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les moyens les plus simples, le sentiment le plus délicat. J'aime tout
autant la représentation du Bouddha mourant, telle qu’elle apparaît
d’après les spécimens en possession de MM. Stoclet, le comte Desma-
zières et Alphonse Kann.
Quant à l’art khmer, il est d’une expression étrangement humaine.
Les figures bouddhiques chinoises ont comme un reflet d'intelligence
sereine, apaisée, tranquille: l'arc des sourcils, les yeux qui s'ouvrent avec calme, le nez aux lignes droites, aux ailes égales, la bouche à peine sinueuse, enfin la masse pleine et noble du visage, tout nous parle un langage de recueillement et de spiritualité. Il semble, au contraire, que lexpression des têtes khmers se résume dans le sourire; il a le plus souvent, ce sourire, je ne sais quoi de mystérieux, de secret, d'ironique et de douloureux qui nous remue jusqu'au fond du cœur. La pensée bouddhique ne sélève pas ici jusqu'aux régions de la sagesse rayonnante, mais paraît s'arrêter devant l'énigme de la destinée. Nul, mieux que les artistes de lancien Cambodge, n'a traduit ce sentiment trouble où l’impuissance humaine cherche à railler pour cesser de souffrir, et s’abrite dans une sorte d'indulgence afin de dissimuler son échec. La pure raison, la lucidité paisible, l'esprit de certitude et de sécurité qui se dégagent d'un visage de Yun-kang ou de Long-men, nous apportent parfois comme un réconfort Joyeux. Mais il est des heures où la défaillance de homme a besoin de sa propre image et recherche
comme un plaisir amer le témoignage
Collection Desmazières.
d'autres défaillances. On goûte alors une consolation profonde en
ue
présence de ces visages malheureux et résignés, souriants comme par