CHAPITRE XI
L'arc-en-ciel et les couleurs de la houille. — La gamine chromatique. — Le rouge Magenta. — Le bleu. — Le violet. — Le vert. — Le jaune. — Le noir et le gris. — Usages divers de ces matières colorantes.
Parmi les substances cxirailes du goudron de , houille, c'est Taniline qui est la base de toutes les matières tinctoriales nouvelles, dont la beauté, et l'éclat ont si justement attiré Tattention du monde industriel et du public. Pendant la guerre d'Italie, on a vu paraître, dans les magasins, des teintures roses ou rouges qu'on a appelées, en souvenir de nos victoires, couleurs Mayenta et Soiférino; la soie brillait d'un vif éclat sous les Tcflets de ces nuances si pures, et c'est à dater de cette époque que les dérivés colorés de l'aniline ont fait leur véritable apparition dans le monde ; la plus belle moitié du genre humain a commencé à se parer de ces étoffes brilLbntes, sans se douter qu'elles
devaient leur richesse au noir et infect goudron.
De ces produits, directement extraits d'un résidu sans valeur, on a vu successivement dériver, par des réactions aussi curieuses qu'inattendues, toute une série de splendides couleurs, dont Téclat, inconnu jusqu'alors, reproduisait dans toute leur beauté les plus admirables productions de la nature. Les pétales de la fleur ne sauraient briller d'un reflet plus vif et plus harmonieux que les couleurs de la houille: l'aile des papillons ou le duvet del'oiseau-mouche n'est pas plus chatoyant; Le rouge de fuchsine n'est pas moins brillant que la fleur dont il a tiré son nom, et, quand on a sous les yeux les écheveaux de soie que l'ouvrier vient de teindre avec ces substances si étonnantes, on croirait voir briller les mille rayons colorés qui s'échappent d'un parterre de fleurs. L'arc-en-ciel n'est pas plus pur, et la variété des nuances qu'on y peut compter n'est pas supérieure à celles du goudron de houille; Témeraude nejetle pas des feux plus veloutés que le ruban de soie teint au vert-lumière; le plus beau saphir ne fait point pâlir le bleu d'aniline. La nuance jaune de l acide picrique peut se voir 5 côté de la topaze, et le violet de la houille ne le cède en rien à l'améthyste la plus transparente ou à la violette la plus fraîche î
L'aniline se prépare aujourd'hui, comme nous allons le voir, à l'aide du goudron; mais on l'avait obtenue depuis longtemps à l'aide d'autres mé-
thodes. C'est un chimiste suédois, Unverdorben, qui, en 1826, signala pour la première fois l'aniline qu'il avait obtenue en distillant Tindigo; il la désigne sous le nom de kristalline. Huit ans après, le docteur Runge découvrit cette même substance dans l'huile de goudron de houille et il l'appela kyanol.
A une époque postérieure, Fritzsche obtint l'aniline en traitant l'indigo par la potasse hydratée, et il lui donna le nom qu'elle porte actuellement, dérivant de anil^ qui, en langue portugaise, signifie rindigo. Enfin, Zinin découvrit bientôt après une réaction des plus intéressantes, qui consistait à produire l'aniline au moyen de la nitro-benzine ; il appela la matière ainsi obtenue henz'mam. Toutes ces substances obtenues par ces divers chimistes ne lurent pas d'abord reconnues comme identiques, et c'est au docteur Hoffmann que devait appartenir Tlionneur de démontrer qu'elles ne formaient toutes qu'une seule et même substance, l'aniline.
L'aniline s'obtient aujourd'hui dans l'industrie en faisant agir de Thydrogène naissant sur la nitro-benzine directement extraite du goudron de houille, comme nous l'avons vu dans le chapitre précédent. On traite celte substance par le fer et l'acide acétique dans un appareil cylindrique en fonte d'une capacité de mille litres environ, et dans l'intérieur duquel une palette mise en mou-
vement par la vapeur agite constamment le mélange des substances qui réagissent les unes sur les autres. On verse dans ce récipient 10 kilogrammes d'acide acétique étendu d'eau, 30 kilogrammes de fer et 125 kilogrammes de nitro-benzine. — La température s*élève promptement, une vive réaction se manifeste, et on ajoute du fer , ou mieux de la fonte, en faisant fonctionner l'agitateur pendant toute la durée de l'opération. — L'hydrogène qui résulte de l'action de l'acide acétique sur la fonte transforme peu à peu la nitro-benzine en aniline.
