‹ La IVe exposition des arts de l'Asie au Musée municipal CernuschiChapitre 4 sur 19 · PE CE · texte numérisé non relu

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pudeur, que sculptèrent, il y a des siècles, les statuaires d’une race disparue. PR

Plus d’un rêvera devant les objets prêtés par M. Stoclet, M. de Gouy d’Arsy, M. le D’ Fournier, M. Goloubew. La matière en est particulière; c'est une pierre grise, grenue et presque poreuse, capable d’absorber et de répandre la lumière et la chaleur qui glissent au contraire sur la surface lisse du granit bleu-noir de la Chine du Nord. Quelques plus rares pièces sont en bronze, par exemple le magnifique masque à l'expression si accusée, appartenant à M. Peytel, et la série de statuettes finement fondues et agréablement patinées, recueillies sur place par M. Piquemal.

L'art birman est représenté à lexposition du musée Cernuschi par une admirable petite tête en bois, provenant de Moulmen et prêtée par M. Île D' Fournier, et par plusieurs statues, également en bois (quel-

quefois laqué et doré), appar-

Collection Cernuschi.

tenant à Mme Langweil, à Mme Baddly, à Mille Marie Laurencin, à M. de Margerie, à M. Getty, etc. M. Louis Rivière a obligeamment prêté plusieurs pièces de travail siamois, dont un Bouddha en pierre, plusieurs Bouddhas en bronze, des urnes funéraires en vermeil décorées d’émaux champlevés, un bol à ablutions. Siamoises également sont les délicates statuettes en argent repoussé et ciselé, que l’on doit à M. le D' Fournier et à M. Piquemal, et la statue dorée de M. le comte Desmazières.

On quitte l'Exposition Bouddhique non seulement avec le souvenir

d'œuvres d’art puissantes ou pleines de charme, mais après avoir parcouru, à travers l'Asie, les étapes d’une des pensées religieuses qui ont le plus profondément agi sur l’âme des hommes.

Et l’on ne peut s'empêcher de songer à d'étranges analogies. Cet art parle à nos yeux un langage que nous connaissons déjà ; il éveille en nous des réminiscences.

Nous avons discerné, sous les différents climats, l'influence grecque qui, dés ses débuts, s’est exercée sur les formes bouddhiques. Certes, elle n’a pas été indispensable à léclosion de cet art, elle n’en

constitue pas un des éléments essentiels, fondamentaux; sa trace, toutefois, se re-

Collection Fournier.

trouve partout où la foi bouddhique s’est manifestée, et ce n’est pas un des spectacles les moins surprenants que de découvrir la beauté hellénique, née sous un ciel pur, au murmure d'une mer bleue, et venant jeter un reflet lointain sur la rude sensibilité d’un montagnard du Tibet.

Mais il s’agit là d’une influence certaine, vraie, dont nous pouvons dater l'origine et suivre le développement. L'art grec a directement agi sur l'esthétique du Bouddhisme.

Laissons de côté la série gandharienne, où cette action existe au premier degré. Il y a un rapport étroit entre les formules helléni-

stiques et, par exemple, l’adorable

Collection Bacot.

petite tête, exposée par M. Léonce Rosenberg, dont les traits sont d’une pureté classique et dont les cheveux présentent une si curieuse stylisation: de même, on trouvera

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