O-^.SO
La pression est variable, et il est facile de l'augmenter ou do la diminuer; dans des cas particuliers, elle peut atteindre un chiffre très-élc\é. C'est ainsi que, pour le gonflement du ballon le Pôle nord au champ de Mars, la compagnie parisienne a pu fournir, dans des tuyaux de grande dimension, l'énorme quantité de H, 000 mètres cubes de gaz en trois heures environ. Il est vrai que tous les embranchements qui conduisent auï becs de gaz et aux demeures des particuliers avaient élé provisoirement fermés, parce que la pression tro}) considérable aurait pu occasionner des accidents.
Les tuyaux de distribution de grand diamètre sont généralement en fonte, ils sont essayés sous
une pression de dix atmosphères, et Ton a toujours soin de vérifier la régularité d'épaisseur de leurs parois, afin de prévenir les fuites qui pourraient résulter de boursouflures qui existent quelquefois dans les meilleures fontes. Quant aux tuvaux de distribution dans les maisons, ils sont habituellement en plomb, et on les fixe toujours contre des murs ou des plafonds où ils sont apparents afin de vérifier facilement leur état de conservation.
Malgré toutes les précautions el tous les soins, des explosions terribles se produisent quelquefois et jettent l'épouvante parmi le public. Ici, nous pourrions citer des malheurs presque aussi nombreux que pour le feu grisou dont nous avons précédemment parlé. — La cause de l'explosion est à peu près la même que dans ce dernier cas. Le gaz de l'éclairage, mélangé avec l'ciir, produit un mélange détonant, explosif, qui prend feu au contact d'une flamme, et qui, par sa force expansive considérable , détruit instantanément les localités où il éclate et frappe de mort les victimes qui s'offrent è son action. — On se rappelle sans doute encore les désastres du passage des Panoramas, du Casino , et du boulevard des Capucines... Ces catastrophes sont trop connues et trop récentes pour qu'il nous semble nécessaire d'en faire le récit. La cause de ces désastres est toujours une fuite ouverte dans un tuyau ; mais qui pourrait soupçonner quelquefois l'auteur de la
détérioration des tubes ? 11 y a une dizaine û'aft- fc?^^*^ nées , une explosion jeta l'épouvante dans m kte^^^ quartier de Paris, on reconnut que l'un deslu^aml^^^^ de plomb était percé d'un trou pratiqué comme f»p au foret , dans la paroi avoisinanle au mur. Ce tube avait été posé la veille contre une fissure du mur; il avait emprisonné un pauvre rat, qui, nouveau Latudc, chercha le salut dans une évasion difficile. Le pelit rongeur travailla si bien qu'il perça le métal ; mais il ne tarda pas à être asphyxié par le jet de gaz méphitique , et on le trouva mort dans son cachot improvisé. Ce fail est si extraordinaire qu'il paraît invraisemblable; mais il est affirmé par des personnes trop dignes de foi pour qu'il puisse être mis en douie un seul instant.
A Londres , on évite souvent ces accidents en établissant les luyaux dans des caniveaux en maçonnerie qui les protègent d'une carapace invulnérable, et qui, en outre, convenablement ventilés dirigent toutes les fuites au dehors. Que n'eniploie-t-on ce mode avantageux de- construction dans notre brillante métropole? Il est, hélas î bien d'autres progrès qu'il nous reste encore à imiter do nos voisins !
moyens de prévenir les explosions. — Cherehe-
fnites. — On parvient à diminuer les chances de production de mélanges détonants en établissant
^^ système de ventilation régulier dans les locaux ^ù brûle le gaz de l'éclairage ; mais c'est surtout ^n Angleterre que Ton a l'habitude de prendre Ces sages précautions. Des vasistas, des ouvertures circulaires établies dans le haut des habitalions, permettent au gaz de s'écouler, s'il vient à s'échapper de ses conduites ; mais ces dispositions ne peuvent pas toujours être prises, et d'ailleurs elles ne préviennent nullement les dangers des mélanges déionants qui peuvent se former dans des cabinets fermés , dans des armoires ou quelquefois môme sous les parquets des appartements.
