‹ La hyène enragéeChapitre 22 sur 27 · DES MARINS-FUSILIERS · texte numérisé non relu

DES MARINS-FUSILIERS

Paris, qui est par excellence la ville des généreux élans, fêtait, il y a quelques jours, nos marins-fusiliers de l'Yser, — ou du moins les derniers débris de la brigade héroïque, les rares qui ont pu revenir. C'était très bien, de les fêter ainsi; mais, hélas! combien promptement cela va s'oublier!

Aujourd'hui, notre cher et éminent ministre de la marine, l'amiral Lacaze, pour la glorification de la brigade aux trois quarts anéantie, fait afficher à bord de nos navires de guerre le

bel ordre du jour d'adieu du généralissime, qui se termine par ces mots : a La vaillante conduite de la brigade des marins-fusiliers dans les plaines de l'Yser, à Nieuport et à Dixmude, restera aux armées comme un exemple d'ardeur guerrière et de dévouement à la patrie. Les marins-fusiliers et leurs chefs peuvent être fiers de la nouvelle page glorieuse qu'ils ont inscrite à leur histoire. » Certes, cet affichage sera plus durable que les réceptions de Paris; mais, hélas! il s'oubliera aussi, il s'oubliera trop vite.

Puisque, après la dislocation de cette brigade d'élite, on a décidé de maintenir à l'armée son drapeau, pour en perpétuer la mémoire, ne pourrait-on pas, à ce drapeau si exceptionnel, attacher la croix d'honneur? On y a bien songé, paraît-il; mais peut-être, — je o en sais rien, — peut-être s'est-on arrêté devant quelque article du règlement, car il me semble y avoir lu qu'il faut, pour accorder la croix, que le drapeau ait été c déployé » à l'occasion

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