L'aniline pure est un liquide incolore, très-astringent, doué d'une forte odeur empyreumalique et d'une saveur acre et brûlante; elle bout à la température de 182". Elle est la source d'une infinité de couleurs aussi variées que celles du spectre lumineux, dont les nuances suivantes, violet, indigo, bleu, vert, jaune, orangé, rouge, ne sont que de faibles échantillons, puisqu'il faut y ajouter des nuances noires, brunes, grises, etc.
C'est en i 854 que Runge, en faisant connaître le kyanolj découvrit la première couleur extraite du goudron de houille ; il indiqua que ce corps avait la propriété de donner un magnifique violet sous l'action du chlorure de chaux, et un beau rouge-pourpre quand on le traitait par le chlorure d'or. En 1 840, M. Fritzsche remarqua que l'acide chromique, en agissant sur l'aniline, donne une belle couleur
jtS I^ HOUILLE.
bleue; en 1843, M. Hoffmann, dans ses beaux et impérissables travaux sur les dérivés de la houille, indique la coloration rouge que donne Tacide nitrique avec cette base. En 1853, M. Beissenhirtz décrit, pour la première fois, la couleur formée par Faclion du bichromate de potasse et de l'acide sulfurique sur l'aniline, réaction remarquable qui allait servir de point de départ aux travaux de M. Perkins, et conduire ce savant chimiste à créer rindustrie des couleurs de Taniline.
Jusqu*ici aucun de ces savants ne songe à Tapplication des matières colorantes qu'il sont produites, et c'est à M. Perkins qu'appartient l'honneur d'avoir mis en évidence la valeur de l'aniline ; c'est lui qui isola, la première fois, sur une grande échelle, la matière colorante violette signalée par Beissenhirtz, et qui démontra qu'elle constituait une matière tinctoriale importante, propre à être tixée saus mordant sur le fil, sur la soie et sur le coton.
En 1858, M. Hoffmann fait connaître à la Société rovale de Londres et à l'Académie des sciences de Paris ses travaux pour servir à V histoire des bases organiques; il indique que, par Faction du bichloruiv de carbone sur l'aniline, il a obtenu une matière colorante cramoisie d'un très-bel aspect. Le Lirand siuanl, en présence de ce fait imporfant, résiste aux conseils de ses amis qui l'excitent à s'assurer Tapplication de celte matière tinctoriale
par des brevets; « mais, homme de science pure, il veut laisser à d'autres le soin de tirer de ses observations scientifiques ce qu'elles pourraient avoir d'utilisable. »
En janvier 1859, un chimiste industriel, M. E. Térguin, prend unbrevet pour la préparation d'une matière colorante rouge, obtenue dans les mêmes conditions que celle de M. Hoffmann; il substitue seulement le bichlorure d'étain au bichlorure de carbone. Il ne tarde pas à céder son procédé à MM. Renard frères, qui, le 8 avril 1859, prirent à Lyon un brevet d'invention, en leur nom seu), pour cette matière colorante rouge, qu'ils appelèrent fuclisine^ en rappelant ainsi l'analogie de couleur qu'elle offre avec le fuclisia.
Malgré le succès obtenu par les couleurs de Taniline, nous ferons' observer encore que, à leur origine, elles furent accueillies avec une inconcevable froideur, comme l'atteste une note fort curieuse de M. Runge, professeur de technologie à Oranienbourg. Ce chimiste, après avoir découvert, comme nous l'avons dit, le premier violet d'aniline, laissa cette matière de cèté pendant dix ans; car plusieurs de ses confrères avaient nié sa découverte avec énergie, et il ne put trouver aucun débouché industriel pour son nouveau produit. Les travaux de M. Ilolîmann sur le rouge cramoisi d'aniline réveillèrtMit l'amour de Runge pour sa belle matière col'
« Cet incident, dit ce dernier chimiste, attira de nouveau mon attention sur un sujet que j'avais fini par abandonner à peu près entièrement, et, comme je n'avais pas de doute sur son importance industrielle , je fis à la chambre royale de commerce maritime, dont j'administrais alors la fabrique de produits chimiques à Oranienbourg, la proposition de traiter le goudron de houille en vue d'obtenir toutes ces matières nouvelles que je spécifiais, et de les exploiter sur une grande échelle. Tous mes efforts échouèrent devant le rapport d'un employé ignorant. Il m'arriva ici ce qui m'est arrivé aussi avec mes bougies de tourbe et de lignite (parafine), dont j'adressai des échantillons par livres, mais sans succès aucun. Aujourd'hui, elles sont un article de commerce.