Delà la nécessité de recourir à des appareils dits cherche- fuites, pour prévenir les explosions. Un des moyens les plus simples et les plus efficaces, dû à M. Maccaud, consiste à adapter un ajutage à l'origine du tuyau qui conduit le gaz dans une maison ou dans un appartement. — On adapte à cet ajutage à vis une petite pompe foulante qui comprime de l'air dans toute la longueur des tuyaux où s'écoule habituellement legnz de l'éclairage. — L'air remplace ainsi le fluide éclairant, sous une pression beaucoup plus forte, de une atmosphère, par exemple. — Un petit manomètre à cadran est fixé dans une autre partie du tuyau, et indique si la pression intérieure se maintient quand on cesse de refouler l'air. Si l'on constate une diminution sensible de pression, on peut être certain
que le tuyau est percé de trous qu'il est généralement facile de découvrir et de réparer.
Compteurs. — Le gaz cst quelquefois livré à un prix déterminé par le nombre de becs, mais généralement on évalue la consommation parle volume employé; dans ce dernier cas, où il est nécessaire de savoir le nombre de mètres cubes brûlés, employés, l'abonné est muni d'un compteur qui indique la quantité de gaz brûlé. — On a imaginé un grand nombre de systèmes divers de compteurs; mais l'appareil le plus ordinairement usité consiste dans une espèce de cylindre à augets en fer-blanc ou tôle galvanisée, dont l'axe horizontal est plongé dans un cylindre contenant de l'eau. Le gaz s'échappe au-dessus de l'axe, de telle façon qu'il imprime un mouvement de rotation à une roue spéciale, engrenée à des rouages qui font mouvoir une aiguille autour d'un cadran extérieur. L'appareil est gradué de telle manière, que l'on connaît le volume de gaz consommé par le nombre des révolutions du cylindre , accusé lui-même à l'aide des aiguilles.
Becs de g^az. — Le gaz de la houille, que nous avons vu s'échapper de l'usine, que nous avons suivi dans les conduits souterrains qui sillonnent le sous-sol de nos villes, a traversé le compteur, il est arrivé sur le lieu de la consommation. — Il nous
le nom de becs éoentails (Gg. 40). — On a encore appelé ces brûleurs becs chauve-souris, sous le prétexte que la flamme imitait la forme de l'aile de cet animal ; mais cette désignation, beaucoup moins heureuse que la précédente , est évidemment le résultat d'une imagination trop j^^V inventive.
HHV II y a réellement de quoi faire reculer celui qui étudie la moindre par- Manchester, tie d'une de nos industries modernes; elles ont été Tobjet de tant de travaux, de tant de recherches, et ont exercé la sagacité d'un si grand nombre de laborieux artisans! Il y aurait certainement un traité à faire sur les seuls becs de gaz ; leur nombre est prodigieux, leurs formes diverses sontd'unc multiplicité extraordinaire, et, ici comme dans les êtres naturels, on se trouve eu face d'une richesse inouïe dans la variété des espèces. Conlenlons-nous de citer encore le bec Manchester, composé d'un ajutage creux, légèrement conique, comme l'indique la figure 41. Le trou cylindrique dont il est percé longitudinalenicnt se termine par un fond assez épais, percé de deux orifices obliques i i, disposés de telle manière, que les deux jets de gaz qui s'en échappent se choquent et s'épanouissent en une lamelle perpendiculaire aux deux trous obliques. La flamme a les bords courbés et les sommets élargis, de sorle
i&i ul hoc elle.
::'échappe par les tuyaux i i et lurâle par une série de petits orîdces oOy disposés circulairement : la garniture PG est elle-même garnie d'ouvertures qui ménagent Tappel de Tair nécessaire à la combustion. Citons enfin le bec Mariniy \ebec à armature de rrlitaU qui empêche la formation d'une ombre au-dessous de la flamme (fig. 44), et hâtons-nous de quitter un sujet spécial qui nous éloignerait trop de notre sujet et nous entraînerait dans le domaine de la technologie.
