CONCLUSION
L'industrie de la houille blanche présente pour notre pays un intérêt de premier ordre. Elle est une industrie d'origine essentiellement française. Elle est restée française par les progrès qu'elle a faits, par la provenance des capitaux qu'elle emploie, par son outillage que nous fabriquons nous-mêmes, à Grenoble, à Lyon, à Paris, en Alsace.
La France ne vient qu'au troisième rang dans le monde parmi les pays producteurs d'énergie hydraulique, mais, sur ses forces disponibles, elle a fait un prélèvement supérieur à celui des Etats-Unis et du Canada qui la dépassent dans les statistiques globales. Elle a engagé dans cette industrie des capitaux considérables évalués à un milliard et demi. L'effort qu'elle a réalisé, depuis la guerre surtout, montre tout le prix qu'elle attache à l'utilisation de cette source de richesse. Il montre aussi tout ce que nous pouvons en attendre dans l'avenir. .
Notre pays présente cette particularité qu'il est à la fois un pays de grande industrie et un pays pauvre en charbon. Il ne produit qu'une partie, deux tiers environ, du combustible minéral qu'il consomme. Il a réussi, malgré cette situation, à se maintenir au rang des Etats grands producteurs, parce qu'il est un pays actif, qu'il avait une avance considérable sur quelquesuns de ses rivaux et que ses industries sont surtout des industries de luxe. Mais les sommes qu'il paie tous les ans à l'Angleterre, à la Belgique et à l'Allemagne pour le charbon qu'il leur achète, grèvent lourdement ses budgets d'industrie et le mettent, vis-à-vis de ses concurrents, dans un état de réelle infériorité.
C'est cette situation-là qui donne à nos forces hydrauliques toute leur valeur. On estime que les
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1 000 000 HP moyens que nous avons aménagés sur notre sol sont l'équivalent de 8 millions de tonnes de charbon consommés annuellement. Nos dix millions de chevaux disponibles nous vaudraient, à ce taux, 80 millions de tonnes, deux fois la production de nos mines avant la guerre.
Il y a là, pour notre pays, une inappréciable richesse. On ne doit pas compter qu'elle remplacera entièrement le charbon qui nous manque. Mais elle peut permettre de ne pas accroître la somme de nos achats et même de les restreindre un jour, tout en provoquant la création d'industries nouvelles. Dans la lutte économique de demain, c'est déjà une très efficace condition de succès.
Bibliographie sommaire.
Même bibliographie que pour les chapitres I, II, III.
Voir aussi : R. de la Brosse. État de la houille blanche dans les Alpes françaises au début de 1916. (Service des Grandes Forces Hydrauliques. Région des Alpes). Compte rendu au 31 décembre 1915, t. VII, 1916.
Annuaire de la Chambre syndicale des Forces hydrauliques.
Pawlovski. Annuaire de la houille blanche.
Cahen. La houille blanche pendant la guerre, Paris, 1918.
Journal officiel du 18 octobre 1919. Loi du 16 octobre 1919 sur l'utilisation de la puissance hydraulique.
G. TocHON. Le régime légal des chutes d'eau en France (Génie civil, 12-19 juillet 1919).
Du même et sur le même sujet : Revue politique et parle^ mentaire (10 août 1919).