(( Dans ces derniers temps, enfin, la découverte en question a fait aussi le chemin qu'elle devait faire, et elle a obtenu un immense succès. Différents chimistes ayant déjà montré la manière de préparer le kyanol par d'autres méthodes, et lui ayant donné le nom d'aniline, l'Anglais Perkins réussit à le retirer lui-môme et les matières colorantes qu'il fournit, de l'huile légère de goudron de houille, au moyen de l'acide nitrique et de quelques autres réactifs en quantités si considérables, que ces matières sont devenues un article de commerce.
« Aujourd'hui, M. Perkins offre aux regards du
public de l'Exposition de Londres un bloc cylindrique de la matière colorante du kyanol (ou de Tanitine, comme on rappelle à présent), haut de 50 centimètres et large de 23, provenant du traitement de 2,000 tonneaux de houille. Ce bloc de matière colorante suffirait pour teindre 500 kilogrammes de soie, d'après le rapport d'un journal ; évalua- - tion qui ne paraîtra pas exagérée, si on se rappelle la vertu tinctoriale du kyanol observée par moi sur un bois de pin.
« Voilà où nous a conduits cette découverte, dont les débuts ont été si chétifs quand elle s'est produite entra mes mains, il y a vingt-huit ans! « Les jurés de l'Exposition, qui viennent do quijter Londres, se sont rappelé mes découvertes antérieures, et m'ont accordé à l'unanimité la médaille de mérite. 11 est très-heureux que la nouvelle de mon succès m'ait encore trouvé vivant! »
Telle est l'histoire rapide des couleurs d'aniline, et la marche des faits, depuis la découverte de la benzine faite en 1825 par l'illustre Faraday, et celle de l'aniline en 1826, jusqu'à l'apparition de l'ère industrielle qui s'ouvre en 1859.
Depuis cette époque bien des brevets nouveaux ont été pris pour d'autres couleurs, et bien d'importantes modifications ont permis d'abaisser les prix de ces riches matières colorantes ; bien des
procédés ont été proposés et adoptés ; et Thistoire complète de raniline ne serait pas possible dans un ouvrage de la nature de celui que nous entreprenons. Toutefois, parmi les industriels qui ont le plus contribué aux progrès de cet art nouveau, nous mentionnerons les noms de Mansfield et de Coupier, qui, s'attachant à purifier les matières premières, ont jeté un jour nouveau sur une industrie si importante, tout en rendant à la science de grands et utiles services.
Rousse. Cette matière tinctoriale est une des plus belles de la série des couleurs de la houille ; quand elle est pure, elle offre Taspect de paillettes verdâtres, irisées comme Taile d'un charançon. Si on en touclie une parcelle avec sa main, on voit apparaître sur la peau des taches rouges très-intenses, et il suffit d'entrer dans une pièce où l'on prépare cetle matière, pour que des poussières adhérentes sur votre visage y déterminent des taches rouges. Un ouvrier, peu accoutumé à cet effet, fut un jour terrifié en s'essuyant le front; après avoir broyé du rouge d'aniline, son mouchoir était coloré comme si le sang lui sortait du visage ; il avait suffi de quelques atomes de rouge d'aniline, qui, par l'effet de la transpiration, s'étaient élalés sur le mouchoir.
Le rouge d'aniline est très-soluble dans l'alcool, et il colore Teau d'une manière très-énergique-
Pour faire voir quelle est sa puissance colorante, on en verse le contenu d'un flacon sur une feuille de papier, puis on reverse toute la matière dans le flacon ; on agite le papier, et F œil ne permet pas de distinguer aucune poussière du corps solide. Cependant, si on verse de l'esprit de vin sur la feuille de papier, elle se colore immédiatement en rouge, car l'alcool a dissous les parcelles si minimes qui ont échappé à la vue.