Toutefois, nous ne devons pas abandonner ce sujet sans nous arrêter sur la partie économique de la question si importante de la combustion du gaz. — Y a-t-il avantage à brûler le gai de la houille? quel est le prix de revient de ce mode d'éclairage, et quel est celui des autres systèmes usités? Laissons parler les chiffres, qui ont quelquefois trop d'éloquence pour qu'il soit nécessaire (le les commenter :
rV.W \>'\.>V. IIELJiE I» ÉCLAIRAGE, PKODL-ISAM IXE Ll'MIÈRE ÉQl IVALEXTE A CELLE :>'r>E LAMPE CAIICEL BHL'LA.M PAR HEL'RE \i GRAMMES b'ill ILE DE COLZA
Centimes
]{oii^'ic« sUJariquos (10 aii kil.). 65»' à 3 fr. le kil. coûteront 19*00 CliarHlclles^lîi lumière est var.). 80p' à 80c. — — 14«35
Huilede colza 42«'àr40. — — 5*88
1(K) lit. 1,'azde houille (becs usJ . 50»' à 50 c. le mètre cube. . 3O0
S5 — — (b.âairch.). 42,5 — — . . 2*55
Carbures volatils 5C»'. — — . . 2'40
Aiusi, à quantité de lumière égale, la bougie
le gaz de la houille, et elle peut être considérée comme une importante application de ce produit. A la fin du siècle dernier, Lavoisier, Tillustre génie qui a posé les bases fondamentales de la chimie moderne, a démontré que l'air n'était pas un corps simple et qu'il était formé par Funion de
deux gaz distincts, l'azote et l'oxygène.
L*azote est un gaz inerte qui éteint les flammes et qui n'entretient pas la vie des animaux. Une bougie allumée qu'on y plonge s'éteint aussitôt, un animal qu'on y enferme meurt presque instantanément. L'autre gaz de l'air, l'oxygène, a au contraire toutes les propriétés actives de l'atnjosphère quand il est isolé, quand il est séparé de l'azote : les flammes qu'on y plonge brûlent avec un celai extraordinaire , et les animaux qui le respirent semblent vivre avec plus d'activité. C'est l'oxygène qui se combine avec le fer et transforme ce métal en oxijde ou en rouille, c'est luiqui entretient notre vie à tous ; dans l'air, comme il est mélangé à un gaz inerte, il agit avec moins d'énergie que lorsqu'il est isolé ; c'est comme un vin généreux qui se trouve mélangé d'eau
L'oxygène a été isolé pour la première fois par Priesllcy, et c'est Lavoisier qui sut l'extraire de l'air au moyen du mercure. Quand on vit ce gaz nouveau, qui faisait brûler tous les corps avec une énergie bien plus grande que l'air, on ne tarda pas à songer aux applications industrielles
lOG L\ HOUILLE.
lallurgique, on y lançait de l'oxygène, la coinbus tion du charbon serait plus vive, et la tempéra turc qui en résulterait beaucoup plus élevée. .répoque où on étudia pour la première fois l'oxy gène, on vit que ce gaz lancé dans un tube î rcxtrcmilé duquel brûlait de l'hydrogène, éle vait singulièrement la température du dard de feu qui prenait naissance, et que la chaleur était assez intense pour déterminer la fusion du platine et de quelques substances regardées jusque-là comme réfractaircs, c'est-à-dire résistant à l'action des foyers les plus intenses. Cet instrument meneil- Icux, appelé chalumeau^ permettait de réaliser dans le laboratoire les expériences les plus remarquables, et on se demanda si l'industrie ne pourrait pas prendre possession de cette arme nouvelle. Plus lard, on reconnu! que le dard du chalumeau, alimenté j)ar le gaz de la houille et roxygène, produisait les mêmes résultats, et un olficier de la marine anglaise, nommé Drummond, ayant eu l'idée de projeter ce jet de feu sur un morceau de craie , vit cette pierre devenir incandosceiit( et briller d'un éclat presque aussi vif que celui d( la lumière électrique. On se demanda encore s cette lumière de Drummond ne pouvait pas sub venir aux besoins dos sociétés, et si on ne pouvai pas laire passer du domaine de la science dan celui de la pratique cet éclairage si puissant. Pour résoudre ces problèmes, il fallait obteni
