Viclaire alimentera Lyon et sa banlieue. De l'Oisans, celles de l'Eau d'OUe et de la Romanche dirigent leur énergie sur Saint-Etienne et Roanne, où elle se confond avec le tribut de la Loire supérieure et des usines ther-

Plus au Sud, la Durance alimente le vaste réseau de l'Energie électrique du Littoral méditerranéen. Cette société puissante produit elle-même l'énergie dans ses usines de la Brillanne, du Largue, de Sainte-Tulle et achète le surplus à la Société des Forces motrices de la haute Durance, elle-même propriétaire de la grande usine de Ventavon. Le long de ses â500 kilomètres de lignes, elle assure la distribution du courant sur tout le littoral, dessert près de 130 communes, soutient les industries de Marseille et de la Ciotat, alimente l'arsenal de Toulon et les chantiers de la Seyne. A ses côtés, la Surf- Électrique, alimentée par les Torces motrices de la Durance et l'usine de la Vis, étend son réseau des deux côtés du Rhône, en basse Provence et dai guedoc méditerranéen. Enfin la Société Bit Force et Lumière et la Société méridionale de de force, alimentées par les usines de l'Orb, et de l'Aude, complètent le réseau du Sud-Ef

Les plaines du bassin d'Aquitaine sont ac desservies par deux grands réseaux. Des Py elle exploite la haute chute d'Orlu, la Soc néenne d'Énergie électrique distribue son 160 communes de l'Ariège, de la Haute-Gs Gers, du Tarn-et- Garonne, de l'Aude et du ' prié taire d'un groupe d'usines actionnées pa

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avec lesquelles la centrale d'Orlu marche en parallèle, elle étend son activité jusqu'aux régions industrielles du Massif Central. A l'Ouest, Y Energie électrique du Sud-Ouesty propriétaire des établissements de la Dordogne, dessert Périgueux, Bordeaux et Angouléme.

Enfin, aux extrêmes limites du Massif Central, la Société des Forces motrices de la Vienne distribue la lumière et la force aux régions agricoles du Poitou et de la Vendée.

L'énergie distribuée par les réseaux est employée aux fonctions les plus diverses. Elle éclaire les villes et met en mouvement les tramw^ays. Elle alimente maintes industries, concentrées en puissants foyers, ou disséminées dans les petits ateliers. A Toulon, elle actionne les machines-outils de l'arsenal. A Marseille, elle est employée dans les fabriques de produits chimiques. A Bordeaux, elle assure une partie des services du port. A Lyon, mise au service des industries textiles, elle permet à des centaines de canuts de travailler à domicile. A Saint-Etienne, c'est encore le moteur électrique qui met en mouvement une foule de petits métiers pour la fabrication des rubans. Dans toute la région lyonnaise, l'énergie distribuée par les réseaux dessert un nombre considérable de petits ateliers, ou provoque l'installation, dans la campagne, des usines où la concentration ouvrière est restée nécessaire. La banlieue de la ville, les cantons montagneux de l'Ouest, les campagnes du bas Dauphiné, vers l'Est, subissent les heureux effets de cette diffusion du courant électrique. Dans les Pyrénées, notamment dans les environs de Lavelanet, où l'industrie textile fait appel à la Société pyrénéenne, la distribution de l'énergie agit dans le même sens et favorise la petite industrie.

Dans les campagnes, l'utilisation de la houille blanche est encore peu avancée. Les seules régions où le cou-

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rant soit appliqué aux travaux agricoles sont les pays de montagne. Dans beaucoup de vallées pyrénéennes et alpestres, il sert au battage du blé. Dans les Alpes encore et dans le Jura, il actionne les barattes et les malaxeuses des fruitières. Vraisemblablement, il en sera de même dans les plaines du Poitou et de la Vendée où les usines de la Vienne dirigent, depuis peu, leur courant. L'énergie électrique actionne encore des moulins et des pressoirs à huile. Mais en dehors de ces applications, l'agriculture ne prélève encore qu'une très faible part du courant produit par la houille blanche. Seul, le Midi languedocien fait exception. Les réseaux de distribution de la Sud-Electrique y trouvent une clientèle assez active dans les caves à vin et surtout dans les régions d'irrigation. Le courant y est employé au transvasement des liquides, au pompage de l'eau, à l'entretien des cultures maraîchères et des vignes, dans la Camargue et. dans les basses plaines du Rhône, jusqu'à Aigues-Mortes, Montpellier et Nîmes.

En somme, l'agriculture française est, pour la houille blanche, une assez mauvaise cliente. L'abstention où elle se tient s'explique par les raisons ordinaires : individualisme exagéré, faiblesse de l'esprit d'association, surtout enfin, dispersion et faible densité de la population rurale. On a montré précédemment que, pour desservir une clientèle paysanne suffisante, les réseaux de distribution sont obligés de multiplier leurs lignes et d'accroître la longueur de leurs fils. Le prix de vente du courant en est nécessairement relevé. Ainsi s'explique la lenteur des progrès. L'électricité finira par se répandre dans les campagnes. Mais elle y sera amenée, beaucoup moins par l'agriculture ellemême, que par l'industrie, petite ou grande, et par les voies ferrées, qui serviront de points d'appui aux réseaux ruraux et permettront d'abaisser le prix du courant.

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