Le rouge d'aniline a été obtenu par divers procédés, et on le connaît sous les noms de fuchsine^ rouge d'aniline cristallisé, Magenta^ Solférino^ acetate de rosaniline, etc.
Verguin Ta d'abord obtenu en faisant agir le bichlorure d'étain sur l'aniline, mais il n'obtenait qu'un produit impur. Depuis cette époque, MM. Renard ont préparé le rouge en traitant l'aniline par l'acide stannique, le sulfate de mercure, etc., M. Heilmann l'a fabriqué par l'acide arsénique, enfin MM. Depouilly el Lauth par l'acide nitrique, M. Hoffmann par le bichlorure de carbone.
Le nombre des modes de production va chaque jour en croissant, et il s'élève certainement à plus d'une centaine.
La méthode le plus généralement employée est celle qui consiste à faire agir Tacide arsénique sur raniline^Qj^ï^lange avec précaution vingt parties d'acj||H|^|| e sirupeux avec douze parties d'anil lerce. On obtient de cette
manière une masse pâteuse qui, évaporée à 100«, devient solide par le refroidissement, et constitue Pancienne fuchsine ^ ou le rouge d'aniline impur.
Aujourd'hui, on soumet cette matière à des purifications qui consistent à traiter la fuchsine brute par de l'acide chlorhydrique étendu d'eau. On chauffe à l'ébuUition au moyen d'un jet de vapeur, et on filtre la liqueur sur de la lame, pour arrêter les matières résineuses impures qui se sont formées. Le liquide filtré est saturé par du carbonate de soude et il ne larde pas à se former une cristallisation de chlorhydrate de rosaniline, qui est la matière colorante elle-même.
Nous n'entrerons pas dans le détail delà préparation qui est très-minutieuse, et nous ne devons pas perdre de vue le but de cet ouvrage qui ne s'adresse pas aux gens spéciaux, mais seulement à tous les esprits désireux de connaître les résultats de l'industrie, sans les approfondir dans leurs détails.
Bleu. Le bleu du goudron de houille est une nuance très-riche qui est désignée sous les nonis de bleu de Paris ^ bleu de Mulhouse^ azuline, blet lumière, etc.
Quand on fait agir l'acide arsénique sur l'aniline, nous avons vu qu'il se formait un roug( d'une nuance admirable ; si on augmente la proportion du premier acide, on obtie*'^^ uleui
>leue, et, si on règle convenablement la proportion, ^n donne naissance à un violet résultant des deux finances. Il n'y a pas lieu de s'étonner de ces bizarreries des réactifs, quand on étudie la chimie, caries exemplesdece genre abondent; tel composé, par exemple qui se forme sous Tinfluence d'une Certaine température, se décomposera si la température est plus élevée. Le feu détruit souvent Son propre ouvrage ; il en est de même de certains réactifs, qui accomplissent des œuvres différentes, suivant qu'on les fait agir plus ou moins abondamment.
Le mode de production du bleu est toujours assez singulier; c'est ainsi qu'il prend encore naissance quand on fait agir l'aniline sur le rouge d'aniline ; on obtient ainsi, comme l'ont indiqué MM. Girard et deLaire, le bleu-lumière. WM. Persoz, de Luynes et Salvetat, obtiennent le bleu de Paris par l'action du biehlorure d'étain sur l'aniline, M. Lauth par celle del'acide iodique sirupeux, etc.
Wioiet. Les violets d'aniline sont nombreux ; la mauve, la mauvéine, le dahlia impérial, le violet Hoffmann^ la purpuriîie, la fuchsine, le violet de Paris^ la pensée^ n'en sont que quelques représentants choisis parmi un bien plus grand nombre.
Ces bleus s'obtiennent en faisant agir sur l'aniline le chlorure de chaux, le chlore, le permanganate de potasse, le peroxyde de manganèse et
Si. étant enfants, nous nous sommes^ extasiés sur le pouvoir apparent du prestidigitateur qui verse tour à tour de la même bouteille une douzaine de liqueui*s différentes, ne devons-nous pas^ devenus hommes, rendre un juste tribut d'admiration à la puissance réelle du chimiste manulaotiu'ier, qui fait sortir du même baril de goudron toutes les couleurs de Tarc-en-ciel ?