168 LA HOniXE.
Aujourd'liui M. Tessié du ]lotay a imapnèun procédé nouveau au moyen duqud il peut préparer le gaz oxygène en grand et à bon marthé. Le procédé de ce savant industriel a été soumb à des discussions nombreuses; il a ea ses emieniis et ses partisans; on l'a prôné et oo Ta calomnié ; dans quel parti devrons-nous nous ranger? Dans aucun, car nous n^avons pas étudié la nouvelle fabrication de visu, et nous n^osons pas nous prononcer dans une question aussi sérieuse. Toutefois nous avons élé à môme d'apprécier le nooYd éclairage oxhydrique qui va s'oi^niseren grand à Paris . qui a déjà éclairé la place de THùtel de Ville et la cour des Tuileries, et nous pouvons nous étendre sur ce nouveau mode d'éclairage en laissant de coté la partie financière de Texploilalioii, ([ui concerne les actionnaires de la nouvelle conigagnie bien plus qu(* le public.
M. Tessié du Motav fabrique le naz oxvîiène à l'aide du bioxyde de manganèse et de la sniide. L'air que Ton fait passer sur ce mélange chaiifft' à une température assez élevé, Toxyde, p<?rd son oxygène. Si on chauffe le produit ainsi formé, à une température plus élevée, dans un courant de vapeur d'eau, il perd Toxygène qu1l a absorbé. De nouvelles quantités d'air pourront lui donner de nouvelles quantités d'oxygèn<\ et ainsi de suite, fndclinimeiit d'après l inventeur.
l/oxygène se prépare actuellement en grand
dans une usine à Pantin, et il se rendra dans des tuyaux spéciaux jusqu'au lieu de la consommation. Là il traverse un ajutage spécial, se mélange dans un tube avec le gaz de la houille ; il s'échappe par deux orifices étroits, hrûle en dards de feu, qui se projettent iur un petit crayon de magnésie ou de zircone. Le petit .^lindre terreux rougit, délient incandescent et projette le toutes parts mille rayons itincelants. La forme des becs i été successivement modi- Sèe, de manière à atteindre la meilleure disposition. — Aujourd'hui, on se sert presque uniquement de crayons do arcone, qui donnent une lumière blanche 1res -pure et Irès-éclafante. — L'hydrogène
et l'oxygène arrivent isolé-
mentparles robinets A6 et CD; rm.K.
ffig. 45); ils se mélangent dans an réservoir cylindrique et sont allumés à l'extrémité des tuyaux f, f, f; le dard de feu est dirigé Sur le crayon de zircone, dont on régie la hauteur au moyen du support mobile (, et il ne tarde pas i'i devenir incandescent. Un autre bec consiste en un plus grand nombre de tuyaux, qui donnent
naissance à une série de flammes embrasant mieux le zirconc (fîg. 46 et 47).
Ce mode d'éclairage a de grands avantages ; avec lui, plusde flamme qui oscille sous Faction du vent, et qui s'éteindrait à la pluie; c'est un point fixe, immobile, une étoile à la lueur blanche, un pelit soleil en miniature. L'expression de soleil n'est pas ici prise tout à fait au figuré ; la lumière de Drummond mise en pratique par M. Tessié du Motay a, comme la lumière éleclrique et la lumière au magnésium, les mêmes propriétés que les rayons solaires. Elle peut impressionner la plaque daguerrienne, ctle photographe peutlutiliseravec avantage, pour tirer des clichés pendant la nuit, ou prendre des vues, dans des caveaux obscurs, dans des mines, dans les temples de lantique Egypte creusés dans le roc, en un mot partout où la luniiùre du jour ne pénétre pas. Elle offre aussi ses inconvénients : quelle médaille n'a pas son revers ! Elle nécessite un double tuyautage, et revient sans nul doute à un prix plus élevé que le gaz de l'éclairage; mais elle donne une lumière plus vive, une lueur plus blanclie ; c'est un éclairage de luxe, et, dans notre civilisation, il y a assez de bourses bien garnies pour que le nouveau procédé obtienne un grand succès. Les magasins, les rues luxueuses, les théâtres, pourront s'éclairer avec les nouveaux becs oxhydriques, et il est probable que bien des commerç^nls ne re-
irt li BOUILLE.
