XII INTRODUCTION
sont les déguisements subtils de cette étonnante substance !
Cette matière si précieuse ne devrait être désignée ni sous le nom de houille, ni sous celui de charbon de terre ; il faudrait l'appeler, comme le font les Anglais, le diamant noir, car elle est une inépuisable source de richesse et de fécondité. Jamais rivière de diamants ou parure d'émeraude n'a valu l'humble charbon qui brûle dans nos foyers. C'est à peine si le prix d'un kilogramme d'or double par l'échange, tandis que la valeur de la houille est décuplée par ses métamorphoses. Une tonne de charbon produit, pendant une journée, le travail de dix chevaux vapeurs , elle vivifie tout sur son passage. C'est Texploitation des gîtes carbonifères qui a créé la pompe à vapeur, et c'est elle qui nécessite aujourd'hui la construction de nos plus puissantes machines. Les chemins de fer sont nés dans les mines, et l'art de la métallurgie n'a progressé que parallèlement aux développements de l'induslrie houillère. Les économistes savent bien d'ailleurs que les mines de charbon l'emporteront toujours, dans la balance des productions, sur les placers d'or de la Californie I
INTRODUCTION. xiii
Considérant d'abord les gisements de la houille, nous verrons comment la géologie a pu faire revivre les forôtè d'un autre âge, reconstituer sur leurs débris les végétaux puissants qui ont donné naissance au noir combustible. Faisant le bilan des richesses du monde, nous verrons où le charbon de terre abonde et où il fait défaut; nous l'exploiterons dans les entrailles du sol, et suivant pas à pas le mineur dans les galeries souterraines, nous prendrons part à ses luttes de tous les instants. Plus loin, nous examinerons quels sont les usages du charbon fossile ; nous assisterons à la formation du gaz de l'éclairage et au traitement des résidus de sa fabrication. Matières colorantes, acide phénique, poudres de guerre, s'échapperont du noir goudron, avec une infinité d'autres produits utiles. Pour terminer, enfin, nous parlerons du pétrole, ce charbon liquide que l'Amérique exploite aujourd'hui sur une si vaste échelle, et, jetant un coup d'œil sur l'avenir, nous nous demanderons quand les mines de houille, où les hommes puisent avec tant d'activité, l'aliment de leur industrie, seront appelées à s'épuiser, et comment nos arrière-petils-fils pourront remplacer le noir combustible.
Irait les débris d'une autre forêt. Au-dessous de celle-ci, d'autres arbres existaient encore en grande abondance. Étrange agglomération, entassement formidable et majestueux; des forets superposées aux forêts, des arbres sur des arbres, donnent naissance à ces mines gigantesques qui nous frappent par leur grandeur et leur étendue merveilleuse I
4)ans les cinq parties du monde, dans toutes les régions de la terre, en Europe comme en Australie, en Amérique comme dans les Indes, le mineur qui creuse Tépiderme terrestre trouve abondamment la houille , et le géologue qui Tétudie observe ces empreintes, ces débris, qui attestent la splendeur d'une vie surabondante et luxuriante.
Là, ce sont des fougères aux J)ranches ramifiées, ici des calamités aux tiges aplaties, plus loin des fruits primitifs, des feuilles dentelées comme une fine mousseline, ou compactes comme celles d'un végétal grossier.
Les empreintes des fougères nous présentent des pecopteris dont les folioles, peu détachées du pédicule, se réunissent quelquefois en une seule feuille profondément découpée , des nevropteris . parmi lesquels on rencontre souvent une variété assez fréquente dans les fossiles de la houille (fig. 4 et 5), des odontopteris aux feuilles plus larges^t plus rapprochées (fig. 6), des calamités qui offrent l'as-
LES KOKÊTS ANTÉDILLVlEXMiS. »
pecl. de nos fougères, des lyeoiiodfs et des lepitlvdendrons. Les asté-oiihyllites sonl des vi^gôtaux fossiles assez abondanis liiç. 7), Il ca est encore de même de certains palmiers ans feuilles redressées (fig. 8).
Dans les schistes liouUlers, il n'est pas rare de rencontrer les débris de poissons qui peuplaient les mers de ces âges reculés, et quelquefois mèn:e on trouve l'empreinte complète d'un poisson qu'il est facile de dèfmir et d'étudier, tant son squelette est nettement gravé sur la pierre fossile. On a trouvé quelquefois certains restes de reptiles qui vivaient sans doute dans les eaux troubles et fangeuses des rivages, enfin d'abondants débris de coprolithes ou excréments de ces'animaux. Ces excii'ments servent actuellement '^"'iie néviopteri"* "'"" à la confection des engiais, et ils concourent h la fertilité du sol moderne. Parmi les empreintes de reptile amphibie de la période houillère, les plus remarquables que nous puissions citer sont celles de Varchegosaiirus , trouvées en 1847, dans le bassin houiller de Saarbruck, près de Strasbourg,'. les ouvriers qui mirent lu main sur cet èclian-