Les couleurs de l'aniline n'offrent pas seulement l'avantage de la beauté, elles sont encore précieuses par la facilité de leur emploi, et par le nombre immense des usages auxquels elles sont susci'ptibles de s'appliquer.
Onand on veut faire prendre les matières tincloi iules sur les tissus, il faut généralement que ceux-ci soient préalal)lemeiit imbibésd'un mordant, c'est-à-dire d'un sel minéral ou organique qui lacilile la combinaison de la subslance colorante avec rélolïe. Avec les couleurs de l'aniline, plus de mordant, plus de préparation préliminaire, lon- [Tue, délicale et coûteuse; de grands bains sont chauffés à mie douce température ; la laine, la loile, ou la soie, sont plongées dans le liquide coloré, el elles en sortent Iransformées en belles étoffes solidement imprégnées d'une nuance pure cl fraiclie (lig. 57).
Les couleurs d'aniline ne sont pas seulement employées en teinture ; elles servent à un assez
et plus belle que le ruban au verl-lumière? est-il une peiouze de gazon qui émette des rayons plus doux et plus éclatants ?
Le vert-lumière s'obtient en traitant le rouge d'aniline par une matière connue sous le nom d'aldéhyde ; cette dernière substance est incolore, mais à peine a-t-elle agi sur le rouge qu'elle le transforme immédiatement en une belle nuance verte.
Nous n'avons que mentionné succinctement quelques-unes des couleurs de la houille, et nous n'avons rien dit des nuances orangées, noires, grises, brunes, que l'on obtient encore. Nous n'avons pas énuméré la centième partie des réactions qui président à la formation de ces couleurs merveilleuses. Quand je vous aurai dit que la toluidiné et la xylidine, extraites comme l'aniline du goudron de houille, que d'autres dérivés du goudron , tels que la naphtaline , se transforment encore en riches tinctoriaux , et fournissent de même toute une série de matières colorantes , non moins riches et non moins variées ; quand je ▼ous aurai afQrmé qu'à chaque instant des préparations nouvelles sont signalées et mettent au jour de nouvelles substances, ne direz-vous pas avec moi que, parmi les plus admirables transformations qu'a inventées la chimie pour en doter les ^s, il faut citer en première ligne celle de cet
inépuisable goudron.
grand nombre d'industries, et nous devons énuïï\érer les fabrications auxquelles elles prêtent leur concours. La confection des papiers peints et la lithographie emploient fréquemment le rouge et Je violet d'aniline, mélangés avec de l'amidon. Ces matières coloranles sont encore usitées pour les matières grasses et les huiles destinées aux impressions typographiques. Le noir d'aniline est devenu la base d'une encre à marquer le linge; la solution de rouge, additionnée de gomme arabique et d'un sel de cuivre, est étalée sur le linge et y forme d'abord des caractères verdâtres qui passent au noir par leur exposition à l'air. La marque noircit immédiatement, si on y passe un fer chaud , ej; elle résiste parfaitement bien au blanchissage.
Il n'est pas jusqu'à la photographie qui n'emprunte de nouvelles armes au goudron de houille, et le British Journal of Photography nous enseigne un nouveau moyen de fixer l'image de la chambre noire, à l'aide de l'aniline. L'épreuve est tirée directement sur un papier sensibilisé à l'aide d'une solution de bichromate de potasse et d'acide phosphorique. Le développement de l'image i^'effectue au moyen d'un mélange d'aniline et de benzine. > Les résultats obtenus jusqu'ici laissent encore beaucoup à désirer; mais il y a là peut-être un avenir aussi fécond qu'inattendu.
Les couleurs tirées de la houille servent encore
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il bien d'autres usages que nous sommes le passer sous silence ; nous mentionneron ement la coloration de pâtes céramiques, la lure des pains à cacheter et des bouts d nettes.
Un nombre infini de brevets ont é!é pris p itiliser les nouvelles substances ; mais où scrio lous conduit, s'il fallait les examiner tous?