‹ La IVe exposition des arts de l'Asie au Musée municipal CernuschiChapitre 10 sur 19 · FIG TL · texte numérisé non relu

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rouges; comme les meilleures

pièces de cette catégorie, il date de l’époque Ming. Ses couleurs opaques et profondes donnent encore plus de limpidité aux cristaux de roche posés non loin de lui et dont l'éclat brillant n’a d’égal que le travail parfait. Il n'est pas de matière dont les Chinois n'aient tiré un parti habile, pas de procédé d'art qu’ils n'aient pratiqué et amené à la perfection. Leur habileté à tailler le jade est inimitable; on s’en convaincrait d'ailleurs, devant les nombreuses pièces de choix qui garnissent des vitrines entières, et parmi lesquelles je signalerai deux petites

Le assiettes en jade mince, transparent, couleur vert-émeraude foncé nuage de blanc. Sur une étagtére voisine on a placé quelques verreries que le soleil vient caresser : bouteilles d’un bleu transparent, vases d’un jaune opaque, et des bols aux teintes exquises, celui-ci, couleur de groseille, celui-là, d'absinthe pure.

Je ne voudrais pas terminer ce trop rapide aperçu sans dire un mot des peintures chinoises. Bien des gens ne connaissaient Jjusqu'ici que l'art délicat des estampes japo-

naises. L’importation intelligemment comprise des dernières années nous a révélé qu'à des époques fort lointaines, la Chine avait possédé des peintres admirables,

dont les œuvres peuvent être mises en parallèle avec les plus illustres

morceaux de notre art occidental. Voyez cette grande peinture sur soie, représentant un immortel au visage noble, à la longue barbe, aux mains

jointes; il est traité sans vaines recherches, sans fioritures, mais dans un

eye

style vraiment généreux et dépouillé; une inscription permet de placer

cette œuvre entre le vis et le x° siècle. On trouvera l'indication des

mêmes qualités dans le portrait de Choki, le destructeur des démons,

représenté debout, les deux mains appuyécs sur son sabre.

Mais la peinture chinoise sait aussi sortir de cette sobriété un peu sévère. Je songe à ce charmant portrait de femme sur fond bleu profond, que l’on peut voir tout en haut du grand escalier. Je songe aussi à la délicieuse joueuse de koto (fig. 11), qui rêve accoudée sur son instrument, reposant sa joue sur une de ses mains, et laissant fuir sa pensée, tandis qu'auprès d'elle un chat familier joue sur un coussin.

C'est ainsi qu'en prenant la direction de la rue Bleue, on peut faire un voyage plein de charme à travers la Chine.

Au moment où je terminais ces notes trop rapides, on déballait quelques caisses nouvelles, arrivant de Chine. II ne m'est pas possible de parler des richesses en céramique, bronzes, jade, verreries, etc, que je n'ai fait qu'entrevoir. Mais une pièce a accaparé mon attention, au-

tant par ses dimensions exception-

nelles que par son extrême rareté. C’est une pierre sculptée de l’époque

Han, datant probablement du r“ siècle de notre ère. On commence à con-

naître les documents de cet ordre depuis que M. Chavannes leur a consacré

tout un ouvrage de sa haute érudition. La plupart proviennent de

chambres funéraires. Des scènes de légende, rappelant des épisodes de

la mythologie ou de l’histoire, sont gravées sur les parois.

CHEZ, M. DEMOTTE

27, tue de Berri

Le quartier des Champs-Élysées attire de plus en plus les grands

Antiquaires parisiens et bientôt ce sera autour de l'Arc de Triomphe

Fic 1:

que se trouvera le centre de ce commerce si intéressant, puisqu'il touche de si près à l’art qui est en somme son réel objectif.

Chez certains antiquaires le goût inné des belles choses fait d'eux de réels artistes et, lorsqu'ils se doublent d’un archéologue, ils arrivent à créer de véritables musées qui parfois sont aussi intéressants à visiter

que les galeries publiques.

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