OÙ concourent à U fcnf le jpxz de Ja iiouillp d K:î gaz oxygène: les rayons gui f^'en éclugfot jieuvenl -^^tr^f iii^jjelfe -en un «eul point. fil» ter b lun^^ )^ur b tiOÎle de £mâ. On peut kl faire [iHiî^tv â travers des wacraB crilarê è toutes nu;<ncef^ et obtesir ainsi des ^Sets a* rieux. Fau^t^ à rO[iéra. f&h «on ajgiBEitioD i milieu d.^un jet de lumière ronge, -et. jb la ï^orte- Saint'Mârtin, quand le crÎMÎiifil TdenL peDâant h nuit, ver^ï^^r le poiiïondaïasliKifnigie âerimincote qui dorl ^ns rien <ïOupoc«iJifter. «iiei lui jfidf n visage un rayon verdatre qvi ixpodnil IrmÎMis le meilleur effet* On se rappeffle «enofiife M rck étinaJante de /Vtfu d'âfi'r à bi takftï'^ le .diiri la madone des rosr?s, qui ^ïîisse am milkîD^ ra%'ons d*ijii soleil arlificîeL H lef '?T»«ifît't^ ^ M. Iioliifi. Tous <:es ^'lIVîls 'jui 2»jf ^iirJlfL: >--• dus ;* lîj lufni<înf H<; Uviiumionà. -t-: jt riJ irh liouill'; joue son rôle dan^ cettienji^ e^j s^iJ.^.
L^î ^hïjrliou «le terre e^t dê«:id^in'?:J «î-f :>i:es les fi'it'-': il iuler\ient partout, et rio"iîui's:r!r:rxive sans r:esse le rnoven d'utiliser îe m«>ies€e .cL'i^rt-ïn fossile. Dans les lliéàlres, il ne se •»!! tien te fx\>d^ faire briller la sr:ene d'un vif éclat, il •^•♦.btrje li soUt où il jelle mille (eux sur les diamants de< avant scènes et sur les éloffirs aux vives couleurs: oi peutdirequ'iU'cclaire lui-même, car, parmi toute ces rolK?s, il en est certainement beaucoup qu doivent leur beauté aux couleur? du goudron d
^^'c^iiille, que nous allons étudier dans la suite. La uille éclaire la salle^ elle illumine l'artiste, et e peut parer, par ses matières colorantes, les mes qui assistent à la représentation ; elle est à fois l'acteur et le spectateur. ^ Un a certainement un peu abusé de ces lumières latantes dans la mise en scène de nos tliéâtres, le spectateur finira sans doute par se lasser de ^es rayons éblouissants qui jaillissent sur chaque ;^écor dans tous les actes et qui ne remplacent ^-tjue médiocrement les mots d'esprit, qu'ils ont —-thassés de certains spectacles ; les hommes sont "-véritablement de grands enfants qui s'amusent surtout des nouveaux jouets qu'on leur donne..., et qui les oublient aussi vite qu'ils les ont aimés. . . Du reste, il faut savoir garder en tout le juste milieu que commande le bon sens, et je me garderai bien de blâmer cet excès d'éclairage, que je préfère de beaucoup aux procédés barbares qui étaient en faveur à une époque assez proche de la nôtre. — Voici un passage de Lavoisier qui nous apprend comment le brillant dix-septième siècle entendait l'éclairdge :
« Le siècle de Louis XIV, qui a pour ainsi dire fixé en France les arts de toute espèce, n'avait procuré, ni à la ville de Paris ni aux villes principales du royaume, aucune salle de spectacle; on ne peut, en effet, donner ce nom à ces carrés allongés, à ces espèces de jeux de paume àaxv^ Xe^^^'^i
174 u Hounif.
on avait élevé des théâtres, où une partie deS' spectateurs était condamnée à né rien voir et Tau- 1 tre à ne rien entendre. Ainsi, il n'avait pas étè^ donné au siècle qui avait produit de gran des choses ' dans presque tous les genres, de] voir élever des salles de spectacle, dignes de la magnificence da souverain, de la majesté de la capitale et des chefs-d'œuvre dramatiques qu'on y représentait. « La manière d'éclairer le spectacle et les spectateurs répondait à cette espèce d'état de barbarie; un assez grand nombre de lustres tombaient da haut des plafonds ; une partie éclairait l'avantscène, l'autre éclairait la salle ; et il est peu de ceux qui m'entendent qui n'aient vu déranger les spectateurs pour moucher les chandelles de suif dont ces lustres étaient garnis. »